Hauts-de-Seine : un potentiel à préserver

Le département de l’ouest parisien, qui concentre le plus grand nombre d’entreprises après Paris mais pâtit du coût élevé de ses logements, cherche à préserver son potentiel économique. Quitte à s’allier avec son voisin yvelinois.

Fort d’un socle économique, industriel et surtout financier puissant, le département des Hauts-de-Seine présente bien des atouts, en dépit d’une configuration en forme de croissant plutôt pénalisante, étirant le territoire de Villeneuve-la-Garenne au nord à Antony au sud. Si le quartier d’affaires de La Défense-Seine Arche reste toujours à l’origine de cette manne, d’autres secteurs contribuent aussi au dynamisme des Hauts-de-Seine. Citons notamment Gennevilliers avec le deuxième port fluvial d’Europe, Boulogne-Billancourt où se développe un pôle culturel d’envergure, et Issy-les-Moulineaux confortant sa position de leader de l’économie numérique. Au total, le PIB des Hauts-de-Seine représente 23 % du PIB francilien, soit 73,3 milliards d’euros, et les investissements devraient atteindre 569 millions d’euros en 2016.

Depuis le 1er janvier et la création de la métropole du Grand Paris (MGP), l’organisation territoriale a divisé les Hauts-de-Seine en quatre établissements publics territoriaux (EPT) : Boucle Nord de Seine, Paris Ouest La Défense, Grand Paris Seine Ouest et Vallée Sud Grand Paris. L’enjeu pour les mois – voire les années – à venir va consister à faire travailler ensemble les élus locaux dont une partie y est peu habituée. « Nous sommes tous dans la découverte », reconnaît Jean-Yves Durance, président de la Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-Seine. « Cette nouvelle organisation territoriale et la MGP nous placent dans une grande incertitude / interrogation, elle est aussi source de beaucoup d’espoir. »

La grande arche de La Défense.

La grande arche de La Défense. © JGP

Si le département de l’ouest parisien concentre le plus grand nombre d’entreprises après Paris, son développement économique ralentirait. Le coût élevé des logements intermédiaires, plus marqué ici, et la perte progressive de la fiscalité économique (CVAE et CFE) des EPT au profit de la métropole risqueraient de pénaliser encore davantage un rebond de l’économie altoséquanaise. « Il est subordonné à la possibilité de loger la main-d’œuvre et aux ressources qu’il peut générer », précise Jean-Yves Durance.

Fusion des outils d’aménagement

Dans ce contexte, le projet de fusion des Hauts-de-Seine avec les Yvelines, relancé par les deux présidents en début d’année, complexifie un peu plus la donne, même s’il vise à accroître leur force de frappe. La première étape de ce rapprochement s’est concrétisée avec la fusion des outils d’aménagement (SEM 92, Yvelines aménagement mais aussi Semercli (Clichy) et Sarry 78 (SEM regroupant neuf communes des Yvelines) pour créer une SEM de 100 personnes « visant à offrir [aux élus] une alternative à Grand Paris aménagement », a souligné le président des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian à propos de cette nouvelle structure, baptisée Citallios et présidée par Pierre Bédier.

Le 23 mars, une nouvelle étape a été franchie avec l’installation du conseil d’administration d’un établissement interdépartemental Yvelines/Hauts-de-Seine qui, toujours selon Patrick Devedjian, doit devenir un « démonstrateur » de l’utilité du rapprochement entre les deux départements. Si la fusion reste envisagée, « il ne s’agit que de l’amorce d’un processus, tempère son homologue des Yvelines. Nous voulons d’abord créer les conditions d’un meilleur développement économique de nos départements », souligne Pierre Bédier. Et, bien sûr, peser dans la métropole naissante.

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