L’essentiel de la semaine du 15 juin 2026 en quelques clics

La semaine a débuté sur un revers pour l’exécutif parisien. Face à la mobilisation de l’opposition et des défenseurs du patrimoine, la Ville de Paris a finalement retiré sa réforme de la Commission du Vieux Paris, accusée d’affaiblir le rôle de cette instance historique chargée de veiller à la sauvegarde du patrimoine parisien.

À Issy-les-Moulineaux, une page s’est tournée après la disparition d’André Santini. Réuni en séance exceptionnelle le 16 juin, le conseil municipal a élu Thierry Lefèvre (UDI) à la tête de la commune. Premier adjoint depuis 2017, il entend inscrire son mandat dans la continuité de l’action menée depuis plusieurs décennies.

L’actualité a également été dominée par la chaleur. Alors que les températures tutoient les 40 °C en Île-de-France et que Météo-France a placé Paris en vigilance orange canicule, le gouvernement a présenté son « plan endurance » destiné à adapter les logements aux épisodes caniculaires de plus en plus fréquents. Un ensemble de mesures accueilli fraîchement par les associations.

Selon le GREC, la probabilité d’un dôme de chaleur à 50°C augmentera à partir des années 2050 si l’on s’éloigne des objectifs fixés par les Accords de Paris en termes de réduction des émissions de CO2 au niveau mondial. © Jgp

Côté aménagement, un nouveau chantier a démarré dans le 14e arrondissement. Au 50 boulevard Jourdan, Bouygues Bâtiment Île-de-France transforme et surélève un ancien garage Citroën pour le compte de la RIVP. Le projet prévoit l’installation de 34 ateliers d’artisans, de commerces et d’une résidence étudiante du CROUS de 68 logements.

L’enseignement supérieur poursuit, lui aussi, son développement dans le nord parisien. Valérie Pécresse a inauguré le centre La Chapelle, nouveau site de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne au sein du Campus Condorcet et destiné à devenir l’un des pôles majeurs des sciences humaines et sociales du Grand Paris.

Enfin, l’innovation était à l’honneur à l’occasion du salon VivaTech. Depuis le stand de la Métropole du Grand Paris, Geoffroy Boulard et Alexandra André ont lancé une nouvelle édition du programme « Ville de demain », qui accompagnera dix start-up dans le développement de solutions destinées aux territoires urbains.

Fortes chaleurs : Paris placé en vigilance orange canicule

En lien avec la préfecture de Police, la préfecture de la région d’Île-de-France a déclenché la disposition spécifique Orsec « gestion sanitaire des vagues de chaleur » et demandé aux services de l’État des actions ciblées vers les publics les plus fragiles.

Rue de Paris, mardi 16 juin. © Jgp

Quatre priorités sont affichées : sensibilisation des établissements de santé et médico-sociaux accueillant personnes âgées et handicapées ; information préventive des accueils collectifs de mineurs, des manifestations sportives et des entreprises ; mobilisation des gestionnaires de centres d’hébergement ; « extension des horaires d’intervention des acteurs de la veille sociale (maraudes, halte de nuit et accueils de jour), pour les soirées et week-ends ».

Les autorités rappellent les bons réflexes : boire « régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif », se rafraîchir le visage et les avant-bras plusieurs fois par jour, manger suffisamment, éviter l’alcool et limiter l’exposition aux heures les plus chaudes.

L’essentiel de la semaine du 8 juin 2026 en quelques clics

L’émotion était vive lundi 8 juin à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), où une foule d’habitants et de personnalités, dont l’ancien président Nicolas Sarkozy, s’est réunie pour un dernier hommage à André Santini. La disparition du maire (UDI) d’Issy-les-Moulineaux, également président du Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) pendant près de 40 ans et vice-président de la métropole du Grand Paris, dans la nuit du 31 mai au 1er juin, marque la fin d’une époque pour le paysage francilien.

Dans un autre registre, les initiatives se poursuivent en Île-de-France, notamment autour des questions urbaines. En deux ans, le Fonds de dotation Quartus pour l’architecture a multiplié les programmes pour soutenir la jeune création et promouvoir une architecture conçue comme un véritable enjeu démocratique et environnemental.

De nombreux Isséens ont assisté à la cérémonie d’obsèques d’André Santini, retransmise sur grand écran. © Jgp

La transition écologique s’incarne aussi très concrètement dans le traitement de nos ressources quotidiennes. Cette semaine, la société Semardel a ouvert les portes de son méthaniseur en Essonne, révélant comment les biodéchets sont transformés en biométhane pour alimenter directement le réseau de gaz GRDF. De son côté, Sepur fait de son écosite de Thiverval-Grignon, dans les Yvelines, le laboratoire de sa stratégie de décarbonation.

Pendant que l’innovation verte gagne du terrain, les bâtisseurs de la région tentent de maintenir la cadence pour répondre aux besoins de logement. C’est le cas de CDC habitat Île-de-France, qui a profité d’une visite de chantier à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) pour confirmer le maintien de ses objectifs de construction malgré les turbulences du secteur. La volonté de bâtir se heurte toutefois à un principe de réalité souligné par les acteurs du terrain. Si les chiffres du bâtiment francilien affichent un regain de couleurs, la Fédération française du bâtiment appelle à la prudence, pointant du doigt la hausse des coûts et une réglementation toujours plus complexe qui pèsent sur la pérennité des entreprises.

L’essentiel de la semaine du 1er juin 2026 en quelques clics

Le mois de juin s’est ouvert sur la disparition d’André Santini. Maire d’Issy-les-Moulineaux pendant plus de quatre décennies, ancien ministre et figure du Grand Paris, l’élu centriste est décédé à 85 ans. Artisan de profondes transformations urbaines dans sa ville, il laisse derrière lui une empreinte durable sur l’aménagement métropolitain, malgré une fin de parcours traversée par plusieurs épisodes judiciaires.

Le lendemain, le Salon de l’Association des maires d’Île-de-France (Amif) a servi de caisse de résonance aux inquiétudes des élus locaux. Son président sortant, Stéphane Beaudet, a dénoncé dans nos colonnes des contraintes financières jugées de plus en plus difficiles à absorber. Un décalage est apparu entre ce discours et le regard porté par les habitants. Selon un sondage Odoxa présenté à l’occasion du salon, près de deux Franciliens sur trois se déclarent optimistes pour l’avenir de leur commune et continuent d’accorder leur confiance à leur maire, malgré les tensions qui traversent les finances locales.

Le salon a également mis en lumière plusieurs initiatives de coopération territoriale. La RATP et la Métropole du Grand Paris ont ainsi signé un partenariat consacré à la logistique urbaine décarbonée. Dans le domaine du numérique, le Sipperec a confié à Covage le déploiement et l’exploitation d’un nouveau réseau de fibre optique baptisé « Seine Connect ».

