Le jour de l’élection du président de la métropole du Grand Paris, Didier Bariani, vice-président de la Région en charge du Grand Paris, confirme sans détours la vive hostilité du nouvel exécutif régional contre l’institution naissante.
Patrick Ollier, nouveau président de la métropole du Grand Paris, a souligné, à plusieurs reprises, lors de son élection vendredi 22 janvier 2016, « que la métropole n’était pas en concurrence, ni en compétition » avec la Région. Mais Didier Bariani, vice-président en charge du Grand Paris au conseil régional d’Ile-de-France s’est empressé de démontrer que la réciproque n’était pas vérifiée. Après avoir félicité le président et les nouveaux responsables de la métropole du Grand Paris, « qui sont tous des élus de qualité et de compétence », le nouvel élu régional en charge du Grand Paris se livre à un nouveau réquisitoire contre la métropole.

Didier Bariani, vice-président de la Région en charge du Grand Paris se livre à une attaque frontale de la métropole le jour de sa naissance. ©Jgp
Alors que plusieurs élus régionaux avaient calmé le jeu après le discours très agressif de Valérie Pécresse le jour de son installation, cette deuxième salve semble démontrer que les hostilités ont bel et bien commencé. « Les élus métropolitains héritent d’une organisation territoriale d’une rare complexité », souligne-t-il. Pour l’ancien député-maire du 20° arrondissement de Paris, « la gouvernance territoriale qui découle des lois NOTRe et Maptam est d’une complexité sans équivalent dans le monde puisqu’elle amène à superposer cinq niveaux d’administration locale : commune, établissements publics territoriaux, département, métropole et région ».
Evolutivité permanente
« Cette multiplicité des niveaux de gouvernance, l’évolutivité programmée du périmètre de la MGP, les remises en cause permanentes des contextes institutionnels vont rendre très difficile pour les investisseurs l’identification des interlocuteurs capables de sécuriser leurs choix alors que la région parisienne a besoin d’investissements importants (logements, équipements publics, etc.) », poursuit l’ancien secrétaire d’Etat.
Il aurait beaucoup mieux valu concentrer les pouvoirs et les moyens sur la région plutôt que de créer une strate de plus, conclut-il.
« En outre, la nouvelle structure métropolitaine de Paris va devoir s’insérer dans une région qui a, comme elle, une compétence de développement économique, le pouvoir de soutenir l’accès au logement, l’appui à la politique de la ville ou encore à la rénovation urbaine. Mais, la métropole va exercer des compétences sans avoir les moyens d’attractivité dont disposent les grandes capitales concurrentes (infrastructures de transports, soutien des entreprises, etc.), car ces compétences sont confiées à la région », ajoute le nouveau vice-président.
« Il aurait beaucoup mieux valu concentrer les pouvoirs et les moyens sur la région plutôt que de créer une strate de plus, conclut-il. Les circuits de décisions en auraient été raccourcis et une réelle cohérence de l’action et des aménagements garantie. Mais ce découpage résulte manifestement d’un souci politique : une telle région métropolitaine francilienne aurait concurrencé directement le poids politique de l’Etat. »