Françoise Delettre, directrice générale d’Icade Santé, décrit l’activité d’Icade dans le domaine des établissements privés de santé en Ile-de-France.
A quoi sont dûs les bons résultats d’Icade Santé, que vous dirigez ?
Je rappellerais tout d’abord qu’Icade Santé est une foncière détenue à 56,5 % par Icade, les autres actionnaires étant des investisseurs institutionnels français assureurs-vie. Notre patrimoine est constitué par les murs des établissements de santé privés, cliniques, hôpitaux privés, centres de soins de suite, ou de psychiatrie. Nous ne sommes pas présents dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), notamment parce qu’il s’agit d’actifs à la rentabilité plus faible. Nos bons résultats ne sont pas, pour autant, complètement déliés du vieillissement de la population.
Les personnes âgées, en effet, se font davantage soigner, mais le secteur de la santé est également en croissance avec l’amélioration des exigences et des techniques médicales et des facteurs sociétaux tels que les maladies chroniques. Cela aboutit à une surconsommation de soins par rapport aux décennies précédentes. Il faut donc des locaux, que l’on aménage différemment depuis quelques années, notamment eu égard au développement des techniques de soins ambulatoires. Cela requiert moins de chambres et davantage de circuits de soins et de plateaux techniques à l’intérieur des établissements. Il faut s’y adapter. Notre connaissance du secteur nous le permet. Si Icade Santé fêtera ses dix ans cette année, Icade intervient dans le domaine de la santé depuis plus de 40 ans, avec une expérience en mandat ou en maîtrise d’ouvrage déléguée ainsi qu’en promotion pour de nombreux établissements, hôpitaux publics et cliniques privées.
Quelles sont vos activités en Ile-de-France ?
Il y a peu de cliniques privées dans Paris, parce que de nombreux hôpitaux publics sont présents. Nous possédons la clinique de la Muette, dans le 16° arrondissement, spécialisée en maternité et en ophtalmologie. En périphérie de Paris, nous sommes propriétaires d‘établissements aux deux extrémités géographiques régionales, avec des établissements situés dans l’est parisien, à Nogent, Bry-sur-Marne, ainsi qu’à l’ouest, au Chesnay. Nous détenons également des établissements importants là où il n’y a pas d’hôpitaux. C’est le cas, par exemple, à Trappes, où notre clinique, gérée par notre partenaire Ramsay général de santé, tient lieu d’hôpital. De nombreux exploitants, qui possédaient les murs de leurs établissements, ont choisi de s’en dessaisir au cours des dernières années. Nous avons gagné de nombreux appels d’offres auprès des principaux exploitants nationaux. Nous sommes ainsi le bailleur des plus importants exploitants d’établissements privés de santé d’Ile-de-France, et la première foncière de santé sur la France entière.
Quelques chiffres reflétant votre activité francilienne ?
Icade Santé possède en Ile-de-France 15 actifs, représentant 16 % de son patrimoine national, pour une valeur hors droits de 636 millions d’euros (soit 18 % du patrimoine). Avec 2 727 lits et places dans des établissements privés de santé en Ile-de-France (15 % de notre patrimoine), nous percevons 38 millions d’euros de loyers (18 % du patrimoine).
Quels sont vos projets en Ile-de-France ?
En Ile-de-France, les cliniques nouvelles sont rares. Le système est réglementé, les agences régionales de santé (ARS) n’octroient que très peu de nouvelles autorisations. Il s’agit d’un marché très protégé. D’autant que le financement provient de la sécurité sociale. Nous avons des prospects pour des acquisitions et quatre établissements en construction en France qui proviennent de regroupements. Nous sommes une foncière de rendement, autour de 5 à 6 %, avec un portefeuille stable et non d’arbitrage et de plus-value. Nos actionnaires recherchent des placements à long terme.