La caverne du Pont-neuf © Jgp

Les grands syndicats urbains de la région ont, eux aussi, profité du rendez-vous pour défendre une méthode : celle de la mutualisation. Qu’ils pilotent l’eau, l’énergie, les déchets ou le numérique, leurs responsables ont plaidé pour des coopérations accrues afin d’améliorer l’efficacité des services publics tout en maîtrisant les coûts. Pendant ce temps, la Métropole du Grand Paris a lancé le programme « Grand Paris solaire citoyen », avec l’ambition d’accélérer la production locale d’énergie renouvelable.

La question des compétences et de la formation s’est également invitée dans les débats. TotalEnergies a mis en avant les écoles de production, un modèle qui associe enseignement et activité productive et qui continue de gagner du terrain auprès des entreprises comme des collectivités.

Dans un tout autre registre, la Seine a, elle, retrouvé un peu de son folklore. À l’occasion de l’installation artistique de JR autour du Pont-Neuf, la Communauté portuaire de Paris a relancé le pavoisement des bateaux, renouant avec une tradition longtemps associée à la vie du fleuve.

Enfin, le débat sur l’organisation institutionnelle du Grand Paris a connu un nouveau rebond. Dans un rapport publié cette semaine, Clément Beaune propose la création d’une « Ville du Grand Paris » regroupant les communes et départements de la petite couronne au sein d’une structure unique. Une hypothèse qui relance, une fois encore, la question du bon échelon pour gouverner la métropole.

Pollution à l’ozone : la préfecture de police déclenche l’alerte en Île-de-France

L’Île-de-France est touchée depuis le 26 mai 2026 par un épisode de pollution à l’ozone (O₃) qualifié de « persistant » par les autorités. Airparif prévoit pour le mercredi 27 mai un probable dépassement du seuil d’information-recommandation fixé à 180 µg/m³. Des conditions météorologiques défavorables à la dispersion des polluants sont annoncées jusqu’au jeudi 28 mai.

Après avoir réuni un comité technique associant Airparif, Météo France, la Drieat et l’ARS, puis un comité des élus réunissant la mairie de Paris, la métropole du Grand Paris et les conseils départementaux, Patrice Faure, préfet de police et préfet de la Zone de défense et de sécurité de Paris, a décidé de mettre en place des mesures restrictives le mercredi 27 mai entre 5h30 et 23h59.

Un contournement par la rocade francilienne est recommandé pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes en transit. © Jgp

Concernant la circulation routière, les vitesses maximales autorisées seront abaissées : à 110 km/h sur les autoroutes normalement limitées à 130 km/h, à 90 km/h sur celles limitées à 110 km/h, et à 70 km/h sur les voies rapides et routes nationales et départementales limitées à 80 ou 90 km/h. Un contournement par la rocade francilienne est recommandé pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes en transit.

D’autres mesures s’appliquent : report des travaux d’entretien émetteurs de composés organiques volatils, et prescriptions particulières pour certaines installations industrielles classées. Les autorités recommandent de limiter les déplacements en voiture, de pratiquer le covoiturage, et de réduire l’exposition à la pollution, notamment pour les personnes vulnérables, en restant en intérieur aux heures les plus chaudes.

L’essentiel de la semaine du 18 mai 2026 en quelques clics

Dans le Grand Paris, les lignes bougent autant dans les hémicycles que dans les coulisses des syndicats urbains. Premier acte avec le Sigeif, où le maire UDI de Vanves, Bernard Gauducheau, a succédé lundi 18 mai à Jean-Jacques Guillet, désormais président d’honneur après des années de règne sur le syndicat énergétique. Au Siaap, la décision du nouveau maire de Paris de réduire la représentation de la droite parisienne pourrait faire basculer la majorité du syndicat à gauche, dans un organisme stratégique pour la gestion des eaux usées franciliennes. La bataille des présidences ne s’est pas arrêtée là. Jeudi 21 mai, le maire LR de Thiais a remporté la présidence du Sedif face au maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet. Une victoire qui marque la fin d’une époque : après 43 ans à la tête du syndicat, André Santini a été unanimement nommé président d’honneur.

Le débat sur l’avenir institutionnel du Grand Paris se poursuit. Les élus du groupe Front de gauche et citoyens de la Métropole du Grand Paris ont plaidé pour une transformation de la MGP en syndicat mixte à gouvernance partagée, dénonçant les projets de réforme élaborés, selon eux, loin des habitants et des élus locaux.

Au congrès des maires de Seine-Saint-Denis © Jgp

Nommé préfet du Val-de-Marne en avril, Stanislas Bourron a officiellement pris ses fonctions lundi 18 mai en affichant une méthode fondée sur la proximité et la continuité de l’action publique.

Cette dernière, justement, était au cœur du premier congrès des maires de Seine-Saint-Denis, organisé les 19 et 20 mai au Parc des expositions du Bourget. Face à l’aggravation de la crise du logement et à la progression persistante de l’habitat indigne, les élus locaux ont réclamé davantage de moyens, tandis que l’Anru et la Banque des territoires détaillaient les dispositifs de soutien actuels et à venir.

Dans ce contexte de tension sur le logement, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a présenté mardi 20 mai, devant les Acteurs du Grand Paris, les grandes lignes de son futur projet de loi.

Enfin, sur le front environnemental, le Conseil constitutionnel a ravivé le débat autour des zones à faibles émissions. Saisi par des députés socialistes, écologistes et centristes, il a annulé jeudi 21 mai la suppression des ZFE votée en avril à l’Assemblée nationale. Et renvoyé le dossier dans les embouteillages politiques.

Richard Dell’Agnola élu à la tête du Sedif

Richard Dell’Agnola, maire (LR) de Thiais (Val-de-Marne), vice-président sortant du syndicat succède à André Santini, président depuis 1983, qui a renoncé en dernière minute à briguer un nouveau mandat pour raisons de santé, à la présidence du Sedif. Le nouveau président a recueilli 60 voix contre 48 pour Pierre-Christophe Baguet (42,9 %).

Dans son discours d’après-élection, Richard Dell’Agnola a fixé le cap : « L’investissement sur dix ans s’élève à 2,6 milliards, dont un milliard pour la seule filière membranaire haute performance. Ces investissements, nous les portons seuls, en l’absence de toute aide externe, en application du principe que l’eau paye l’eau. » L’élu a annoncé la mise en service de la filière à Méry-sur-Oise (Val-d’Ose) à partir de 2028, pour débarrasser l’eau potable des micropolluants, et réaffirmé le maintien du programme Eau solidaire, doté de 2,5 millions d’euros annuels.

Richard Dell’Agnola, nouveau président du Sedif. © Jgp

L’élection a eu lieu au sein de l’usine de Choisy-le-Roi. © Jgp

Pierre-Christophe Baguet, maire (LR) de Boulogne-Billancourt. © Jgp

Pierre-Christophe Baguet avait, avant le vote, alerté sur quatre chantiers urgents : le contrôle en cours de la Chambre régionale des comptes (rapport attendu en septembre), la surveillance du contrat de DSP renouvelé pour 12 ans, le financement du programme membranaire – qui impliquera « un saut financier » sur le prix de l’eau en 2030-2032 – et la stabilisation du périmètre syndical face aux tentations de certaines communes adhérentes. « Il faudra être extrêmement vigilant », a-t-il averti sur le suivi du délégataire, estimant que le Sedif manque d’ingénieurs en capacité de contrôler ceux de l’opérateur privé.

