Pour conclure cette série d'articles sur les prochaines échéances municipales de 2026, entretien avec Bruno Cautrès, politiste, chercheur au CNRS et au Cevipof (Sciences Po Paris). Pour Le journal du Grand Paris, il décrypte les enjeux propres à la région francilienne, ses dynamiques politiques encore floues, ses fractures géographiques et sociologiques, les influences nationales sur un scrutin local. Pour Bruno Cautrès (1), "les municipales de 2026 seront un test politique majeur". Il conteste par ailleurs la thèse d’une fracture électorale opposant une "France périphérique" à une "France des métropoles".
Marion Waller, candidate à la primaire socialiste à Paris, prône une « ville éveillée »
La jeune femme organisait un meeting flottant, sur une péniche, le 4 juin. Elle y a présenté son programme, en 14 points, qui ambitionne de "partager Paris". Elle propose notamment d’élire "le ou la future maire du Grand Paris au suffrage universel", de "taxer le trafic aérien pour financer la transition écologique", de créer un RSA jeune ou encore d’instaurer au "droit au ciel". "N’ayons pas peur de nous faire traiter de "wokes" sur CNews !", dit-elle.
Réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille : le rejet cinglant du Sénat
À moins d’un an des municipales, la proposition de loi – soutenue par François Bayrou – visant à réformer la loi PLM, et donc les règles électorales dans les trois plus grandes villes françaises, a été massivement rejetée par la chambre haute. Un revers politique pour le gouvernement. Un succès pour la droite et la gauche opposées, sur ce texte, à une alliance hétéroclite du centre, du RN et de LFI.
Pour Lamia El Aaraje, « tout le monde est de gauche »
Première secrétaire fédérale du PS parisien, l’adjointe d’Anne Hidalgo chargée de l’architecture et du Grand Paris vient de publier un manifeste au ton léger, mêlant anecdotes drolatiques, introspection et réflexion sur l’état – "cabossé" – de la gauche en général et des socialistes en particulier.
Danielle Simonnet lance un appel à « l’unité du NFP » à Paris
L’ex-conseillère de Paris LFI fâchée avec Jean-Luc Mélenchon, désormais députée du mouvement politique L’Après, et Laurent Sorel, qui l’a remplacée dans l’hémicycle parisien, espèrent mettre autour de la table toutes les forces de la gauche parisienne "sans exclusive". Pour montrer l’exemple, ils mettent six propositions au pot commun.
Mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille : la réforme bute sur le Sénat
A moins d’un an des élections municipales, la refonte controversée de la loi PLM, votée à l’Assemblée nationale en avril, a été unanimement rejetée, le 21 mai, en commission des lois de la Chambre haute. Les sénateurs l’ont jugée précipitée, mal concertée et juridiquement fragile.
Maud Gatel : « Je n’accepterai pas un projet d’arrière-garde pour Paris »
Peu connue du grand public. Maud Gatel est présidente du groupe MoDem et Indépendants au Conseil de Paris, mais aussi secrétaire générale du parti du Premier ministre, François Bayrou. Ancienne assistante parlementaire, puis suppléante de Marielle de Sarnez (sa mentore), elle devint députée à la mort de celle-ci, en 2021, réélue en 2022, mais battue en 2024 (par Céline Hervieu, PS). A 46 ans, elle entend jouer un rôle dans les municipales de 2026. Si elle reproche aux prétendants de la droite et du centre leur réflexe « moi, moi, moi, avant tout le reste », elle n’exclut pas d’être elle-même candidate.
Marine Tondelier et David Belliard réclament l’union de la gauche dès le 1er tour
Face au « risque de voir Rachida Dati gagner les élections à Paris », la secrétaire nationale des Ecologistes et le candidat désigné par la primaire ont lancé le 6 mai 2025 un « appel solennel » au rassemblement de toutes les forces de gauche, y compris LFI.
