Franprix proactif face à la crise du Covid-19

Franprix (groupe Casino) compte 900 points de vente en France, dont 90 % sont situés en Ile-de-France. L’enseigne a mis en place des mesures de protection pour ses clients et employés dès l’annonce des mesures de confinement. La clientèle et les collaborateurs du groupe ont dû s’habituer à de nouvelles façons de travailler et de consommer, qui posent d’autres questions pour l’avenir, notamment sur l’importance de l’espace public devant les magasins.

Mardi 17 mars, alors que les mesures de confinement ont été annoncées la veille, des bâches sont installées devant les postes de travail des hôtes et hôtesses de caisse du point de vente de l’enseigne Franprix, situé au 102 rue de Réaumur, dans le 2e arrondissement de la Capitale. « Nous avons servi de ‘magasin test’ pour la mise en place des mesures de distanciation physique, confie Quentin Hébert, responsable du magasin, des prestataires sont intervenus le 17 à 8h30 du matin pour installer des bâches séparant les clients des employés en caisse, et mettre en place des marquages au sol », poursuit-il, des mesures censées rendre visible la fameuse distanciation physique qui devait être appliquée par l’ensemble de la population pour se prémunir de la propagation du Covid-19.

« Les clients sont compréhensifs »

Le jeune responsable du Franprix de la rue Réaumur accueille les clients et leur rappelle l’obligation de se laver les mains avec du gel hydroalcoolique dès leur entrée dans les lieux.

Caissière masquée, Franprix Réaumur. © Jgp

Les clients sont tenus de se laver les mains en entrant dans le supermarché. © Jgp

« Les clients sont compréhensifs, nous avons mis en place les affiches rappelant les gestes barrières et l’obligation de l’utilisation de gel hydroalcoolique avant même le début du confinement », souligne-t-il. Elsa (*), responsable d’un point de vente du 17e arrondissement, abonde dans le sens de l’anticipation de la crise par les responsables de l’enseigne : « des plaques fines de plastique ont été suspendues au plafond dès le lendemain du début du confinement, des masques et du gel ont été livrés, et nous avons pu ouvrir sans problème », explique-t-elle.

« Nous avons mis sur le terrain 60 personnes, parmi nos prestataires habituels de service pour l’aménagement des magasins pour équiper nos 900 points de vente. Ces 30 équipes de deux personnes ont pu terminer le travail en une semaine », confirme François Alarcon, le directeur de la stratégie et de l’innovation chez Franprix. Gels et masques ont été commandés et livrés la semaine avant le confinement afin que les collaborateurs du groupe puissent venir travailler sans avoir la peur au ventre. « Nous nous sommes sentis concernés, avoir un masque ça rassure pour travailler », confirme Sandy (*), hôtesse de caisse dans le 17e.

Une hotline à destination des collaborateurs

« Nous avons mis en place une hotline à destination de nos collaborateurs pour répondre à leurs interrogations, qui ont concerné pour l’essentiel les arrêts de travail liés aux gardes d’enfants », souligne François Alarcon, pour qui les moyens déployés pour répondre aux inquiétudes des employés ont permis d’éviter un absentéisme important pendant la période de crise. « Au-delà des mesures physiques, nous nous sommes penchés également sur les conditions de transport des collaborateurs : nous avons ouvert plus tard et fermé plus tôt pour s’adapter aux offres de transport, nous avons regardé où habitaient nos collaborateurs pour les redéployer plus près de chez eux au besoin », poursuit le directeur de la stratégie.

« Les clients sont compréhensifs », indique-t-on chez Franprix. © Jgp

© Jgp

Quel coût pour ces mesures de distanciation ? La direction de Franprix refuse de répondre dans le détail, arguant que « le budget n’a jamais été une variable d’ajustement », tout en reconnaissant des « coûts importants ».

Quant aux leçons à retenir de cette crise, elles sont nombreuses pour la direction du groupe : « S’il n’y a jamais eu de pénurie, nous avons pu subir quelques difficultés de réapprovisionnement en flux tendus. Aurait-on pu anticiper la très forte tension sur des produits comme les pâtes ou la farine ? Peut-être. Sur d’autres produits, comme l’alcool ou encore les colorations pour les cheveux, l’anticipation n’était pas évidente », assure François Alarcon. Les mesures de distanciation et d’hygiène, en revanche, sont parties pour durer. Tout comme l’attrait pour la livraison à domicile, veut croire le directeur de l’innovation.

« Nous réfléchissons enfin à l’usage des trottoirs, qui ont pu servir de file d’attente pour réguler l’affluence dans nos points de vente. Il sera peut-être nécessaire d’échanger avec les collectivités sur le sujet. Nous soutenons en tout cas l’extension de l’espace public pour les piétons, notre clientèle est piétonne, et la promotion des mobilités douces fait partie de notre philosophie », anticipe François Alarcon. Quant aux conséquences de la crise sanitaire sur l’immobilier commercial, il est trop tôt pour y voir clair, selon lui.

 

* Les prénoms ont été modifiés.

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