À l’issue de l’élection, Richard Dell’Agnola a proposé de conférer à André Santini le titre de président d’honneur. La motion a été adoptée à l’unanimité, avec une seule abstention. Le syndicat dessert 4,8 millions de Franciliens et produit 750 millions de litres d’eau par jour.

La photo au service du paysage

Le mode d’emploi est simple : rendez-vous sur observatoire-photo.paris, parcourir la carte des photographies disponibles, choisir un cliché, localiser le point de vue dans la ville, s’y rendre, photographier, puis déposer son image sur la plateforme. La première campagne de l’Observatoire photo participatif des paysages parisiens, lancée le 6 mai 2026 à La Roche – l’ancien hôpital La Rochefoucauld dans le 14e arrondissement reconverti en lieu de vie sociale et solidaire -, est ouverte jusqu’au 30 novembre 2026 à tous les photographes amateurs, armés d’un téléphone ou d’un reflex.

Deux corpus servent de base à ces « reconductions » photographiques. Le premier regroupe les 70 stations établies lors du concours Portrait de paysage organisé par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Paris (CAUE 75) en 2022, dont les images avaient été exposées pendant un an dans l’espace public parisien. Ces stations sont géolocalisées avec précision. Le second corpus est autrement plus vertigineux : les 30 225 photographies numérisées issues du concours C’était Paris en 1970, conservées à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Ces images ne sont pas toutes localisées avec exactitude, ce qui ajoute à la démarche une part d’enquête urbaine, de chasse au trésor.

Un inventaire né de l’urgence

Pour comprendre ce que représente le fonds C’était Paris en 1970, il faut revenir à son origine. En 1969, Claude Gourbeyre, maire du 20e arrondissement, constate avec impuissance la transformation radicale de son territoire. Les ruelles et maisonnettes disparaissent, les bulldozers œuvrent sans relâche. Aucune image ne rappellera, dans l’avenir, ce que fut l’arrondissement avant son bouleversement, redoute l’élu. Il frappe alors à la porte de la Fnac, fondée par deux anciens résistants avec, entre autres ambitions, la démocratisation de la photographie, qui accepte aussitôt de co-organiser le concours.

© Ville de Paris / Bibliothèque historique. Fonds C’était Paris en 1970.

© Ville de Paris / Bibliothèque historique. Fonds C’était Paris en 1970.

© Ville de Paris / Bibliothèque historique. Fonds C’était Paris en 1970.

© Ville de Paris / Bibliothèque historique. Fonds C’était Paris en 1970.

Il s’ouvre officiellement le 25 avril 1970 dans un lieu symboliquement choisi : les Halles de Paris, dont la démolition est déjà programmée. Paris est divisé en 1 725 carrés de 250 mètres de côté, attribués par tirage au sort afin d’éviter que la Tour Eiffel et Notre-Dame ne monopolisent les objectifs. Le résultat dépasse toutes les espérances : quelque 2 800 candidats déposent leurs travaux, produisant 91 000 photographies. Un Paris saisi dans toute sa vérité quotidienne – les voitures partout, les façades noircies, les chantiers colossaux, des enfants jouant seuls dans les rues, des artisans posant fièrement. Une sociologie spontanée, non commandée, d’une ville en pleine mue. L’évènement connaît un retentissement considérable, fait l’objet d’une chanson composée par Claude Bowling et chantée par Juliette Gréco.

L’un des participants de l’époque, venu témoigner lors de la soirée de lancement, résume ce que ce concours avait d’irremplaçable : « Demander à des non-professionnels de faire des photos, ce n’est pas la même chose que de faire une commande à un professionnel. Les gens sont venus parce qu’ils ressentaient Paris comme ça, et ils voyaient des choses qui n’étaient pas forcément spectaculaires, mais qui étaient vraiment des témoins ou des symboles de cette ville. »

La photographie comme outil de connaissance

C’est précisément ce que défend Frédérique Mocquet, architecte et docteure en architecture, auteure d’un ouvrage de référence sur les observatoires photographiques du paysage (*). Pour elle, la photo amateur possède ses propres vertus : « La photographie a une capacité à enseigner à la fois les évolutions géographiques, matérielles des lieux, mais aussi les seuils de nos affects, de nos sensibilités, de nos imaginaires. » Documenter un paysage, ce n’est pas seulement enregistrer la pierre et l’asphalte, c’est capter ce qu’une époque projette sur son environnement.

Aminata Niakaté et Antoine Guillou, adjoints au maire de Paris. © Jgp

Frédérique Mocquet, architecte et docteure en architecture, auteure d’un ouvrage de référence sur les observatoires photographiques du paysage. © Jgp

Les deux adjoints au maire de Paris présents ont souligné l’utilité politique de la démarche. Pour Aminata Niakaté, adjointe chargée de la végétalisation et de la biodiversité, l’Observatoire permet « d’accéder à un autre aspect, plus sensible et plus humain » de l’évolution de la ville. Antoine Guillou, adjoint notamment chargé des espaces verts, y voit le moyen de rendre visible ce que Paris a accompli depuis les années 1970 en matière de restitution de l’espace public aux piétons et à la nature.

La campagne lancée par le CAUE Paris ne comporte ni récompense ni jury. L’initiative doit produire une archive collective, une mémoire commune dont chacun peut être l’auteur.

La campagne est accessible sur observatoire-photo.paris jusqu’au 30 novembre 2026. La Bibliothèque historique de la ville de Paris consacre une exposition au fonds C’était Paris en 1970 du 1er juin au 7 octobre 2026.

(*) L’observatoire photographique du paysage, une politique du regard, Créaphis éditions

Meudon-la-Forêt : le forage géothermique est lancé

Le chantier est désormais visible route du Tronchet, à Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine). C’est sur ce site historique, celui de la chaufferie gaz du réseau de chaleur municipal, que s’engage la transformation énergétique la plus structurante de la ville depuis plusieurs décennies. Le forage géothermique profond marque le tournant concret d’un projet préparé de longue date par la société GéoMeudon, détenue à 90 % par Engie solutions et à 10 % par la ville de Meudon.

Un doublet à trois drains par puits

La technique retenue repose sur le doublet géothermique, procédé classique dans le bassin parisien, mais ici optimisé. Un puits de production extrait l’eau chaude des profondeurs, tandis qu’un puits de réinjection restitue intégralement le volume prélevé dans la nappe souterraine. La singularité du projet tient à l’utilisation de forages multi-drains, avec trois drains par puits au lieu d’un seul dans les installations conventionnelles, ce qui permet une exploitation sensiblement plus efficace de la ressource, affirment les porteurs du projet.

