Le maire (LR) de Rueil-Malmaison a été réélu lundi 13 avril à la présidence de la métropole du Grand Paris, où il va entamer un troisième mandat. La séance, moins épique qu’il y a six ans, a été marquée par les demandes de plusieurs élues d’une plus grande parité, alors que les femmes n’occuperont que 15 % des vice-présidences de l’instance.
Pas de suspense lors de l’installation du conseil de la métropole du Grand Paris lundi 13 avril. Même les représentants de La France insoumise, nouveaux-venus dans cette assemblée à la coutume très œcuménique et peu conflictuelle, se sont montrés d’un calme olympien. Contrairement à l’ensemble des présidents de groupes, le nouveau maire de Saint-Denis, l’insoumis Bally Bagayoko a dit clairement, toutefois, qu’il ne voterait pas pour le président sortant. L’élu estime, en effet, « que les objectifs poursuivis par la Métropole n’ont pas été atteints ». En ligne de mire, notamment, le rééquilibrage, insuffisant à ses yeux. Bally Bagayoko a dénoncé lors de son allocution « la géographie de l’injustice », qui caractérise le territoire métropolitain. Il a souligné les longs et pénibles trajets que devaient effectuer les habitants les plus modestes pour se rendre au travail, et regretter la persistance des écarts de salaires.

Patrick Ollier, quelques instants après sa réelection à la présidence de la métropole du Grand Paris. © Jgp

Emmanuel Grégoire, maire (PS) de Paris, a souligné la nécessité de réfléchir aux compétences futures de la Métropole. © Jgp
Mais les élus insoumis n’ont pas exprimé de mécontentement particulier, loin de la contestation organisée sur les bancs de l’Assemblée nationale. Il se dit que, si le règlement intérieur de la Métropole exige un minimum de huit élus pour former un groupe, les Insoumis, six au sein du conseil, auraient été assurés de l’ouverture de discussions afin de le modifier pour baisser ce seuil.
Et l’ensemble des présidents de groupe ont, chacun à leur manière, rappelé dans leur intervention leur adhésion à la gouvernance partagée. « Près de 98 % des délibérations ont été adoptées à l’unanimité », a ainsi souligné Jacques Kossowski (LR ; Courbevoie), le doyen de l’assemblée, qui présidait à ce titre la séance. Emmanuel Grégoire, maire (PS) de Paris, s’est également inscrit dans cet esprit, soulignant toutefois la nécessité de réfléchir aux compétences futures de la Métropole – logement, mobilité, enseignement supérieur, recherche – en dialogue avec les blocs départemental et régional, face à des prises de position gouvernementales qu’il a qualifié d’« un peu confuses, pour ne pas dire absurdes ».
Du côté de l’UDI, Ludovic Toro a salué une configuration inédite : « Au moment du vote, le Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts, l’UDI et les LR ont voté ensemble. C’est un message hyper important que vous trouverez nulle part ailleurs », a-t-il fait valoir. Le groupe centriste, qui compte désormais 33 membres, a rappelé la vocation première de l’institution : travailler « pour les maires exclusivement », dans le respect de compétences « très limitées » qui ne sauraient être confondues avec celles de l’Assemblée nationale.
La gauche entre soutien et exigence
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et président du groupe communiste (24 élus, deuxième groupe de gauche), a détaillé quant à lui les conditions de son soutien, en saluant notamment le travail accompli sur le risque d’inondation : « Pour Gennevilliers, inondable à 80 %, mais aussi pour Paris et toutes les villes en bord de Seine, cette politique est certainement l’acte le plus utile qu’a pu avoir notre métropole. » Il a réaffirmé la vision communiste d’une métropole « coopérative de villes », où « rien ne doit se faire qui contrevient à la décision d’un conseil municipal ».