Débat Féraud-Grégoire-Waller : l’ombre portée de la maire sortante
Les trois candidats à la primaire socialiste pour les municipales de 2026 à Paris ont participé à un débat le 6 mai, dans une ambiance cordiale, lors d’une soirée organisée par l’association Les Fourmis. Rémi Féraud, Emmanuel Grégoire et Marion Waller ont tout fait pour montrer qu’ils ne s’entre-déchirent pas, tout en essayant timidement de se distinguer les uns des autres, mais surtout pas d’Anne Hidalgo.
Pierre-Yves Bournazel : « Paris a besoin d’un nouveau souffle, je suis celui qui l’incarnera »
Conseiller de Paris depuis 2008, il estime – à 47 ans – que son tour est venu de devenir maire de la Capitale. Le 3 juin, Pierre-Yves Bournazel (Horizons) lancera officiellement sa campagne au théâtre du Trianon, en présence d’Edouard Philippe. Homme de droite et admirateur de l’ancien édile PS Bertrand Delanoë, il nous dévoile plusieurs propositions de son programme : « brigades de police municipale spécialisées », « 1 000 rues végétales », immatriculation des « fatbikes », création d’un « fonds commun métropolitain » pour construire des logements dans le Grand Paris, etc.
Moody’s maintient la note financière de la ville de Paris
L'agence de notation américaine vient d’annoncer que la capitale française conserve son AA3 et bénéficie d’une "perspective positive". Comme chaque année, et a fortiori à moins d’un an des élections municipales, la gauche et la droite parisiennes ne manqueront pas de s’écharper sur la gestion, jugée "excellente" ou "calamiteuse", des finances de la Ville.
Francis Szpiner : « Mme Dati était la cheffe de l’opposition, et elle a échoué »
Ténor du barreau de Paris depuis 1975, il a défendu un nombre incalculable de personnalités : de Madame Claude à Jacques Chirac – son mentor –, en passant par Bokassa, Bernard Tapie, PPDA, Pierre Perret, Dominique Baudis, Jean-François Copé, Alain Juppé, etc. A 71 ans, toujours avocat, Francis Szpiner (LR) se consacre aujourd’hui à la politique. Après avoir été maire du 16e arrondissement (2020-2023), le sénateur de Paris rêve de s’assoir à son tour dans le fauteuil de maire. Il conteste donc le leadership de droite parisienne à Rachida Dati, quitte à ouvrir une guerre fratricide avec la ministre de la Culture. Il nous explique ses motivations, son parcours, sa vision, et nous dévoile quelques idées, comme la création d’une "forêt autour de Paris" sur la petite ceinture, ou encore "l’école publique obligatoire dès deux ans". Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons qu’une information judiciaire vient d’être ouverte contre lui pour corruption (lire l’encadré).
Primaire socialiste (3/3) – Emmanuel Grégoire : « Je ne critiquerai jamais Anne Hidalgo. Ni elle, ni son bilan, ni sa méthode »
Député de Paris, élu du 12e arrondissement et président du groupe PS au Conseil métropolitain, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo – en délicatesse avec elle – rêve de lui succéder en mars 2026. Il devra d’abord gagner la primaire socialiste qui l’oppose à Rémi Féraud et Marion Waller. Pour Le journal du Grand Paris, il revient sur les tensions de cette campagne, sur ses relations contrariées avec la maire sortante ou encore sur son combat, à l’Assemblée nationale, contre la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille. Emmanuel Grégoire nous dévoile aussi des points inédits de son projet, comme la « création d’un nouveau service municipal du vélo », l’objectif de « l’extinction des moteurs thermiques à Paris d’ici à 2032 », ou sa prochaine proposition de loi contre le « gaspillage immobilier ».
Primaire socialiste (2/3) – Rémi Féraud : « Il n’y a ni vaisselle cassée, ni conflits irréparables »
Le sénateur et président du groupe PS au Conseil de Paris brigue l’investiture de son parti pour les municipales de 2026. Soutenu par Anne Hidalgo, son premier adjoint, la première fédérale et tous les maires d’arrondissement socialistes, il affrontera le 30 juin Emmanuel Grégoire et Marion Waller. Il vient d’envoyer une lettre aux adhérents, avec ses premières propositions – qu’il nous dévoile en avant-première –, dont la création d’un dispositif « Erasmus collège ».