GéoMeudon. © Engie solutions

L’eau géothermale est captée à environ 1 500 m de profondeur, à une température voisine de 64°C. Ses calories sont ensuite transférées au réseau de chaleur par échangeur, avant que l’eau refroidie ne soit réinjectée dans l’aquifère. Le processus est en circuit fermé, sans consommation d’eau et sans émissions directes.

Un réseau de 8 kilomètres déjà adapté

Engie solutions a d’ores et déjà engagé les travaux préparatoires. Entre 2024 et 2025, la chaufferie gaz a été entièrement reconstruite afin de sécuriser la production de chaleur pendant la phase de transition. Le réseau de distribution, long de 8 km, a parallèlement été modernisé, passé en basse pression et ses 80 points de livraison adaptés pour accueillir l’énergie géothermique.

À l’issue de ces travaux, le réseau sera approvisionné à 83 % en énergie renouvelable locale. Outre la réduction des émissions de CO₂, les abonnés bénéficieront d’une TVA réduite à 5,5 %, applicable dès lors que le mix énergétique dépasse 50 % d’énergies renouvelables, ainsi qu’une plus grande stabilité tarifaire, l’énergie géothermique étant indexée sur des paramètres peu exposés aux marchés des combustibles fossiles.

36,8 millions d’euros d’investissement total

Le coût global du projet s’élève à 36,8 millions d’euros. Il bénéficie d’un soutien public de 6,9 millions d’euros, dont 3,9 millions au titre du fonds chaleur de l’Ademe et 3 millions apportés par la région Île-de-France. La société GéoMeudon assurera l’exploitation de l’installation et la fourniture de chaleur renouvelable au réseau pendant 28 ans.

Denis Larghero, maire (UDI) de Meudon et vice-président du département des Hauts-de-Seine, souligne que les habitants, d’abord sceptiques, ont progressivement adhéré au projet au fur et à mesure que ses bénéfices concrets, stabilité des prix, réduction des émissions, sont devenus tangibles. Le projet a en effet suivi un parcours long, depuis les études de faisabilité jusqu’à l’obtention des autorisations de forage.

La mise en service de la centrale géothermique est prévue pour 2027. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de verdissement des réseaux de chaleur franciliens, auquel le bassin parisien, qui concentre la majorité des installations géothermiques de basse et moyenne enthalpie en France, se prête particulièrement bien grâce à ses aquifères du Dogger et du Lusitanien.

Tribune Concorde, deuxième service

Pour la deuxième année consécutive, Roland-Garros déborde de ses courts de la porte d’Auteuil pour investir l’un des espaces les plus emblématiques de la Capitale. La « Tribune Concorde », organisée par la Fédération française de tennis avec le soutien de la ville de Paris, accueillera le public du 3 au 7 juin, couvrant ainsi les cinq derniers jours du tournoi, des quarts de finale à la remise des trophées.

Retransmission sur écran géant de la phase finale de Roland-Garros, place de la Concorde, du 3 au 7 juin. © DR

L’édition 2026 franchit un cap. La capacité d’accueil passe à 3 800 personnes en simultané – 1 000 de plus qu’en 2025 – sur une superficie de plus de 6 000 m². L’ouverture au public est avancée à midi, contre 14h l’an passé, à l’exception des journées du mercredi 3 et vendredi 5 juin, où le site restera ouvert jusqu’à minuit. Les autres jours, la fermeture intervient à 20h.

Installés en tribunes ou dans des chiliennes Hespéride, les visiteurs suivront les matchs du court Philippe-Chatrier sur deux écrans géants. L’animation, assurée par un DJ et un maître de cérémonie, s’appuie sur un dispositif commercial complet : quatre food-trucks, deux bars, des terrasses et une boutique Roland-Garros. Perrier, Wilson, Lacoste, Haier, Renault et Lavazza proposeront chacun des expériences d’activation. Le samedi de la finale dames, le DJ Kungs assurera un set parrainé par Mastercard avant le match.

L’accès au site est gratuit et possible via les lignes 1, 8 et 12 du métro, grâce au partenariat avec la RATP. La piétonnisation partielle de la place de la Concorde, mise en œuvre par la ville de Paris, rend l’opération possible.

L’essentiel de la semaine du 20 avril 2026 en quelques clics

La semaine a commencé autour d’une table de café parisien avant de se poursuivre dans les instances intercommunales et les chantiers du Grand Paris. Réunis lundi 20 avril à l’Esplanade dans le 12e arrondissement de Paris, une dizaine d’élus et de militants écologistes, dont Émile Meunier, ont officialisé la création de leur mouvement, baptisé « Les Verts populaires », visant à structurer une dynamique de rassemblement à gauche, jusqu’à La France insoumise.

En Seine-Saint-Denis, un rapport de force intercommunal s’est joué mardi 21 avril avec l’élection de Bally Bagayoko à la présidence de Plaine Commune. Le maire de Saint-Denis l’a emporté face à Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, au terme d’un scrutin serré.

Toujours sur le plan institutionnel, le Conseil des ministres a acté mercredi 22 avril la nomination de Stanislas Bourron comme préfet du Val-de-Marne. Il succédera le 18 mai à Étienne Stoskopf, appelé au ministère de l’Intérieur dans le cadre du mouvement préfectoral piloté par Laurent Nuñez.

Les terrasses de l’immeuble M62 offrent une vue imprenable sur le Sacré Cœur. © Jgp

Sur le terrain de la transition écologique, la ministre Monique Barbut s’est rendue mardi 21 avril à Évry-Courcouronnes (Essonne) dans un immeuble du quartier des Pyramides. Raccordé au réseau de chaleur et engagé dans une rénovation thermique ambitieuse, le site vise une réduction de moitié de ses consommations énergétiques.

La question de l’implantation des data centers continue de gagner en importance dans les débats d’aménagement. Un guide porté par Paris-Ile de France Capitale Economique, France urbaine, Ville de demain et Station F entend outiller les collectivités pour encadrer les implantations.

Enfin, dans le 18e arrondissement de Paris, la transformation de l’immeuble M62 se poursuit pour adapter quelque 5 000 m2 aux usages actuels et aux exigences du PLU bioclimatique, avec une livraison prévue au troisième trimestre 2026.

Y. Cabrol (Segat Impact) : « Nous offrons un nouvel outil d’aide à la décision pour les acteurs de la ville »

Le Journal du Grand Paris : Segat Impact vient d’être créée. Quel est son positionnement ?

Yannick Cabrol : Segat est une entreprise de conseil à destination de l’ensemble des acteurs de l’immobilier et de la ville, structurée autour de quatre métiers : le conseil immobilier, la programmation urbaine, l’ingénierie foncière et l’habitat. Segat Impact est sa nouvelle filiale dédiée à l’aide à la décision stratégique. Notre objectif est d’aider les décideurs publics et privés à comprendre les impacts économiques, sociaux et environnementaux des projets qu’ils envisagent – ou qu’ils ont déjà réalisés. Il s’agit véritablement de conseil en stratégie.