Du côté des écologistes, les deux co-présidents de groupe ont exprimé à leur tour leur soutien à Patrick Ollier. David Belliard (Paris) a salué la progression des maires écologistes dans la Métropole tandis qu’Anne de Rugy (Bagnolet) a ciblé deux défis prioritaires : le défi écologique – pollution atmosphérique, îlots de chaleur, artificialisation des sols – et les inégalités territoriales, plaidant notamment pour que le périphérique ne « sépare plus le petit Paris du grand ». Le groupe a par ailleurs proposé d’introduire dans le règlement intérieur la coprésidence paritaire des groupes politiques.
Dans son discours de remerciements, Patrick Ollier, seul candidat, élu avec 183 voix sur 203, a répondu aux critiques sur les inégalités en défendant son bilan : « Nous avons consacré les deux tiers de notre budget à des projets issus de villes qui en avaient besoin, plus à l’est et au nord de Paris. » Il a rappelé le vote du Scot (schéma de cohérence territoriale) « à 96 % », avec une exigence de 30 % de pleine terre dans les constructions, et le plan Climat air énergie métropolitain. Avant de conclure sur une priorité immédiate : la réunion du conseil pour le vote du budget, fixée au 29 mai. « Je demande à chacun d’être présent, a-t-il lancé, car il faut absolument que ce budget soit voté si vous voulez que vos communes puissent bénéficier des aides qu’elles sont en droit d’avoir. »
Plusieurs élues, Les écologistes d’une part, et Place publique d’autre part, ont exprimé lors de cette séance d’installation leurs vifs regrets face à la faiblesse de la représentativité féminine au sein de l’exécutif métropolitain. « La parité ne s’arrête pas aux portes de la Métropole », ont-elles déclaré tour à tour, constatant que seuls 15 % de femmes figuraient parmi les 20 vice-présidents élus ce jour. « Ce n’est pas moi qui désigne les représentants des communes au sein de la Métropole, pas moi qui désigne les vice-présidents au sein de chaque groupe », a répondu le président Ollier, appelant les élues « à ne pas se tromper de combat ». Contrairement aux communes, la parité n’est pas exigée au sein de la Métropole, a poursuivi le maire de Rueil-Malmaison, indiquant partager toutefois la conviction de la nécessité de progresser sur ce point. Tel pourrait être le sujet d’une modification du règlement intérieur de l’assemblée, demandée par plusieurs groupes.
Anne De Rugy (Bagnolet) et David Belliard (Paris), présideront le groupe Les écologistes, Sylvain Raifaut ne siègeant plus à la Métropole. Philippe Dallier présidera le groupe LR, tandis que les autres groupes conservent leur président du précédent mandat : Emmanuel Grégoire (Paris), pour le PS, Ludovic Toro pour l’UDI et Patrice Leclerc pour le PCF.
Les vice-présidentes et vice-présidents :
- 1re vice-présidence : Lamia El Aaraje (PS)
- 2e vice-présidence : Philippe Laurent (UDI)
- 3e vice-présidence : Raphaëlle Primet (PC)
- 4e vice-présidence : Mohamed Gnabaly (écologistes)
- 5e vice-présidence : Georges Siffredi (LR)
- 6e vice-présidence : Daniel Guiraud (PS)
- 7e vice-présidence : Geoffroy Boulard (LR)
- 8e vice-présidence : Manuel Aeschlimann (LR)
- 9e vice-présidence : Abdel Sadi (PC)
- 10e vice-présidence : Quentin Gesell (UDI)
- 11e vice-présidence : Luc Carvounas (PS)
- 12e vice-présidence : Philippe Dallier (LR)
- 13e vice-présidence : Richard Dell’agnola (LR)
- 14e vice-présidence : Pascal Pelain (UDI)
- 15e vice-présidence : Denis Cahenzli (LR)
- 16e vice-présidence : Jacques-Alain Benisti (LR)
- 17e vice-présidence : Gilles Hagege (UDI)
- 18e vice-présidence : Mélody Tonolli (écologistes)
- 19e vice-présidence : Paul Simondon (PS)
- 20e vice-présidence : Hervé Gicquel (LR)










