Un plan de lutte contre la pollution atmosphérique liée au trafic routier va être présenté au Conseil de Paris le 9 février 2015, assorti de mesures incitatives.
La qualité de l’air s’améliore dans la capitale, mais pas assez vite. Sur ce constat d’Airparif (*), la mairie a décidé de manier la carotte et le bâton en matière de pollution. Pour améliorer la qualité du parc, des aides à l’acquisition de véhicules électriques ou au gaz vont être votées. Elles existent déjà pour les taxis et sont en cours de discussion avec la Chambre de commerce et d’industrie pour les autres professionnels. « Les aides de la ville s’ajouteront à celles de l’Etat en cours de discussion au Parlement, observe Christophe Najdovski, adjoint aux transports. Nous discutons également avec la BPI pour mettre au point des crédits à taux préférentiel pour l’achat de véhicules. »
Le dispositif, qui concernerait les TPE de Paris et la petite couronne, devrait être présenté lors du conseil de mars (aide de 15 % du prix d’achat avec un maximum de 9 000 euros modulé selon le véhicule). Dernier avantage pour ceux qui roulent à l’électricité ou au gaz, la gratuité du stationnement qui pourrait être étendue aux hybrides rechargeables.
Concertation métropolitaine sur la pollution
S’agissant du bâton, de premières interdictions pour les cars et les camions les plus polluants pourraient entrer en vigueur dès le mois de juillet prochain. Ceux mis en service avant le 1er octobre 2001 ne pourraient plus circuler entre 8h et 20h. Des discussions sont en cours avec le gouvernement pour mettre en oeuvre ces mesures de manière expérimentale, dans l’attente des décrets d’application de la loi de transition énergétique permettant la création de zones à circulation restreinte. 10 % du parc pourraient être concernés, selon l’élu chargé des transports.
L’idée de l’équipe municipale est d’augmenter les restrictions au fil des années pour en 2020 n’autoriser que les véhicules « cinq étoiles » (mis en service après le 31 décembre 2010) à circuler sans restriction. « La mairie de Paris demande toujours la mise en place de la redevance d’usage prévue dans le cadre de l’écotaxe pour les poids lourds empruntant le périphérique », indique par ailleurs Christophe Najdovski.
Au 1er janvier 2016, la compétence qualité de l’air ira à la métropole du Grand Paris. Le sujet a été évoqué lors de la réunion de Paris métropole du 9 janvier dernier qui a conclu à la nécessité de travailler en commun. Un comité de pilotage a donc été installé au niveau métropolitain pour « métropoliser ces mesures », ajoute l’élu qui signale que les intercommunalités de petites couronnes (Grand Paris Seine ouest, Plaine commune et Est ensemble) ont déjà manifesté leur accord.
* Airparif a mené une étude de 2002 à 2012 démontrant que les émissions de particules fines ont diminué de 35 %, d’oxyde d’azote de 30 % et celles de CO2 de 13 % sur la période.