Pourquoi ce besoin existe-t-il aujourd’hui ?

L’évaluation des politiques publiques est souvent peu ou mal faite en France – la Cour des comptes le souligne régulièrement. Les élus reçoivent trop souvent des projets binaires : soit un projet présenté comme cochant toutes les cases – créateur d’emplois, durable, inclusif –, soit des projets portant sur des activités mal comprises, comme les data centers ou les entrepôts logistiques, dont les effets indirects sur l’économie territoriale restent opaques. Dans un cas comme dans l’autre, la prise de décision est bloquée. Concrètement : combien d’emplois ce projet crée-t-il réellement ? Engendre-t-il une hausse des dépenses énergétiques sur le territoire ? Renforce-t-il les inégalités sociales ? Ces questions ont du mal à être objectivées en amont des décisions.

Yannick Cabrol © DR

Sur quels référentiels vous appuyez-vous ?

Nous en utilisons trois principaux. Le premier, ce sont les tableaux entrées-sorties de l’Insee, pour mesurer l’impact économique. Le deuxième est une méthode anglo-saxonne, le Social return on investment, pour évaluer l’impact social – elle est notamment utilisée par l’Agence française de développement dans le monde de l’aide au développement. Le troisième est un modèle que nous avons construit pour évaluer l’impact carbone des dépenses publiques et privées dans les différents secteurs et territoires, à partir des données de l’Ademe.

Pouvez-vous illustrer par un exemple concret ?

Prenons un maire qui souhaite construire une stratégie événementielle autour de grands équipements – stades, palais des congrès, salles de concert. Cette stratégie peut poursuivre plusieurs objectifs : rayonnement territorial, cohésion sociale, tourisme durable. Ce sont des injonctions contradictoires. Si vous voulez maximiser le développement économique, vous faites venir des touristes de loin – ce qui génère du carbone et suppose des billets chers, donc de l’exclusion sociale. Ces arbitrages ont des conséquences directes sur les choix d’investissement : mettre le curseur sur le tourisme d’affaires conduit à investir davantage dans un palais des congrès que dans un stade ou une salle polyvalente. Notre rôle est de construire ensemble une stratégie qui réconcilie l’irréconciliable – ou du moins qui trouve un point d’équilibre entre viabilité économique, soutenabilité environnementale et acceptabilité sociale.

Qui sont vos clients ?

Deux grandes catégories. D’abord, les acteurs publics – collectivités territoriales souhaitant définir une stratégie de mandat et se fixer des objectifs mesurables. Nous travaillons ainsi avec une grande ville du sud de la France sur sa stratégie événementielle, et avec une ville d’Île-de-France sur la structuration d’une filière de reconditionnement de matériel informatique : faut-il le faire pour créer des emplois en réinsertion, lutter contre la fracture numérique ou renforcer la souveraineté économique ? Ensuite, les acteurs privés – promoteurs immobiliers, opérateurs d’équipements ou organisateurs d’événements – qui ont besoin d’un tiers objectif pour évaluer et améliorer l’impact de leurs projets. Je pense par exemple à l’Hippodrome de Paris-Vincennes, géré par la Société du Trot Français, dont la concession avec la ville de Paris vient d’être renouvelée avec l’obligation de s’ouvrir à d’autres publics et de diversifier ses revenus. Nous les accompagnons pour définir la programmation la plus adaptée, en réconciliant maximisation des revenus, impact social pour les Parisiens et attractivité touristique pour l’Île-de-France.

L’hippodrome de Vincennes. © DR

Votre singularité par rapport à des outils spécialisés – des référentiels carbone pointus, par exemple – c’est quoi exactement ?

Je dirais ceci : mettez-vous à la place du maire. Il reçoit un rapport d’experts économiques qui lui dit que son projet a créé x milliers d’emplois. Il reçoit un rapport d’experts carbone qui lui dit que ce même projet a émis x milliers de tonnes de CO2. Mais il est incapable de répondre à une question pourtant simple: à impact économique constant, aurait-il pu faire mieux sur le plan environnemental ? Faire dialoguer ces deux dimensions, c’est précisément ce qui n’est jamais fait – et ce qui bloque la prise de décision. Sur l’étude d’impact des Jeux olympiques que j’avais rédigée au sein de mon cabinet précédent, il est apparu qu’à impact économique constant, on aurait pu réduire l’empreinte carbone de 12 % si ce travail de mise en correspondance avait été réalisé. Il y aura toujours des acteurs plus précis pour mesurer le carbone au gramme près. Ce n’est pas notre métier. Notre valeur ajoutée, c’est d’aider à trouver le meilleur point d’équilibre entre des injonctions contradictoires.

Études ex ante ou ex post : où se situe votre priorité ?

Clairement sur l’ex ante. Ce que veut trop souvent le marché aujourd’hui – et c’est le drame de l’évaluation des politiques publiques en France –, c’est un tiers qui appose un tampon sur quelque chose de déjà décidé, dont les conclusions sont connues avant même la rédaction. Dans les pays anglo-saxons, la méthodologie est beaucoup plus standardisée et les études d’impact ne concluent pas systématiquement que les résultats attendus ont été atteints. Ce que nous voulons faire, c’est aider à prendre de meilleures décisions en amont : notre conseil peut aboutir à faire économiser de l’argent aux collectivités, en montrant qu’un projet n’aura pas l’impact escompté ou qu’il devrait être repensé pour maximiser le retour sur investissement public.

Quel ordre de grandeur pour une mission ?

Construire une stratégie autour d’une filière coûte environ 50 000 euros. L’accompagnement dans la durée pour en projeter l’impact peut aller jusqu’à 150 000 euros. C’est la fourchette. Et pour les acteurs privés, c’est souvent un investissement productif : une évaluation solide leur permet de remporter des marchés publics.

Un mot sur votre positionnement d’ensemble ?

Nos consultants se voient comme des consultants citoyens. Il est difficile d’essayer d’être exemplaire dans sa vie privée et de mener des projets dont on sait qu’ils vont dans le mauvais sens pour la société. Nous intervenons sur des projets qui contribuent à fabriquer la ville – et nous sommes aussi des habitants de cette ville. Dans le triangle d’incompatibilité que forment l’acceptabilité sociale, la viabilité économique et la soutenabilité environnementale, notre ambition est de trouver le point d’équilibre. C’est une offre un peu nouvelle sur le marché français, et nous espérons qu’elle répondra aux besoins de nos clients.

L’essentiel de la semaine du 13 avril 2026 en quelques clics

La semaine écoulée a été marquée par une série de recompositions institutionnelles à l’échelle du Grand Paris, sur fond de débats persistants autour de l’organisation du pouvoir local et des politiques d’aménagement.

