« Haute Agora » : éloge de la verticalité

Le Pavillon de l’Arsenal présente une exposition sur un projet de tour de 700 m qui s’éloigne radicalement des standards actuels et pourrait trouver sa place à Paris. 

Si le propos se veut prospectif et pointu, plus proche de la recherche architecturale en morphogenèse que de la présentation de solutions urbaines concrètes, l’exposition « Haute Agora » intéressera tous ceux qui s’interrogent sur la place des tours dans les grandes villes, et notamment à Paris dont population et élus sont réputés majoritairement hostiles à ce type de constructions. Mais le gain de place par la hauteur est une nécessaire réponse à l’inexorable densification des métropoles, ainsi que l’explique Jean-Christophe Quinton, directeur de l’école d’architecture de Versailles et commissaire scientifique de l’exposition avec les ingénieurs du bureau Bollinger + Grohmann : « Il existe dans notre société une contradiction fondamentale entre l’idée de croissance et nos ressources, aujourd’hui très clairement limitées. »

© Jgp

A partir de croquis, maquettes, dessins techniques, mais également d’un document de plus de 20 m détaillant les usages dans les différents étages et d’expériences de réalité virtuelle, l’exposition présente un projet de tour « fait pour accueillir les activités humaines », logements ou bureaux, très éloigné des standards passés et mêmes actuels.  Prévu pour mesurer 700 m, elle permet grâce à une structure tubulaire d’utiliser le moins de matière possible pour la construction ainsi que de ménager à l’intérieur même du bâtiment de grands espaces réunissant un ensemble de fonctions. « Il ne faut pas imaginer cette tour comme une suite d’étages superposés, mais comme un édifice qui réservera d’immenses vides, des jardins suspendus, de grandes promenades, des écosystèmes… »

Morphologie parisienne

Une telle tour pourrait-elle convertir les Parisiens aux immeubles de grande hauteur ? Jean-Christophe Quinton le pense : « Il ne faut pas une tour de 700 m à Paris, mais si vous êtes à La Défense ou dans certains lieux de la Capitale où la verticale est là, il ne me semble alors pas inenvisageable de travailler à une morphologie spécifiquement parisienne, qui placerait ces vides en rapport avec l’histoire de la ville. »

 

« Haute Agora », jusqu’au 31 mars. Pavillon de l’Arsenal, Paris. Entrée libre.

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