Rénovation thermique : La Banque postale s’engage avec la Métropole

La métropole du Grand Paris et La Banque postale ont signé, mardi 23 février 2021, une convention de partenariat. Objectif : garantir des financements adaptés à la rénovation énergétique du tissu pavillonnaire du Grand Paris.

Après le tiers de confiance prescripteur, représenté par le maire, le tiers de confiance technique, grâce à des artisans formés par le dispositif de formation-action Dorémi (Dispositif opérationnel de rénovation énergétique des maisons individuelles, développé depuis 2012 par l’Institut négaWatt), il ne manquait plus que le tiers de confiance financeur, même si la banque éthique La Nef jouait déjà les précurseurs. C’est chose faite avec la convention de partenariat signée mardi 23 février 2021 entre la métropole du Grand Paris et La Banque postale. Cette dernière, représentée par son président du directoire Philippe Heim, va mettre à disposition toute une gamme de prêts adaptés à la rénovation énergétique des pavillons.

Patrick Ollier et Xavier Lemoine. © Jgp

Patrick Chaimovitch (Colombes, vice-président de la MGP en charge de la rénovation énergétique), Xavier Lemoine (Montfermeil, en charge de l’économie circulaire), Daniel Guiraud (Les Lilas, en charge de la transition écologique), Patrick Ollier, Philippe Heim (président du directoire de La Banque postale) et Olivier Sichel (directeur délégué de la Caisse des dépôts et consignations). © Jgp

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), ville expérimentatrice – tout comme Sceaux (Hauts-de-Seine) – du Prep (parcours de rénovation énergétique performante), était présent au siège de La Banque postale, rue de Sèvres à Paris (7e arr.), pour cette cérémonie. « Nous avons inventé le Prep à Montfermeil, indique l’élu, en constatant que le tissu pavillonnaire était devenu pour partie un piège à pauvreté ». Avec des habitants peu enclins à se lancer dans des travaux de rénovation énergétique, jugés complexes et parfois échaudés par des artisans peu scrupuleux.

Créer la confiance

L’idée du Prep est de créer de la confiance. « J’ai commencé par offrir une page de publicité dans le journal municipal de Montfermeil à un artisan qui proposait des travaux de rénovation énergétique des combles pour un euro. Cette annonce était assortie d’un rendez-vous, dans le centre de Montfermeil, un samedi matin. Pas un habitant ne s’est présenté. Quelques mois plus tard, j’ai rédigé un éditorial détaillant l’intérêt de la rénovation énergétique et fixant moi-même rendez-vous aux habitants intéressés : 150 personnes se sont déplacées et 90 pavillons ont ainsi pu enclencher des travaux », raconte Xavier Lemoine.

L’élu oriente ses administrés à la fois vers des artisans dûment formés à la rénovation globale par le biais du dispositif de formation action Dorémi et, d’autre part, vers les Agences locales de l’énergie du climat (Alec), financièrement soutenues par la Métropole et dont les conseillers vont accompagner les propriétaires de pavillons dans le montage des dossiers financiers. Ceci afin de mobiliser au mieux les aides les plus adaptées dans le dédale des quelques 53 dispositifs recensés, dont Maprimrénov est le plus récent.

Un coût annihilé

Enfin, un tiers de confiance financier, en l’occurrence La Banque postale, attribuera des prêts préférentiels pour financer le reste à charge. « L’idée est que les gains réalisés grâce aux économies d’énergie obtenues soient égal au montant des annuités de crédits », indique Xavier Lemoine. Ainsi, le coût de la rénovation énergétique est annihilé. Mais pour cela, insiste l’élu, comme l’Ademe l’a parfaitement documenté, il est nécessaire de réaliser des travaux d’ensemble, globaux, et non parcellaires. Des travaux dont le coût moyen est estimé à une cinquantaine de milliers d’euros.

Jumelé avec le Service d’accompagnement à la rénovation énergétique (Sare), mis en place par l’Etat avec la MGP, le Prep est destiné à s’élargir à une cinquantaine de communes de la métropole du Grand Paris, comme l’a rappelé le président Ollier. La rénovation de 500 pavillons est ainsi visée. La route sera longue, puisque la Métropole compte 445 000 maisons individuelles.

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