Pierre Simon souhaite que le prochain comité interministériel soit l’occasion pour le gouvernement de réaffirmer ses engagements en faveur du Grand Paris, qu’il s’agisse du transport ou du développement de ses différents pôles d’attraction.
Le respect du calendrier de réalisation du Grand Paris express est essentiel à vos yeux ?
Nous souhaitons, en effet, que le prochain comité interministériel (CIM) annoncé pour la mi-octobre soit l’occasion pour le gouvernement de confirmer son ambition de voir réalisée l’intégralité du programme dans les délais prévus. C’est-à-dire, pour l’essentiel, en 2024. Le respect de cette date est impératif, en particulier dans la perspective de l’organisation par la France des Jeux olympiques et de l’Exposition universelle.
Idem pour le CDG express ?
Nous n’avons pas connaissance, à ce stade, d’une décision absolument définitive pour la mise en œuvre de ce chantier absolument essentiel également, qui reliera l’aéroport Charles de Gaulle à la gare de l’Est et comblera un lourd handicap. J’espère que tous les préalables sont levés, alors que certains acteurs, à tort ou à raison, se montrent encore interrogatifs. Tant que le lancement du chantier n’est pas confirmé à 100 %, un doute demeure. Le CIM peut être l’occasion de lever tous doutes.
Vous déplorez également des incertitudes sur le financement d’Eole ?
En effet. A ce jour, le financement du prolongement du RER E de la gare Saint-Lazare jusqu’à la Défense dans un premier temps, puis jusqu’à Mantes-la-Jolie ensuite, ne semble pas encore entièrement assuré. Pour ma part, j’ignore s’il faudra attendre que la totalité des financements soient réunis pour que les travaux soient lancés, ou bien si le projet peut être découpé en tranches. Or Eole constitue, une ligne essentielle pour que Paris-La Défense rentre dans la course des grands quartiers d’affaires dans le monde.
Vous attendez également des décisions concernant l’avenir de La Défense ?
Hugues Parant, le directeur général de l’Etablissement public de La Défense (Epadesa), a doté récemment l’établissement d’un projet stratégique. Je me réjouis d’ailleurs qu’il reprenne une partie significative des propositions du groupe de travail de PCE (1) présidé par Jean-Pierre Duport, ancien préfet de la région. Mais les arbitrages à ce sujet, en matière de gouvernance notamment, n’ont pas été rendus. Or, Paris-La Défense constitue une locomotive pour la Région Capitale et exerce un attrait qui ne s’est jamais démenti aux yeux des investisseurs internationaux.
Je déplore les débats qui opposent l’est à l’ouest, ou encore la Région au reste de la France. Il y a des locomotives au bénéfice de tout le monde. Paris-La Défense en est une.
Vous suivez également avec attention les grands projets du Grand Roissy ou de Saclay ?
Certaines zones jouent un rôle clé pour le développement économique de la région : c’est le cas du Grand Roissy, sur lequel nous travaillons. Toutes les études de benchmark le montrent : les zones aéroportuaires sont appelées à jouer un rôle de développement économique majeur. A Paris-Saclay, le mouvement est très largement engagé, mais il faut sans doute le conforter encore. La marque Paris-Saclay bénéficie d’une notoriété toujours croissante à l’étranger, notamment auprès des investisseurs internationaux.
Ces derniers se montrent intéressés à la fois par des zones d’activités, mais aussi du tertiaire, du logement, des campus universitaires ou des logements étudiants. Pierre Veltz, président de l’Etablissement Public, et son équipe ont fait un travail considérable. L’arrivée de son successeur doit être, là encore, l’occasion pour l’Etat de réaffirmer sa détermination.
J’ajouterais qu’il serait opportun de trouver un jour une solution permettant d’associer le privé à la réalisation d’infrastructures de transport, je pense en particulier à la ligne 18 du Grand Paris express qui dessert le plateau. Les fonds des pays du Golfe préparent, on le sait, l’après-pétrole et cherchent moins à réaliser des plus-values sur le court terme qu’à assurer pour les générations futures des revenus de long terme. Ce type de projet serait tout à fait adapté à leurs besoins, et répondrait aux nôtres.
Vous souhaitez enfin que le Grand Paris devienne plus concret aux yeux des Français comme à l’étranger, au-delà de l’infrastructure de transport ?
Il nous paraît en effet souhaitable de montrer à la population, en France et aux investisseurs étrangers, que le Grand Paris est un projet de développement concret, en cours de réalisation dès aujourd’hui et non pas pour dans 20 ans. Le rapport Lemierre (2) propose l’identification de sites qui pourraient utilement faire l’objet d’opérations d’intérêt national (OIN) autour de cinq ou six gares majeures du Grand Paris express. Quelques sites où l’objectif serait de bâtir des logements, des zones d’activités commerciales, des bureaux adaptés au coworking, des établissements d’enseignement. Là aussi, le secteur privé, Hexagonal et international, devrait y être associé le plus en amont possible. Il y va de l’intérêt de tous.
1 : « Mieux vivre à La Défense », réalisé en 2012
2 : Jean Lemierre, président de BNP Paribas, inspecteur général des finances, ancien président de la Berd, ancien directeur général du Trésor a présenté en février dernier les propositions du groupe de travail de Paris-Ile de France Capitale Economique « Comment mobiliser plus fort, plus vite et mieux financements et investissements internationaux pour accélérer le Grand Paris », qu’il présidait.

