Pour renforcer la capacité hôtelière de la métropole et diversifier les catégories d’hébergement, la ville de Paris a fixé un objectif de production de 12 000 chambres supplémentaires sur la période 2014/2020 dont 6 000 sur Paris. Pour ce faire, initiatives publiques (par la mise à disposition de foncier) et privées sont menées conjointement.
En 2015, Paris offrait 82 000 chambres dont 864 ont été créées entre 2014 et 2015. En effet, cinq nouveaux établissements ont ouvert leurs portes, répartis entre la porte des Lilas (265), Molitor (124), la porte des Ternes (148), la porte de Choisy (182) et Maison internationale de séjour ZAC Bédier (154). En 2016, deux nouveaux établissements de 224 chambres s’ajoutent à cette liste, dont un Novotel situé porte de Vanves (99) qui a ouvert le 31 mars et une résidence hôtelière boulevard d’Indochine.
A partir de 2017, 20 autres sites municipaux ou des opérations d’aménagement (dont cinq issus de la démarche d’appel à projets « Réinventer Paris ») accueilleront des hébergements touristiques de typologies divers : hôtels, résidences hôtelières, auberges de jeunesse, « à des degrés divers de définition de calendrier d’ouverture », indique le cabinet de Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris chargé du sport et du tourisme. Ceux-ci représentent environ 3 800 chambres supplémentaires.
Gare des Mines-Fillettes
« Plusieurs autres sites sont fortement pressentis ou à l’étude pour accueillir des hébergements touristiques au-delà de 2020, tels que Bercy Charenton ou la Gare des Mines-Fillettes », ajoute le cabinet. Ces projets relèvent de l’initiative publique, c’est-à-dire qu’une trentaine de terrains municipaux ou dans le cadre de SEM d’aménagement sont vendus à des investisseurs privés pour qu’ils construisent des hébergements touristiques. Concernant le marché privé, 2 600 chambres ou unités en résidence hôtelière ont fait l’objet d’un permis de construire sur la période 2014/2015. « A raison d’un rythme de 1 000 chambres par an, 5 000 nouvelles chambres pourraient faire l’objet d’un permis de construire d’ici à 2020″, anticipe Clara Fayard, conseillère tourisme à la ville de Paris. Sous réserve bien entendu d’une « conjoncture touristique favorable ».
Le plan hôtelier ne prévoit pas de « quota » par catégorie d’hôtel, mais souhaite « contrebalancer les tendances du marché privé qui produit presqu’exclusivement de l’hôtellerie haut de gamme » et « maintenir une diversité d’hébergements touristiques », fait valoir le cabinet de Jean-François Martins. Sur les terrains publics sont par conséquent privilégiées les catégories moyennes et les auberges de jeunesse. La ville de Paris a également engagé une démarche de concertation avec les collectivités locales du Grand Paris pour « une stratégie partagée de développement hôtelier ».
Un hôtel de luxe dans l’enceinte du château de Versailles
Inoccupés depuis 2008, les trois bâtiments longeant le parterre de l’Orangerie du château de Versailles, à savoir le Grand contrôle, le Petit contrôle et le Pavillon des premières cent marches, vont être transformés en hôtel haut de gamme d’une vingtaine de chambres et restaurant gastronomique d’ici à 2018. Pour réaliser cette délicate mutation, l’Etablissement public de Versailles a choisi le groupement composé de Lov hôtel collection (la société d’hôtellerie de luxe de Stéphane Courbit) et d’Alain Ducasse entreprise. Ces investisseurs privés qui bénéficient d’une concession de 40 ans devront rénover intégralement le bâtiment totalisant 2 800 m2, soit un investissement de 4 à 7 millions d’euros et le transformer en vue de ses nouvelles destinations. « La requalification de ces bâtiments s’inscrit dans la politique de valorisation des espaces et d’implantation d’activités économiques dans les monuments historiques définie en 2009 par le Ministère de la culture et le Secrétariat au tourisme », argue sans davantage de précisions l’Etablissement public de Versailles.

