Grand Paris express : Mobilettre annonce le prochain départ de Philippe Yvin

Un article de Mobilettre affirme que le gouvernement a lancé le processus de recrutement du successeur de Philippe Yvin à la présidence du directoire de la Société du Grand Paris. Il serait remplacé par un technicien, sans que l’on sache, à ce stade, s’il s’agit d’un technicien des finances ou des métros automatiques. L’information n’a été confirmée par aucune source officielle.

Selon Mobilettre, le gouvernement a missionné un cabinet de recrutement pour trouver un successeur à Philippe Yvin à la présidence du directoire de la Société du Grand Paris (SGP). Si aucune information ne le confirme et que la SGP se garde, pour l’heure, de commenter cet article, différents membres du gouvernement ont tenu récemment, selon nos informations, des propos alarmistes sur les risques de non-tenue du calendrier de construction des lignes du réseau du Grand Paris express.

Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris. © Jgp

Des propos affirmant qu’en l’état, les délais de construction du réseau de métro automatique ne seraient tenus ni pour les JO de 2024, ni pour l’Expo universelle de 2025. Ces ministres évoqueraient, selon nos informations, des effectifs de maîtrise d’ouvrage de même qu’un nombre de tunneliers insuffisants. Ce qui fait bondir certains experts du dossier.

Effectifs supplémentaires

Un élu fait remarquer que la Société du Grand Paris n’a eu de cesse de réclamer des effectifs supplémentaires, accordés au compte-goutte depuis sa création. Le 12 janvier, Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne, affirmait, lui, que « les retards et dérives sont dus avant tout à l’incohérence complète de l’Etat. Il limite arbitrairement le nombre d’emplois de la Société du Grand Paris à 220 salariés. Comment imaginer qu’avec ce petit nombre de salariés, cette société soit en mesure de gérer un chantier hors normes, de plus de 30 milliards d’euros ? » L’élu demandait donc l’embauche rapide de 300 salariés supplémentaires.

Extrait de l’article de Mobilettre en date du 15 janvier 2018. © Jgp

Concernant le nombre insuffisant de tunneliers, on rappelle que leur nombre dépend justement des crédits votés par le conseil de surveillance de la SGP. Crédits que le gouvernement souhaite brider pour associer la SGP à la réduction des déficits publics… « Nous avons des interrogations sur la capacité des entreprises désignées à réaliser les travaux, notamment, le nombre de tunneliers, rapporte un sénateur francilien de La République en marche. Nous attendons des réponses prochainement pour sécuriser les plannings. » La Société du Grand Paris a, elle, évoqué des ajustements du calendrier au printemps après justement le début des travaux des tunneliers.

Révision du calendrier

Quant aux surcoûts qu’aurait découverts le nouveau gouvernement, un élu familier du dossier rappelle que, plus on s’approche de l’objectif, plus les montants sont précis, prenant en compte, notamment, les divers imprévus rencontrés de même que l’évolution des périmètres d’intervention. « La question des coûts interroge celle du périmètre d’intervention de la SGP, souligne le responsable Grand Paris d’une société d’ingénierie. La réalisation d’ouvrages tels que l’entonnement de Champigny, de même que l’acquisition de matériel de maintenance de l’exploitation ne figuraient, pas, par exemple, dans le périmètre initial de la SGP », fait-on valoir. L’établissement public a également été sollicité pour participer à d’autres projets de transport francilien, à hauteur par exemple d’1,5 milliard d’euros pour le prolongement du RER E à l’ouest.

Maquette du tunnelier du Grand Paris express. © Jgp

Par ailleurs, la révision du calendrier d’une partie du réseau évoquée par le gouvernement depuis l’été 2017, et toujours pas connue à ce jour, vient accroître les retards déjà pris pour diverses raisons. Ainsi les marchés de la ligne 16, qui devaient être lancés à la fin de l’année 2017, sont suspendus dans l’attente des arbitrages. Au décalage traditionnel des projets d’infrastructures de ce type, que de nombreux experts anticipaient depuis des années, viennent donc s’ajouter ceux dus aux décisions politiques.

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