La chaleur délivrée par le réseau de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) pourrait dès 2016 être produite majoritairement grâce à des énergies renouvelables et de récupérations (ENR&R).
Le projet de co-combustion engagé dans la centrale de Saint-Ouen de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) est stratégique. Il va permettre d’augmenter de 10 % le taux d’énergies renouvelables et de récupérations (ENR&R) dans le mix énergétique du réseau de chaleur parisien pour le porter à 50 %, sans qu’il y ait besoin de construire de nouvelle usine de production, ni de nouveau réseau.
Au terme des travaux, dont le montant est évalué à 76,8 millions d’euros par la société d’économie mixte, filiale de la ville de Paris et de Cofely (Groupe Engie, ex-GDF-Suez), la centrale de Saint-Ouen ne sera plus alimentée exclusivement par du charbon, mais à 50 % par de la biomasse constituée de granulés de bois. Pour ce faire, il est prévu de modifier la centrale thermique à charbon existante, de construire une nouvelle installation comprenant un centre de stockage biomasse, et d’aménager un nouveau site de déchargement du charbon et des granulés de bois qui arriveront par train.
Lors de sa séance de juin 2015, le Conseil de Paris doit accorder une garantie de la ville (à 50 % avec l’autre actionnaire de la CPCU, Engie) pour un emprunt auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) qui permettra de boucler le financement du projet.
« Bouquet énergétique vertueux »
Les travaux, financés pour moitié sur les fonds propres de la CPCU, ont déjà commencé. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un avenant au contrat de délégation datant de 2012 qui a défini le cadre permettant de favoriser l’introduction de sources d’ENR&R au sein du bouquet énergétique du concessionnaire. Pour alimenter son réseau de chaleur urbaine, le plus important de France (500 000 équivalents logements dans 17 communes dont Paris), la CPCU compte en effet sur trois sites de valorisation énergétique des déchets ménagers du SYCTOM, « base de la chaleur livrée par CPCU », mais aussi sur huit sites de production d’énergie. « Le recours aux énergies fossiles a lieu en périodes dites « de pointe » c’est-à-dire lors de forte demande de chaleur », précise l’opérateur qui souhaite « développer un bouquet énergétique vertueux grâce aux développements potentiels en biomasse, géothermie, récupération de la chaleur des égouts et co-combustion bois-charbon ».
Les deux chaudières à charbon de l’unité de production « Saint-Ouen 2 » produisent environ 20 % de la chaleur distribuée par le réseau parisien. Le projet de co-combustion, qui a fait l’objet d’une délibération spécifique du Conseil de Paris en 2013, a un réel intérêt écologique : le nouveau mode de production réduira les émissions de CO2 et de polluants locaux. L’utilisation accrue du ferroviaire devrait également permettre de supprimer 3 000 rotations de camions par an. Mais l’intérêt est aussi économique : dès que le taux de 50 % d’ENR&R dans le mix énergétique sera atteint, le délégataire pourra appliquer un taux de TVA réduit (5,5 %) sur l’ensemble de la facture de tous les usagers.
