La gauche en passe de retrouver la présidence du Siaap

En revoyant à la baisse le nombre de représentants de la droite parisienne au Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap), le nouveau maire de Paris pourrait faire basculer la majorité de son conseil d’administration à gauche.

Tard mercredi soir, la liste des représentants de Paris au Siaap a été affichée au tableau du conseil de Paris, avec une surprise pour ceux à la vue assez fine pour lire les noms des élus qui iront siéger au sein du syndicat : les représentants de l’opposition parisienne, qui sont aujourd’hui cinq, ne seront plus que trois : deux représentants de Paris Liberté ! le groupe co-présidé par Rachida Dati et Grégory Canal, et un de Paris apaisé, qui regroupe les élus qui figuraient sur la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizons et Renaissance). Aucune règle codifiée ni jurisprudentielle ne régit, en effet, la désignation des représentants de Paris au Siaap, contrairement à celle des élus siégeant au sein d’autres structures satellites, soumises à une stricte proportionnalité. Deux élus de droite en moins, cela suffit, en théorie, à faire basculer la majorité du syndicat de droite à gauche. François-Marie Didier, élu LR du 20e arrondissement de Paris, perdrait ainsi une présidence qu’on lui croyait acquise. « C’est d’autant plus regrettable que François-Marie Didier avait entrepris un travail en profondeur de modernisation et de transparence », commente un élu centriste.

François-Marie Didier, président sortant du Siaap. © Jgp

Les élections au sein du syndicat sont prévues pour le 9 juin. Les noms d’Antoine Guillou (PS), adjoint au maire chargé des espaces verts et des bois, élu du 13e arrondissement, ou de Karim Ziady, adjoint au maire de Paris chargé des quartiers populaires et de la politique de la ville, élu du 17e, circulent parmi les possibles candidats pour la gauche. Les communistes, qui ont longtemps présidé l’instance, pourraient également revendiquer ce poste. Le nom d’Adrien Tiberti, secrétaire de la fédération de Paris du PC est également cité. Sans confirmation des intéressés. « Emmanuel Grégoire souhaite visiblement remettre les communistes à la tête du Siaap. C’est un pari très risqué, compte tenu des nombreuses affaires passées », tempête un élu francilien.

L’exécutif parisien refuse, pour l’heure, de s’exprimer sur le sujet. À droite, on indique que les conseils départementaux des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, qui disposent chacun de sept sièges, dont un attribué à leur opposition, pourraient décider de revoir cette composition, en délibérant de nouveau. Interrogé à ce sujet, le président des Hauts-de-Seine Georges Siffredi se refuse également à tous commentaires.

Le conseil d’administration du Siaap est composé de 33 représentants : 7 par départements de Petite couronne et 12 de Paris. 

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