Lundi 13 avril, le maire (LR) de Rueil-Malmaison, Patrick Ollier, a été réélu à la présidence de la métropole du Grand Paris pour un troisième mandat. Le lendemain, mardi 14 avril, le maire PCF de Montreuil, Patrice Bessac, a quant à lui été reconduit à la tête d’Est Ensemble, unique candidat en lice à la présidence de cet établissement public territorial regroupant neuf communes de Seine-Saint-Denis. Le même jour, au terme d’un conseil territorial tenu à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), le jeune maire (DVD) de Neuilly-sur-Marne, Zartoshte Bakhtiari, a été élu à la présidence de l’établissement public territorial Grand-Paris Grand-Est.

Mercredi 15 avril, le maire (LR) de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, a lui aussi été réélu à la présidence de Grand Paris Seine Ouest, dans un contexte où la réforme de l’administration grand-parisienne continue de nourrir les débats, l’élu affirmant sa volonté de défendre fermement l’existence des établissements publics territoriaux.

À l’échelle des autres territoires, la communiste Méhadée Bernard a succédé à Michel Leprêtre à la tête de Grand Orly Seine Bièvre, tandis qu’Eric Berdoati et Olivier Capitanio ont été reconduits respectivement à Paris Ouest La Défense et Paris Est Marne & Bois, confirmant une forme de stabilité des exécutifs territoriaux.

La question du logement reste aussi plus que jamais au cœur du débat public. Le Conseil de Paris, réuni en séance extraordinaire le 14 avril, a consacré une large part de ses échanges à ce sujet. Pendant ce temps, les élus franciliens ont fait part de leur inquiétude quant à la décision du gouvernement de ne pas reconduire l’aide aux maires bâtisseurs.

Enfin, sur le front des infrastructures, le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) a symboliquement baptisé un tunnelier, lançant une nouvelle phase d’un vaste chantier d’adaptation du réseau lié au réaménagement de l’échangeur de la Manufacture de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine.

La Chambre régionale des comptes salue la performance industrielle du Siaap pour la baignade dans la Seine

Des décennies d’interdiction effacées en un été. Quand les athlètes ont plongé dans la Seine sous le pont Alexandre III, le 30 juillet 2024, ils ont accompli ce que beaucoup jugeaient impossible encore dix ans plus tôt : nager dans un fleuve dont la baignade était prohibée pour raisons sanitaires depuis un siècle ! Derrière cette image, un acteur discret  : le Siaap, qui traite quotidiennement 2,5 millions de mètres cubes d’eau dans six stations de dépollution. La Chambre régionale des comptes d’Île-de-France, qui a contrôlé l’action du syndicat depuis 2017 dans le cadre des travaux de la Cour des comptes sur l’héritage des JOP, lui rend un hommage mesuré mais réel. « Nous avons été au rendez-vous de nos engagements », résumait à l’issue des Jeux, François-Marie Didier, président du Siaap, dont l’action et l’engagement à la tête du syndicat sont salués par des élus de tous bords depuis son élection en 2021.

Une mobilisation sans précédent

Le plan baignade, lancé dès 2016 sous la coprésidence du préfet de région et de la maire de Paris, a représenté pour le Siaap une rupture profonde. L’établissement, jusqu’alors centré sur la qualité chimique et écologique des eaux, a dû intégrer un objectif entièrement nouveau : la qualité bactériologique, seule déterminante pour la baignade. La chambre reconnaît sans ambiguïté que le Siaap « a réalisé et financé une grande partie des actions nécessaires à l’atteinte de l’objectif minimum de qualité des eaux de la Seine au niveau des sites des épreuves olympiques ». Elle souligne également son rôle de pilote du sous-groupe « priorisation des rejets », cheville ouvrière de la gouvernance technique du plan, et salue une « organisation interne résiliente, très mobilisée ».

François-Marie Didier, président du Siaap, avec le préfet de la région d’Ile-de-France préfet de Paris Marc Guillaume. © Jgp

La juridiction constate par ailleurs que le syndicat a su faire évoluer ses ouvrages en cours de route pour en améliorer les performances. Le collecteur VL8 – initialement conçu comme un simple ouvrage de transfert – a ainsi été transformé en tunnel-réservoir de 51 000 mètres cubes, capable de retenir les eaux polluées lors d’épisodes pluvieux intenses. Dès le 17 août 2024, il a retenu 44 000 mètres cubes d’eau, faisant la démonstration immédiate de son utilité.

Un chantier titanesque livré dans les délais

L’ampleur des réalisations est saisissante. Le seul VL8 – 9 kilomètres de tunnel, 2,5 à 3 mètres de diamètre, creusé à grand renfort de tunneliers sous l’Essonne et le Val-de-Marne, mis en service le 14 juillet 2024 – a mobilisé 450 compagnons pendant près de quatre ans, pour un coût de 301 millions d’euros. À Seine Valenton, une unité de désinfection par acide performique, procédé innovant mis au point après trois ans de recherche par les équipes du Siaap, a été installée pour 8,5 millions d’euros – dix fois moins qu’un traitement aux ultraviolets équivalent. Ce dernier procédé a lui été modernisé à l’usine de Marne Aval à Noisy-le-Grand. Les abattements bactériologiques obtenus ont atteint 99 à 99,9 % sur les rejets des deux usines.

Au total, le volet Siaap du plan baignade représentera 527 millions d’euros de dépenses à l’achèvement de l’ensemble des chantiers. Compte tenu des subventions de l’Agence de l’eau Seine-Normandie (171 millions d’euros), le coût net pour le syndicat est évalué à 380,5 millions d’euros. Un dépassement de 24 % par rapport à l’enveloppe initiale, que la chambre explique pour moitié par la hausse des prix et les mesures d’accélération imposées par l’échéance olympique, facteurs largement extérieurs au syndicat.

Un été difficile, un pari tenu

L’été 2024 aurait pu tout compromettre. Le débit de la Seine était trois fois supérieur à la moyenne des quinze dernières années. Les précipitations annuelles à Paris dépassaient de 40 % les normales. Les concentrations bactériologiques en amont du réseau du Siaap étaient jusqu’à cinq fois plus élevées qu’en période ordinaire. Dans ces conditions, la chambre constate que le syndicat « a pu maintenir un nombre de jours baignables similaire à celui observé durant les cinq années précédentes » – ce qu’elle qualifie d’« effet tangible » de l’ensemble des actions menées. Toutes les épreuves ont finalement eu lieu.

La chambre relève deux points perfectibles : des délais de paiement aux fournisseurs trop longs – 41 jours en moyenne, jusqu’à 60 jours en 2024 – et un financement par la seule redevance assainissement de dépenses qui auraient partiellement dû être assumées par le bloc communal au titre des eaux pluviales. Des observations que le président du Siaap a accueillies sans contester, s’engageant à corriger les délais de paiement dès le budget 2026.

