L’Office public de l’habitat montreuillois (OPHM), qui affiche un passif d’une vingtaine de millions d’euros, a signé, ce lundi 12 décembre 2016, un protocole de consolidation de ses fonds propres avec la ville et la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS).
Les difficultés budgétaires rencontrées par l’Office public de l’habitat Montreuillois (OPHM) ont suivi l’absorption par l’office montreuillois d’une SEM de 3 500 logements, caractérisée par un passif important. « Les dirigeants de l’époque n’ont sans doute pas mesuré les incidences de cette intégration sur les équilibres de l’office », indique Jean-Luc Bonabeau, actuel directeur de l’OPHM.

« Avec le protocole de consolidation que nous signons aujourd’hui, nous pouvons enfin nous tourner vers l’avenir », indique Patrice Bessac, maire de Montreuil. © Jgp
En 2015, un contrôle sur les comptes et la gestion de l’OPHM avait été réalisé par l’Inspection générale des finances, rappelle la commune. Parallèlement, un audit financier avait été mené à la demande du nouveau maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), nouveau président de l’OPHM. Ces deux rapports font apparaître alors une situation financière qui s’est dégradée sur la période 2009-2014. Sont ainsi épinglés :
- la forte baisse du résultat net de plus de 70 %, passant de 3,74 millions à 1,08 million d’euros,
- des coûts de structure qui se sont considérablement accrus,
- un nombre « d’équivalent temps plein » en augmentation moyenne de 4,22 % par an alors que le parc de logement n’a progressé que de 1,86 % par an sur la même période,
- des comptes d’exploitation pénalisés par une taxe foncière sur le patrimoine bâti importante en raison de l’âge du parc,
- un bilan fragilisé par les démolitions-reconstructions du premier programme de renouvellement urbain (PRU) de 2010.
Résultat : « il y a un an et demi, l’OPH affiche un potentiel financier négatif de 20 millions sur un budget de 60 millions d’euros », résume Jean-Luc Bonabeau. D’où le protocole signé ce lundi 12 décembre. Il prévoit un retour à l’équilibre en 2020, avec un apport de 4,5 millions par la CGLLS, et autant par la ville. « Le maire a souhaité en particulier que les efforts des différentes parties prenantes soient équitablement répartis », souligne Jean-Luc Bonabeau.
« Avec le protocole de consolidation que nous signons aujourd’hui, nous pouvons enfin nous tourner vers l’avenir et mettre en œuvre le vaste programme de réhabilitation du patrimoine que des milliers de Montreuillois attendent depuis de nombreuses années, souligne Patrice Bessac, maire de Montreuil et président de l’OPHM. C’est aussi l’assurance de poursuivre la construction de logements sociaux, réponse indispensable à la crise du logement qui sévit en Ile-de-France », poursuit-il.
Un plan sur 5 ans pour retrouver l’équilibre
Les efforts demandés à l’Office sont estimés à 14,3 millions d’euros :
- maîtrise des frais de gestion (limitation du recours à des prestataires extérieurs, développement des compétences et internalisation des savoir-faire),
- optimisation des recettes (réduction des écarts entre les loyers pratiqués et les loyers plafonds à la relocation),
- poursuite des opérations d’accession sociale,
- réaménagement de la dette. Le protocole va permettre un allègement de 200 000 euros/an.
- maîtrise de la masse salariale (projet de création d’un Groupement d’Intérêt Économique à l’échelle du territoire d’Est Ensemble pour mutualiser des fonctions support).
Les efforts programmés permettront à l’OPHM de continuer à faire face à la demande toujours importante en matière de logement social à Montreuil. Ainsi, l’OPHM mettra bien en œuvre son plan stratégique de patrimoine prévoyant plus de 100 millions d’euros d’investissement d’ici à 2020 afin de :
- construire 288 logements neufs,
- réhabiliter 3 267 logements,
- renouveler des équipements des résidences dans les parties communes et les logements pour pallier la vétusté du parc et les faibles dépenses de maintenance,
- résidentialiser 1 257 logements (Théophile-Sueur, Paul-Vaillant-Couturier, Ramenas, Edouard-Branly et Mare à l’âne).
« Parallèlement, avec l’aide de l’État, dans le cadre de la rénovation urbaine des quartiers prioritaires, les réhabilitations et résidentialisations seront bien menées à leur terme : 580 logements au Clos Français, 580 logements à Montreau A1 ainsi que 527 logements à la résidence La Noue… », assure la municipalité.