Primaire socialiste (1/3) – Marion Waller : « J’apporte un vent de fraîcheur dans cette primaire »
Elle a créé la surprise en s’invitant dans la primaire du PS qui désignera, le 30 juin, le candidat socialiste à la mairie de Paris. Marion Waller, directrice générale du Pavillon de l’Arsenal – le centre d’architecture de la Capitale –, a été conseillère d’Anne Hidalgo, dont elle revendique la filiation. La jeune urbaniste-philosophe explique, dans nos colonnes, ses motivations, ses atouts et son projet pour Paris.
Réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille : un texte sous tension
La proposition de loi (PPL), qui devait être examinée en mars à l’Assemblée nationale, a été repoussée en avril. Un report symptomatique d’un projet très contesté, au-delà de tout clivage politique. Ses partisans y croient encore, mais ses détracteurs veulent y voir le début de la fin.
A. Niakaté : « Une écologie qui ne soit pas perçue comme réservée aux bobos du centre de Paris » (4/4)
Elle est la moins connue des quatre prétendants à la primaire des écologistes parisiens – dont le premier tour se déroule du 14 au 16 mars. Aminata Niakaté (44 ans) veut se démarquer en mettant en avant son profil "société civile" atypique, à la fois issue d’un milieu populaire (fille d’une femme de ménage et d’un ouvrier agricole maliens) et avocate au barreau de Paris, installée sur le chic boulevard Saint-Germain. Conseillère de Paris élue dans un arrondissement de droite, le 15e, elle n’est "pas une professionnelle de la politique", dit-elle. Ses priorités pour Paris : accélérer la transition écologique, avoir une approche sociale de l’écologie et ériger Paris en "rempart contre l’extrême droite".
Anne-Claire Boux : « Une convention citoyenne pour supprimer progressivement la voiture individuelle d’ici 2050 » (3/4)
Une candidate enceinte, c’est rare. "J’espère bien être sur la photo finale avec mon gros ventre !", dit-elle. Anne-Claire Boux (38 ans), adjointe à la maire de Paris en charge de la santé, de la lutte contre les pollutions et de la réduction des risques, brigue l’investiture des Ecologistes parisiens dans la primaire, dont le premier tour se déroule du 14 au 16 mars. Elle entend se démarquer par sa méthode : "la co-construction". Ses trois priorités : la création d’un RSA pour les moins de 25 ans, la mise en place d’une mutuelle municipale accessibles à tous et l’instauration d’une "ville bioclimatique, 100 % végétalisée, 100 % piétonnisée".
Trois femmes face au favori à la primaire des Ecologistes
Anne-Claire Boux – arrivée en 2e position au premier tour –, Fatoumata Koné et Aminata Niakaté – éliminées – se sont alliées et ont fusionné leurs programmes. En face, David Belliard – à qui il ne manquait que deux points pour s’éviter un second tour – revendique le soutien des maires d’arrondissement de son parti.
Fatoumata Koné : « Il va falloir un projet radical, faire dix fois mieux et dix fois plus » (2/4)
Fille d’un éboueur de la ville de Paris d'origine malienne et d’une femme de ménage d'origine ivoirienne, elle rêve d’envoyer "un formidable message d’espoir" au monde en se faisant élire maire de la capitale française. Candidate à la primaire de son parti à Paris – dont le premier tour se déroule du 14 au 16 mars –, Fatoumata Koné (43 ans) est la présidente du groupe Ecologistes au Conseil de Paris. Elue du 19e, elle assure que "seuls les écologistes peuvent rassembler toute la gauche". Ses trois priorités : le logement, la défense de l’école publique et la création d’une sécurité sociale de l’alimentation.