Un héritage fluvial désormais engagé

Sept sites de baignade ouverts à l’été 2025 – trois à Paris (Bercy, Bras-Marie, Grenelle) et quatre en Marne (Joinville-le-Pont, Champigny-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Maisons-Alfort) – concrétisent la promesse faite lors de la candidature. Le coût annuel de fonctionnement des nouvelles infrastructures est estimé entre 12 et 13 millions d’euros, soit environ 1,40 euro par usager. Pour un fleuve redevenu baignable au cœur de la première métropole européenne, la facture paraît raisonnable, estiment les magistrats financiers.

Exercice de gestion de crise par les Pompiers de Paris jeudi soir sur les quais de Seine

La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), sous l’autorité du préfet de police, organise jeudi 16 avril un exercice dit « engagement majeur » destiné à tester sa capacité à prendre en charge simultanément de nombreuses victimes. L’exercice, qui s’inscrit dans une démarche d’anticipation et d’excellence opérationnelle, débutera à 23h00 pour s’achever aux alentours de 3h00 du matin.

Le public est invité à éviter le secteur, où seront déployés des figurants grimés simulant des blessures. © Jgp

Son déploiement implique d’importantes restrictions le long des quais de Seine. Dès 21h00, la voie Georges Pompidou sera fermée entre le pont Louis-Philippe et le tunnel des Tuileries. À partir de 22h00, les interdictions s’étendront à la promenade Edouard Glissant, au port de Solférino, à la passerelle Léopold Sedar Senghor, ainsi qu’aux voies de bus des quais de la Mégisserie, de Gesvres, de l’Hôtel de Ville et des Célestins (rive droite), et des quais Voltaire et Valéry Giscard d’Estaing (rive gauche). Les riverains pourront accéder à leurs domiciles sur autorisation. Le public est invité à éviter le secteur, où seront déployés des figurants grimés simulant des blessures.

Matériel médical reconditionné : Envie autonomie entend se faire connaître des nouveaux CCAS

On dirait du neuf. Les fauteuils roulants, rollators ou verticalisateurs exposés dans le show-room du site d’Envie autonomie à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) ne laissent pas penser qu’il s’agit de matériel remis en état d’usage. C’est pourtant le cas. Envie autonomie collecte du matériel médical usagé – fauteuils roulants, lits médicalisés, déambulateurs, fauteuils de bain, barres d’appui, scooters électriques… – auprès de particuliers, d’Ehpad ou de centres de rééducation, le reconditionne dans ses ateliers, puis le vend ou le loue, à environ moitié prix du neuf.

« Notre raison d’être est d’abord de contribuer à l’insertion par l’activité économique, ensuite de remettre en bon état d’usage du matériel pour le faire durer, et enfin de permettre à tous d’accéder à du matériel de qualité garanti et pas cher », résume Vincent Godebout, directeur général, lors d’une visite du site de Tremblay-en-France, à Paris Nord 2.

Les fauteuils roulants, rollators ou verticalisateurs exposés dans le show-room du site d’Envie autonomie à Tremblay-en-France ne laissent pas penser qu’il s’agit de matériel remis en état d’usage. © Jgp

Le processus de reconditionnement, ultra-normé, suit une logique de « marche en avant » stricte, où le matériel brut ne croise jamais le matériel propre. Dans le vaste entrepôt de l’entreprise à Tremblay, on passe ainsi successivement par la zone de réception et de tri, l’atelier de réparation, la salle de lavage, la zone d’aseptisation, puis le stock de matériel prêt à livrer. Chaque équipement est tracé de bout en bout dans un logiciel propriétaire baptisé Léa. 70 % du matériel collecté ne peut être remis en circuit – trop dégradé, trop ancien ou non conforme aux normes en vigueur. Le reste fait l’objet d’un reconditionnement rigoureux.

Une idée venue des pouvoirs publics

L’initiative est née au milieu des années 2010, lorsque la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) s’est rapprochée du réseau Envie – spécialisé depuis 40 ans dans la rénovation d’électroménager – pour envisager avec lui l’application de son savoir-faire au matériel médical. Une première structure voit la jour à Trélazé, près d’Angers (Maine-et-Loire), sous forme associative, avant qu’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) nationale ne soit constituée en 2019.

Aujourd’hui, Envie autonomie compte une quinzaine de sites répartis en Grand Est, Île-de-France, Normandie, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine. Elle est reconnue Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS) et bénéficie en Ile-de-France du soutien du conseil régional, du Département de Seine-Saint-Denis, et de l’établissement public territorial Paris terres d’envol.

Vincent Godebout, directeur général d’Envie autonomie. © Jgp

Dans l’atelier de remise en état d’usage. © Jgp

Chaque équipement est tracé de bout en bout dans un logiciel propriétaire baptisé Léa.© Jgp

© Jgp

« Paradoxalement, l’Assurance maladie rembourse le matériel médical neuf, mais pas – ou très partiellement – le matériel reconditionné, pourtant garanti et normé », regrette Vincent Godebout. Et il a fallu dix ans de démarches pour que les premiers décrets reconnaissent une valeur au matériel remis en bon état d’usage. Ce délai a pesé lourd : la structure n’a pas encore atteint l’équilibre économique et dépend de subventions publiques pour se développer. Une aberration d’autant plus criante que le matériel reconditionné coûte deux fois moins cher au système de santé.

Le rendez-vous avec les CCAS

C’est dans ce contexte qu’Envie Autonomie engage à l’issue des dernières élections municipales une campagne auprès des collectivités locales, en ciblant particulièrement les centres communaux d’action sociale (CCAS), dont les nouvelles équipes sont en cours de constitution. Outre les économies, la structure met en avant la décarbonation qu’elle permet, dans un secteur de la santé est responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre en France.

Pour l’entreprise, les services sociaux des collectivités, les ergothérapeutes des maisons de santé, les porteurs de repas à domicile sont autant de relais naturels vers les personnes en perte d’autonomie. « Dans 85 % des cas, quand un particulier nous appelle, c’est parce qu’une ergothérapeute a parlé de nous », observe Vincent Godebout. Envie autonomie propose également aux Ehpad et établissements médico-sociaux un service d’audit de parc et de maintenance, et travaille avec des bailleurs sociaux, 1001vies notamment, pour équiper leurs locataires en situation de handicap ou de dépendance.

 

L’essentiel de la semaine du 6 avril 2026 en quelques clics

Sur le front du logement, les annonces se sont multipliées cette semaine. Le ministre Vincent Jeanbrun a lancé le comité de suivi de son plan « Relance logement » avant de mettre en avant, à Bondy (Seine-Saint-Denis), un programme mixte porté par 3F, combinant plusieurs types d’offres pour répondre à la diversité des besoins. Dans une logique plus coercitive, le maire (PS) de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé un durcissement inédit de la fiscalité sur les logements vacants, tandis que le préfet de Paris et d’Ile-de-France Marc Guillaume a dévoilé les 61 lauréats de l’AMI sur la transformation de bureaux ; des projets susceptibles de produire plus de 8 000 logements dans la région Capitale.

