L’utilisation par Jean-Michel Wilmotte et Bouygues bâtiment Ile-de-France d’une technologie utilisant des matériaux composites pour réaliser les bulbes de la cathédrale est une première mondiale. Visite en image du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe (CSCOR) où s’est rendu le 29 mai le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine.
Occupé à l’origine par le siège de Météo France, le site qui accueille le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe (CSCOR), récemment inauguré, qui a reçu lundi 29 mai 2017 la visite du président de la fédération de Russie Vladimir Poutine, se situe en bordure des berges de la Seine, classées au Patrimoine mondial de l’Unesco, à proximité immédiate de plusieurs sites touristiques parisiens très fréquentés.

Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré en octobre 2016. © AUGUSTO DA SILVA_AGENCE GRAPHIX

Le choix de la pierre noble de Massangis, en provenance de Bourgogne et fournie par l’entreprise Rocamat, qui recouvre notamment le pont d’Iéna, le Musée d’Art Moderne, ou encore les bâtiments du Trocadéro, renforce l’identité parisienne du centre. © AUGUSTO DA SILVA_AGENCE GRAPHIX

Les cinq bulbes sont recouverts d’un alliage d’or et de palladium appelé « Moon Gold », une dorure mate qui se différentie de l’or jaune utilisé, par exemple, pour le dôme des Invalides ou les statues du pont Alexandre III. © © AUGUSTO DA SILVA_AGENCE GRAPHIX
La mission du CSCOR est de faire connaître à un large public la richesse culturelle et spirituelle de la Russie, de promouvoir l’apprentissage de la langue russe en France, tout en contribuant au développement des relations franco-russes.
Le programme se compose de quatre bâtiments conçus pour entrer en résonance aussi bien entre eux qu’avec les bâtiments alentour :
- Un centre culturel (bâtiment Branly), comprenant deux salles d’exposition ;
- La cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité ;
- Un centre administratif (bâtiment Rapp), comprenant un auditorium de 209 places et son foyer, des bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie en France ainsi que des appartements pour les employées du centre ;
- Un pôle éducatif (bâtiment Université) qui pourra accueillir jusqu’à 150 élèves (enfants et adultes), comprenant des salles de classe et des ateliers, une bibliothèque et une cour avec un préau.
Insertion fine dans l’environnement
« Une attention particulière a été portée au volet paysager ainsi qu’aux transitions avec l’espace public afin de permettre une insertion fine des bâtiments dans leur environnement. On obtient ainsi une parcelle ouverte et aérée présentant une typologie (bâti + jardin) typique du 7e arrondissement, souligne le cabinet Wilmotte & associés. Dès le départ, le projet a été pensé comme un projet urbain. Par rapport au bâtiment de Météo France, une vraie respiration a été apportée : la construction d’un ensemble moins dense permet d’apporter de la fluidité, de dégager de l’espace afin de rendre l’îlot perméable au quartier. »
Une large allée a été créée pour assurer une transition douce entre le Palais de l’Alma et le nouvel ensemble. « Pour la première fois, les façades du Palais de l’Alma, jusqu’alors cachées par le bâtiment de Météo France, sont révélées au public. Une partie de ces façades a été reconstruite suivant les prescriptions des Monuments historiques. Côté rue de l’Université, entre le Palais de l’Alma et le futur pôle éducatif, une large cour a été créée, en partie couverte par une toiture en verre et isolée visuellement du Palais de l’Alma par un rideau végétal », fait également valoir l’architecte.
Pierre de Massangis
Le choix de la pierre noble de Massangis, en provenance de Bourgogne et fournie par l’entreprise Rocamat, qui recouvre notamment le pont d’Iéna, le Musée d’Art Moderne, ou encore les bâtiments du Trocadéro, renforce l’identité parisienne du Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe. Pas moins de 12 000 modules aux multiples profils, dont 72 profils uniques pour la Cathédrale et 25 pour les bâtiments Branly, Rapp et Université, constituent des façades dynamiques qui jouent avec la lumière.
Les bulbes, traditionnellement constitués d’une charpente en bois ou en métal et recouverts de feuilles de cuivre dorées, d’ardoise ou de céramique, présentent généralement une surface à « facettes ». Pour obtenir des bulbes totalement lisses tels qu’imaginés par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, Bouygues bâtiment Ile-deFrance a décidé d’utiliser des matériaux composites et a fait appel à l’entreprise Multiplast basée à Vannes, experte dans la fabrication de grands multicoques de course. Largement répandus dans l’industrie aéronautique et navale, les matériaux composites sont quasiment absents dans le bâtiment. L’utilisation de cette technologie pour réaliser les bulbes de la cathédrale est donc une première mondiale.
Les cinq bulbes sont recouverts d’un alliage d’or et de palladium appelé « Moon Gold », une dorure mate qui se différentie de l’or jaune utilisé, par exemple, pour le dôme des Invalides ou les statues du pont Alexandre III. Il aura fallu trois mois et pas moins de 90 000 feuilles d’or – chacune mesurant 8 x 8 cm de côté – pour couvrir les cinq bulbes, une opération menée dans les ateliers de Multiplast par l’entreprise parisienne Gohard.
Fiche technique :
Les intervenants :
- Maître d’ouvrage : Fédération de Russie
- Maître d’œuvre architecturale : Wilmotte & Associés
- Maîtrise d’œuvre de conception et d’exécution : Bouygues bâtiment Ile-de-France
- Entreprise générale : Bouygues bâtiment Ile-de-France
- Paysagiste : Louis Benech
Les bureaux d’études :
- BET Façade : VP & Green
- BET Structure : Ceba (Bouygues Bâtiment IDF)
- BET CVC / PLB / CFO / CFA: Arcoba
- BET Environment : Green Affair
- BET Acoustique : Lasa
- BET Sécurité Incendie : Apex Incendie
- Scénographie : Scène
- Géomètre : Geoperspectives
- BET VRD : Otci
- BET Restauration : Convergence
- Éclairagiste : Speeg + Michel et Associés
- Coordinateur SPS : Comet
- Bureau de Contrôle : Bureau Veritas
- Consultant BIM : Atelier Juno

Eglise et bâtiment Rapp. CSCOR. Centre culturel et église russe, le 5 octobre 2016. © LAURENT ZYLBERMAN_AGENCE GRAPHIX


