Tribune – « Territoires : le Premier ministre fait le choix de la tambouille politicienne »

Dans un communiqué, doublé d’une lettre au Premier ministre, Françoise Baud, maire de Valenton, Philippe Bouyssou maire d’Ivry-sur-Seine, Didier Guillaume maire de Choisy-le-Roi, Jean-Claude Kennedy maire de Vitry-sur-Seine, et Michel Leprêtre président de la CA Seine-Amont s’en prennent vigoureusement au choix de définition des territoires de la MGP tel que présenté vendredi 10 juillet par la mission de préfiguration.

« Le Premier ministre vient de rendre public ses propositions de découpage des territoires de la métropole du Grand Paris. Pour les citoyens et les maires de la Seine-Amont, plus grand territoire de développement de la métropole, ces propositions sont consternantes. Au lieu de partir des dynamiques de projet, des coopérations locales, des initiatives portées par les élus locaux, le Premier ministre fait le choix de la tambouille politicienne et de petits arrangements en famille. Contre toute logique de projet, Manuel Valls rattache les communes de Valenton et Villeneuve-Saint-Georges au territoire de « PlaineCentrale-Plateau Briard », tandis que Maisons-Alfort et Saint-Maur-des-Fossés voisines et insérées entre Créteil et Alfortville sont rattachées au territoire de l’Actep, dont ni l’une ni l’autre ne font pourtant partie !

Le Premier ministre s’emploie à un charcutage bien grossier pour tenter d’assurer une majorité à ses amis. Les électeurs ont sanctionnés le gouvernement lors des élections municipales et départementales. Qu’à cela ne tienne, le Prince Valls tente de supprimer les départements et de redécouper le territoire des communes ! Tout cela est pitoyable.

« Respecter les dynamiques de projet »

Pour notre part, nous défendons avec constance un territoire inscrit dans le SDRIF depuis 20 ans, respectueux des dynamiques de projet, du périmètre de l’Opération d’Intérêt National Orly-Rungis-Seine-Amont à laquelle participe l’État, et des Contrats de Développement Territorial signés avec l’État.

Les villes de Valenton et de Villeneuve-Saint-Georges font partie de tous ces dispositifs avec la Seine-Amont. Leurs exclusions sont d’autant plus scandaleuses que la commune de Valenton a délibéré pour adhérer à la CASA le 1er juillet 2014 et que les conseils municipaux et communautaire ont répondu favorablement à cette demande. La commune de Villeneuve-Saint-Georges s’est quant à elle prononcée pour rejoindre le territoire élargi d’OrlyRungis-Seine-Amont-Val-de-Bièvre.

Un attachement à la proximité

C’est en outre totalement inattendu : Lors d’une audience que le préfet de
Région Carenco, co-président de la Mission de préfiguration nous a accordée il y a quelques jours, ce dernier a confirmé que rien ne s’opposait à ce que la commune de Valenton soit dans le même périmètre que Seine-Amont.

Quant à Villeneuve-Saint-Georges, aucun scénario présenté jusqu’à aujourd’hui ne la rattachait à Plaine-CentralePlateau Briard ! Des débats organisés ce mois de juin dans nos villes et qui ont rassemblés plus de 1 000 habitants ont permis aux citoyens d’exprimer leur vision de la métropole. Ils ont manifesté leur attachement à la proximité, à la solidarité et surtout à des territoires de projet qui permettent de bâtir des politiques publiques qui répondent à leurs besoins économiques, sociaux, de transports et de logement. Aucun territoire de la Métropole n’a concerté autant de citoyens. Le caractère populaire de nos territoires serait-il aux yeux du Premier ministre un motif de défiance ?

Une carte « dessinée dans les salons de Matignon »

Au mépris des citoyens, des élus locaux, des maires, des projets et des politiques menés depuis des années, Manuel Valls dessine dans les salons de Matignon, des territoires sur la base de minables calculs politiciens. Cette méthode nous révolte. Alors que la défiance envers les responsables politiques n’a jamais été aussi forte, cette manière de faire ne peut que renforcer la crise politique majeure que nous traversons.

« L’action publique locale risque d’être stoppée »

Les résultats pourraient être désastreux : l’action publique locale risque d’être stoppée, les projets engagés seront ralentis voire arrêtés et les réponses apportées aux habitants vont se dégrader. Or sur le territoire de Seine-Amont, 4 millions de m2 sont programmés pour du logement, des équipements et de l’emploi productif. Que cherche le Premier ministre ?

Nous ne participerons pas aux petits arrangements en famille du 1er ministre. Les communes de Valenton et Villeneuve-Saint-Georges avec lesquelles nous travaillons depuis des décennies, et qui ont manifesté leur volonté doivent être respectées. La Métropole et la République méritent mieux que ces vils charcutages. Vous ne passerez pas en force. La force appartient au peuple. »

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