Airbus fermera son site de Suresnes en 2018

L’Ile-de-France paie un lourd tribut à la restructuration du groupe Airbus avec la fermeture du site de Suresnes (Hauts-de-Seine) qui emploie 650 personnes. Près de la moitié des postes sera supprimée et une partie transférée à Toulouse, tandis que le tiers serait redéployé en région parisienne. « Un gâchis », pour le maire, Christian Dupuy.

Installé en bords de Seine, l’imposant bâtiment d’Airbus à Suresnes (Hauts-de-Seine) fermera ses portes en 2018. Un coup dur pour les 650 salariés, principaux concernés par le plan de restructuration annoncé par la direction d’Airbus group le 29 novembre. Conséquence directe de la fusion entre la maison mère, Airbus group (136 000 salariés), avec sa filiale avions Airbus SAS d’ici à juillet 2017, ce plan prévoit la suppression de 1 164 postes dont 308 à Suresnes.

Site d'Airbus à Suresnes.

Site d’Airbus à Suresnes. © DR

Pour les autres postes, 152 seront délocalisés à Toulouse et 190 répartis dans les divers sites d’Airbus en Ile-de-France. Le groupe a installé à Suresnes l’un de ses centres de R&D appartenant à la division Airbus group innovations. L’essentiel des salariés du site travaillent par conséquent à des activités de recherche, tandis que d’autres sont affectées à des fonctions support (communications, achats, finances) et qu’une équipe d’une vingtaine de personnes occupe des fonctions plus institutionnelles sous la direction de Marwan Lahoud, directeur de la stratégie d’Airbus group.

Impact financier pour la commune

Le maire (LR) de Suresnes, ne cache pas sa déception : « Je n’ai pas pour habitude de juger ou de me mêler de la gestion qui est une question interne aux entreprises, indique Christian Dupuy, mais au-delà de l’impact financier qu’aurait pour la commune le départ de cette filiale du groupe, je regrette un énorme gâchis pour la mémoire industrielle de notre ville. Ce site est dédié à l’aéronautique depuis le début du 20e siècle : les ateliers de Louis Blériot, puis Aérospatiale, EADS, Airbus group s’y ont successivement trouvés. Il faut tout faire pour poursuivre cette continuité.  Les territoires ont une mémoire qui forge leur identité qu’il convient de respecter. Enfin bien sûr je m’interroge : que va-t-il advenir des salariés qui travaillaient sur ce site ? »

Pour Thierry Préfol, coordinateur adjoint de la CFE-CGC du groupe Airbus, « si la tendance de la direction est à la rationalisation en recentrant les salariés sur moins de sites, il est essentiel de conserver un centre de recherche en Ile-de-France ». La stratégie de Tom Enders, le PDG d’Airbus group, est de réorienter la recherche vers de nouveaux domaines, mais cela profitera-t-il à la région capitale ou uniquement à Toulouse ? « Nous allons soumettre des propositions à la direction, annonce Thierry Préfol, le groupe compte maintenir une présence en région parisienne. »

Airbus defence and space est présent à Elancourt (Yvelines) où il emploie 1 750 personnes et aux Mureaux (Yvelines), et Airbus helicopters à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) où travaillent 740 personnes. Mais fin octobre, un autre plan de départs volontaires a été annoncé par cette filiale concernant 582 suppressions de postes répartis entre Marignane (Bouches-du-Rhône) et La Courneuve, cette dernière usine doit de plus être transférée à Dugny, sur le site de Paris-Le Bourget.

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