Le second tour des régionales s’annonce serré en Ile-de-France, où tout dépendra des reports de voix. Au 1er tour, qui s’est déroulé le 6 décembre 2015, Valérie Pécresse se classe en tête (30,51%), suivie par Claude Bartolone (25,02%) et Wallerand de Saint Just (18,41%). 54,10% des électeurs inscrits se sont abstenus.
Le second tour s’annonce très incertain en Ile-de-France. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, Valérie Pécresse (LR) arrive en première position lors de ce premier tour, avec 30,51% des voix. Claude Bartolone (PS) recueille 25,02%, le candidat FN Wallerand de Saint Just 18,41%. Emmanuelle Cosse (EELV) obtient un score de 8,03%, suivie par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) à 6,57% et Pierre Laurent (PCF) à 6,63%. A noter une abstention très élevée : 54,10% des inscrits.

Dimanche, 19h50, Jean-Paul Huchon commente les premières estimations au siège de la campagne de Claude Bartolone, place de Catalogne, dans le 14° arrondissement. © Jgp
A l’issue du scrutin, au quartier général de Claude Bartolone, on soulignait que le total des voix de gauche, avec plus de 40%, permettrait, si les reports de voix s’effectuent largement en faveur du candidat socialiste, à ce dernier de l’emporter. Seuls les candidats LR, FN et PS sont, en effet, en mesure de se maintenir au second tour, puisqu’ayant recueilli plus de 10% des suffrages exprimés.
A droite, Valérie Pécresse (30,51%) devra recueillir les voix des petites listes pour l’emporter dimanche prochain. Nicolas Dupont-Aignan (DLF), qui réalise avec 6,57% un bon score au soir du premier tour faisait, dans le courant de la soirée, de l’abandon du Grand Paris une monnaie d’échange de son ralliement pour le second tour. « J’ai fait campagne pour éviter que l’on gaspille des milliards d’euros », déclarait-il au micro de France 3 région.

Dimanche soir au Percolateur, rue de Turin, (8e arr.) à deux pas du siège de campagne de Valérie Pécresse, les journalistes attendent la candidate LR pour sa déclaration post-premier tour © jgp
FN devant en Seine-et-Marne
« Pour la 1ère fois depuis 1998, nous sommes en mesure de remporter l’Ile-de-France et de mettre fin à 17 ans d’échecs », faisait valoir Valérie Pécresse, qui ne parvient pas à distancer son rival à l’issue du premier tour dans des proportions qui lui garantissent la victoire. D’autant qu’à gauche, la nouvelle percée du FN au plan national pourrait faciliter les négociations entre les partis, les soudant contre la formation de Marine Le Pen. Les pour-parler entre les partis de gauche devaient débuter dès dimanche 6 décembre en fin de soirée dans un hôtel de la place de Catalogne, dans le 14° arrondissement de Paris, en vue d’un accord électoral.
Sans surprise, le Front national réalise ses meilleurs scores en Seine-et-Marne, où il arrive en tête (30,93%), et dans le Val d’Oise (25,06%), à l’image des dernières élections départementales, où les candidats frontistes avaient obtenu leurs meilleurs résultats franciliens en zone rurale.
Nathalie Arthaud (LEXG – Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs) recueille 1,40% des voix. Les listes de François Asselineau (UPR), Aurélien Véron (Aux urnes citoyens), Valérie Sachs (Nous citoyens pour l’Ile-de-France), Nizar Bourchada (Union des démocrates musulmans français), Sylvain de Smet (Fluo) et Dawari Horsfall (Liste d’union citoyenne) sont sous la barre des 1%.
Valérie Pécresse en tête dans 6 départements
Paris
C’est la candidate LR, Valérie Pécresse, qui arrive en tête dans la capitale avec 32,92% des suffrages. Claude Bartolone se classe en deuxième position avec 31,42%, suivi par Emmanuelle Cosse (EELV) à 10,92%, Wallerand de Saint Just (FN) 9,65% et Pierre Laurent (PCF) à 6,81%.
Hauts-de-Seine
Dans le 92, Valérie Pécresse se place largement en tête avec 39,64% des voix. Le candidat PS Claude Bartolone recueille 24,05%, tandis que Wallerand de Saint Just (FN) obtient 12,34% des suffrages. Suivent Emmanuelle Cosse (7,86%), Pierre Laurent (5,71%) et Nicolas Dupont-Aignan (5,31%).
Seine-Saint-Denis
Le 93 est le seul département où Claude Bartolone arrive en tête avec 29,58% des suffrages. Suivent Valérie Pécresse (21,38%), Wallerand de Saint Just (20,03%), Pierre Laurent (11,47%) et Emmanuelle Cosse (7,29%).
