La métropole du Grand Paris, en partenariat avec plusieurs associations, vient de se porter candidate à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par l’Etat dans le cadre de son plan quinquennal pour le logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme.
La métropole vient de se porter candidate à l’AMI « Territoires de mise en œuvre accélérée du plan logement d’abord » récemment lancé par le gouvernement pour sélectionner 15 territoires au plan national. Des sites avec lesquels l’Etat s’engagera pour une mise en œuvre accélérée de cette politique de lutte contre le « sans-abrisme ».
« Il s’agit de viser, pour toutes les personnes mal logées et dépourvues de logement, l’accès direct au logement autonome et pérenne, sans prérequis d’insertion, grâce à un accompagnement adapté et de qualité si la situation le nécessite », indique Patrick Ollier.

Les collectivités viseront une baisse significative du sans-abrisme sur leur territoire grâce à une utilisation optimisée des dispositifs existants et des moyens dédiés alloués par cet AMI. © DR
Les collectivités retenues dans le cadre de cet AMI mettront en place des plans d’actions territoriaux dans le cadre du plan national et en organiseront la coordination et le suivi, indique l’Etat. Appuyées par les services de l’Etat et accompagnées d’un réseau de partenaires locaux, les collectivités viseront une baisse significative du sans-abrisme sur leur territoire grâce à une utilisation optimisée des dispositifs existants et des moyens dédiés alloués par cet AMI, précisent également les services de l’Etat.
Une situation « extrêmement tendue »
La candidature de la MGP s’effectue en partenariat avec la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France (FAS IDF), la Fédération des associations et des acteurs pour la promotion et l’insertion pour le logement (Fapil), l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo), l’Association francilienne pour favoriser l’insertion par le logement (Affil), l’Union sociale pour l’habitat d’Ile-de-France (Aorif) et Soliha Ile-de-France.

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, en charge du logement, qui lance cet AMI, lors d’une récente visite au centre d’accueil Grand froid de la Porte de la Villette, à Paris. © Jgp
Concrètement, une enveloppe financière spécifique visant à accélérer la mise en œuvre du logement d’abord, représentant un financement global de 10 millions d’euros en 2018, sera répartie entre les 15 territoires retenus en fonction des besoins et des projets. L’AMI repose sur le principe de cofinancement et d’engagements conjoints de l’Etat et du territoire.
Cette enveloppe se décompose comme suit :
- Crédits « support » : 3 millions d’euros pour l’appui à l’ingénierie, le renforcement d’actions innovantes, l’observation sociale, le suivi et l’évaluation et la communication ;
- Crédits « mesures » : 7 millions d’euros de mesures nouvelles sur le programme 177 spécifiquement fléchées sur les 15 territoires pour le développement du logement adapté et accompagné.
Un rôle de chefdefilat
La MGP souhaite, en l’espèce, jouer un rôle de chefdefilat, « en inscrivant « le Logement d’abord » comme un des piliers de son action de planification et de programmation de l’habitat (plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement), participer de manière concrète à cette mobilisation dans le cadre du transfert du volet opérationnel de la compétence habitat et s’appuyer sur des partenaires acteurs de terrains pour la mettre en œuvre ». La métropole s’engage à consacrer à cette démarche un montant équivalent à celui mobilisé par l’Etat.
« Le territoire de la métropole fait face à une situation extrêmement tendue en matière de logement et d’hébergement », rappelle Patrick Ollier, président de la MGP, dans sa lettre de candidature adressée au ministre de la Cohésion des territoires. « L’ensemble des segments de l’offre d’hébergement et de logement est en effet saturé, les politiques de l’habitat et de l’hébergement sont cloisonnées, et les acteurs et les dispositifs sont multiples et non coordonnés », poursuit l’ancien ministre des Relations avec le Parlement.
« L’élaboration en cours du Plan métropolitain pour l’habitat et l’hébergement (PMHH) constitue à ce titre une opportunité que nous souhaitons saisir ensemble afin d’ancrer le « Logement d’abord » comme un axe essentiel de ce document stratégique », soulignent les associations partenaires.

Interview d’une personne logée au centre d’urgence « Grand froid » ouvert au sein du Paris event center de la Porte de la Villette. © Jgp
Les publics visés par ce plan sont les personnes sans-domicile au sens de l’Insee ainsi que les personnes en difficulté d’accès ou de maintien dans le logement pouvant mener à des ruptures (expulsions locatives, sorties d’institutions, troubles psychiques, etc.), dont les personnes vivant dans les bidonvilles, des installations illicites ou des squats, rappelle le ministère.
Le plan « Logement d’abord » implique de privilégier le développement de solutions pérennes de retour au logement, plutôt que la multiplication de réponses d’hébergement de court terme. En accélérant l’accès au logement des personnes à la rue et hébergées, le plan Logement d’abord entend fluidifier l’hébergement d’urgence afin de lui permettre de retrouver sa vocation première d’accueil inconditionnel pour les personnes en situation de grande détresse.
5 priorités
- Produire et mobiliser plus de logements abordables et adaptés aux besoins des personnes sans-abri et mal logées.
- Promouvoir et accélérer l’accès au logement et faciliter la mobilité résidentielle des personnes défavorisées.
- Mieux accompagner les personnes sans domicile et favoriser le maintien dans le logement.
- Prévenir les ruptures dans les parcours résidentiels et recentrer l’hébergement d’urgence sur ses missions de réponse immédiate et inconditionnelle.
- Mobiliser les acteurs et les territoires pour mettre en œuvre le principe du Logement d’abord.