Rame AGC rénovée mi-vie ligne P – nouvel aménagement intérieur. © Flavien Cuq – Île-de-France Mobilités

En parallèle, la pression sociale reste vive, comme en témoigne la rénovation du centre d’hébergement d’urgence de La Boulangerie, visant à améliorer les conditions d’accueil des plus démunis.

Ces politiques de l’habitat s’articulent étroitement avec les enjeux de mobilité. Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme met en évidence l’amélioration progressive de la desserte en transports dans le Grand Paris, soulignant le rôle déterminant des nouvelles infrastructures pour les habitants. En Seine-et-Marne, une première rame AGC rénovée a été mise en circulation sur la ligne P du Transilien, concrétisant les investissements engagés par Île-de-France Mobilités pour moderniser le réseau de transport.

Enfin, la stabilité de certains exécutifs locaux s’est confirmée cette semaine : après avoir été largement réélu maire de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) dès le premier tour, Carl Ségaud (LR) s’est vu reconduit à la présidence de Vallée Sud Grand Paris.

Glyphosate : des arrêtés municipaux à la bataille européenne, le combat de Florence Presson

En quelques années, la lutte contre les pesticides portée par certains élus locaux a changé d’échelle. Partie d’initiatives municipales pour combler un vide juridique, elle se poursuit aujourd’hui devant les juridictions européennes. Au cœur de cette stratégie, Florence Presson, adjointe au maire de Sceaux pour la décarbonation et l’adaptation au dérèglement climatique, retrace un combat à la fois juridique, politique et sanitaire.

Un « trou dans la raquette » juridique

Tout commence en 2019, lorsque plusieurs maires d’Île-de-France prennent conscience d’une incohérence dans la réglementation. Si la loi dite « Labbé » interdit progressivement l’usage des pesticides dans l’espace public (2017) puis pour les particuliers (2019), elle laisse de côté de nombreux espaces privés collectifs. « Dans les copropriétés ou les jardins d’entreprises, l’usage de pesticides restait autorisé. Ma propre copropriété pouvait encore utiliser du glyphosate », souligne Florence Presson. Un angle mort réglementaire auquel les élus décident alors de s’attaquer.

Florence Presson et Corinne Lepage. © DR

Une trentaine de maires franciliens s’organisent ainsi en collectif et rédigent des arrêtés types interdisant les pesticides dans ces espaces. Deux modèles sont élaborés : l’un pour les zones urbaines, l’autre pour les territoires ruraux, inspiré notamment par l’initiative du maire de Langouët, Daniel Cueff, qui introduit des distances minimales d’épandage. Pour soutenir juridiquement ces démarches, le collectif s’appuie sur l’avocate et ancienne ministre Corinne Lepage. « Nous avions négocié un modèle de défense mutualisé. Même un petit village pouvait bénéficier d’un accompagnement pour environ 800 euros », précise l’adjointe au maire de Sceaux.

Des arrêtés systématiquement annulés

Mais rapidement, la stratégie se heurte à un mur juridique. Les tribunaux administratifs annulent systématiquement les arrêtés municipaux, estimant que la réglementation des produits phytosanitaires relève de l’État. « On nous reprochait d’intervenir sur des questions sanitaires et chimiques qui ne relèvent pas de la compétence des maires », explique Florence Presson. Malgré des tentatives pour reformuler les arrêtés – en invoquant par exemple la gestion des déchets ou la pollution des sols –, les décisions restent défavorables.

L’élue évoque une série de contentieux, allant jusqu’au Conseil d’État : « À chaque fois, nos arrêtés tombaient. On en refaisait, on essayait d’autres angles, mais ils étaient systématiquement retoqués. » Une exception notable est mentionnée : une décision favorable du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, restée isolée.

Une influence indirecte sur la loi

Malgré ces revers judiciaires, les initiatives locales contribuent à faire évoluer le cadre législatif. En 2022, une nouvelle étape est franchie avec l’extension de l’interdiction des pesticides à de nombreux espaces privés collectifs (copropriétés, hôtels, entreprises), ainsi qu’aux terrains de sport et aux cimetières. « Nos arrêtés ont participé à faire émerger cette évolution. Ils ont mis le sujet sur la table », estime Florence Presson. Selon elle, ces actions ont également influencé certains acteurs publics.

Face à l’impasse juridique nationale, le collectif opère un changement de stratégie. Plutôt que de multiplier les arrêtés locaux, il décide d’attaquer le problème « à la source » : la mise sur le marché des pesticides. C’est dans ce contexte qu’un recours est déposé devant la justice européenne contre la décision de la Commission européenne de renouveler l’autorisation du glyphosate pour dix ans. « On s’est dit : au lieu d’agir en bout de chaîne, il faut empêcher la remise sur le marché du produit », explique Florence Presson. Le recours, porté avec Corinne Lepage, associe le Criigen et l’association Agir pour l’environnement.

Une contestation fondée sur les études scientifiques

Au cœur du litige : la question des preuves scientifiques. Les requérants dénoncent un manque de transparence dans les études ayant conduit à la réautorisation du glyphosate. « On nous dit que le produit est sans danger, mais les études utilisées ne sont pas accessibles. Elles proviennent des industriels eux-mêmes », affirme Florence Presson. À l’inverse, le collectif met en avant huit études issues d’organismes publics et de centres de recherche internationaux, pointant des risques sanitaires, notamment en matière de cancérologie et de génotoxicité. « Ces études ont été écartées sans explication. On ne nous dit pas pourquoi elles ne sont pas prises en compte », déplore-t-elle.

Une audience tendue au Luxembourg

Lors d’une audience récente au Luxembourg, devant la Cour de justice de l’Union européenne, les échanges ont révélé des tensions sur le fond du dossier. Face aux représentants de la Commission européenne et aux avocats de Bayer, Corinne Lepage a défendu le recours pendant une vingtaine de minutes. « Elle a été exceptionnelle », souligne Florence Presson. L’une des juges interroge directement la Commission sur l’absence de prise en compte des études indépendantes : « Vous ne pouvez pas faire comme si elles n’existaient pas. », fait-il notamment valoir. D’autres échanges mettent en lumière des fragilités dans l’argumentation adverse, notamment sur la définition des « zones sensibles » ou sur les conditions d’utilisation du produit. « Ils parlent de vigilance sans jamais définir concrètement ce que cela signifie », pointe l’élue.

Une décision attendue

À ce stade, la décision de la juridiction européenne n’est pas encore connue. Le collectif espère obtenir une remise en cause de la réautorisation du glyphosate, ou à défaut, une clarification des critères scientifiques utilisés. « Si les études avaient été correctement prises en compte, il y a peu de chances que le produit ait été réautorisé », estime Florence Presson.

Au-delà du cas du glyphosate, l’enjeu est plus large : il s’agit de questionner les procédures d’évaluation des produits chimiques et leur transparence. « Aujourd’hui, des décisions publiques majeures reposent sur des études qui ne sont pas accessibles. C’est un problème démocratique », conclut-elle.

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