Val-de-Marne
Valérie Pécresse arrive en tête dans le Val-de-Marne, (28,49%) devant Claude Bartolone (25,03%) et Wallerand de Saint Just (16,79%). Pierre Laurent recueille 10,54% des voix, devant Emmanuelle Cosse, (8,27%) et Nicolas Dupont-Aignan (6,39%).
Seine-et-Marne
En Seine-et-Marne, la liste menée par le candidat FN Wallerand de Saint Just se situe en tête avec 30,93% des suffrages. Suivent Valérie Pécresse à 25,35% et Claude Bartolone à 20,34%. Nicolas Dupont-Aignan (DLF) totalise 7,46% des voix, tandis qu’Emmanuelle Cosse (EELV) recueille 6,35% et Pierre Laurent (PCF) 5,0%.
Yvelines
Dans le 78, c’est Valérie Pécresse qui arrive en tête avec 37,23% des suffrages. Suivent Claude Bartolone avec 21,52% et Wallerand de Saint Just avec 19,05%. Suivent Emmanuelle Cosse (7,26%), Nicolas Dupont-Aignan (6,67%) et Pierre Laurent (3,80%).
Val d’Oise
Valérie Pécresse arrive 1ère au soir du premier tour dans le Val d’Oise avec 26,60% des voix, suivie par Wallerand de Saint Just (25,06%) et Claude Bartolone avec 23,89%. Suivent Emmanuelle Cosse (7,09%), Nicolas Dupont-Aignan (6,65%) et Pierre Laurent (5,91%).
Essonne
Valérie Pécresse (23,88%) devance de peu Claude Bartolone (23,56%) et Wallerand de Saint Just (22%) en Essonne. A noter la performance de Nicolas Dupont-Aignan, (DLF), qui totalise 13,22% des voix. Suivent Emmanuelle Cosse (7,13%), et Pierre Laurent (5,92%).
13 candidats en lice
Gérée par le RPR de 1986 à 1998, la Région a basculé en 1998 au profit du PS. Lors de la dernière élection en 2010, la droite avait obtenu la majorité dans un seul département : les Yvelines. 13 candidats se présentaient au premier tour de ce scrutin devant les électeurs d’Ile-de-France pour succéder à Jean-Paul Huchon :
- Pierre Laurent (PCF)
- Claude Bartolone (PS)
- François Asselineau (UPR)
- Emmanuelle Cosse (EE-LV)
- Dawari Horsfall (Liste d’union citoyenne)
- Valérie Sachs (Nous citoyens pour l’Ile-de-France)
- Sylvain De Smet (Fluo)
- Nizarr Bourchada (Union des démocrates musulmans français)
- Nicolas Dupont-Aignan (DLF)
- Valérie Pécresse (LR)
- Aurélien Veron (Aux urnes citoyens)
- Wallerand de Saint Just (FN)
- Nathalie Artaud (LO)
Pour accéder au second tour, qui aura lieu le 13 décembre 2015, une liste doit avoir obtenu un nombre de voix au moins égal à 10 % du nombre des suffrages exprimés au niveau de la région. 209 conseillers régionaux sont à élire en Ile-de-France.
« Les conseils régionaux sont élus au suffrage universel direct, dans chaque région au scrutin de liste à deux tours […] Les listes sont régionales mais constituées d’autant de sections qu’il y a de départements dans la région », est-il précisé sur le site du ministère de l’Intérieur. « La composition de ces listes peut être modifiée par rapport au premier tour en incluant des candidats de listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés. »
« Les mandats des conseillers régionaux élus lors du présent renouvellement général seront d’une durée légèrement inférieure à six ans dans la mesure où la loi du 16 janvier 2015 prévoit expressément que ces mandats prendront fin en mars 2021. » Le mode de scrutin pour les élections régionales est un scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire.
Premier tour
Au premier tour, il n’y a répartition des sièges que dans l’hypothèse où une liste obtiendrait la majorité absolue des suffrages exprimés. Les sièges sont alors attribués à chaque liste en fonction du nombre de voix obtenues par chacune d’entre elles à l’échelon régional. La liste qui recueille la majorité absolue des suffrages exprimés obtient une prime majoritaire de 25% du nombre de sièges à pourvoir. Les autres sièges sont attribués à la représentation proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne, à toutes les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.
Second tour
Si aucune liste n’obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, il est procédé à un second tour de scrutin. Seules peuvent se présenter les listes qui ont obtenu au moins 10% des suffrages exprimés. Au second tour, la liste qui a obtenu le plus grand nombre de voix obtient une prime majoritaire de 25% du nombre de sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la proportionnelle à la plus forte moyenne entre toutes les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. La liste arrivée en tête reçoit donc le plus grand nombre de sièges qu’elle ajoute à ceux obtenus par la prime majoritaire. Elle est ainsi quasiment assurée de détenir la majorité au sein du conseil régional.

