Les 164 finalistes d’Inventons la métropole sont connus

La MGP, la SGP et l’Etat étaient côte à côte mercredi 1er mars 2017 pour dévoiler la liste des 164 groupements d’entreprises qui se disputeront la réalisation des projets innovants des 57 sites d’Inventons la métropole.

La présence de la presse internationale, américaine notamment, parmi la cinquantaine de journalistes présents pour couvrir la présentation de la liste des 164 finalistes d’Inventons la métropole du Grand Paris ne trompait pas. Le succès – et le buzz – du concours, quelques mois seulement après la naissance de la métropole, sont réels.

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La liste des 164 finalistes d’Inventons la métropole a été dévoilée le 1er mars par Patrick Ollier, Philippe Yvin et Michel Delpuech. © Jgp

Et Patrick Ollier n’a pas manqué de l’affirmer une nouvelle fois. « Alors que certains n’y croyaient pas, le succès d’Inventons la métropole, dû à l’investissement conjoint de la métropole, de la Société du Grand Paris et de l’Etat démontre que la MGP a su réussir son démarrage dans des conditions qui la rendent lisible », a-t-il souligné. A compter d’aujourd’hui, chacun des 164 finalistes vont rencontrer les propriétaires publics des 57 sites soumis au concours, pour préciser le cahier des charges et la nature des projets attendus sur chacun des périmètres. Si la première phase était « très libre », comme l’a rappelé Patrick Ollier, afin de ne pas trop en demander à des groupements qui ne seront pas rémunérés pour ce « premier jet », la deuxième phase, qui s’est donc ouverte mercredi 1er mars 2017, sera plus exigeante. Mais les architectes de chaque équipe, lauréats ou non, devront cette fois être indemnisés par le mandataire du groupement, a indiqué le président de la MGP.

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« Alors que certains n’y croyaient pas, le succès d’Inventons la métropole, dû à l’investissement conjoint de la métropole, de la Société du Grand Paris et de l’Etat démontre que la MGP a su réussir son démarrage dans des conditions qui la rendent lisible », a souligné Patrick Ollier. © Jgp

Les finalistes seront connus dès septembre prochain, une seconde saison d’Inventons la métropole devant être lancée avant l’été, comportant une cinquantaine de sites. Une deuxième saison, lors de laquelle le site de Noisy-le-Grand finalement retranché in extremis du concours pourrait réapparaître, comme l’a indiqué le préfet Delpuech, le Quartier de préparation à la sortie (QPS) que l’Etat entend bâtir sur ce périmètre ne devant occuper que 7000 des 39 000 m2 du site. Tout comme « Réinventer Paris », dont le concours métropolitain s’est inspiré, c’est l’innovation, qu’elle soit d’usage, fonctionnelle, énergétique ou numérique qui constituera le premier critère de choix des jurés. C’est à ce prix que l’on bâtira la ville de demain, la Smart city frugale, amène et durable, comme l’on répété les intervenants.

Engouement

Le président de la métropole a rappelé que l’engouement pour « le plus grand concours d’architecture et d’urbanisme d’Europe » s’était manifesté dès sa présentation, en octobre dernier au Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne, où 1 600 personnalités, professionnels de l’aménagement et élus, étaient présentes. Le maire de Rueil-Malmaison a donné quelques chiffres pour illustrer l’ampleur de l’opération : 57 sites, 220 ha de construction, 420 dossiers de candidatures, et, 6,4 milliards d’euros d’investissement, soit un point du PIB métropolitain, qui représente lui-même 25% de la richesse nationale. Des montants obtenus en appliquant un investissement moyen de 2 500 euros/m2 au 2,6 millions de m2 de construction attendus, comme l’a expliqué le nouveau préfet.

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Le nouveau préfet d’Ile-de-France s’est déclaré quant à lui « très heureux du fait que sa première sortie publique s’effectue à l’occasion d’un projet exemplaire de l’importance du fait métropolitain dans le développement des territoires ». © Jgp

A l’instar du franchissement Pleyel, pour lequel cinq groupements sont en lice pour la phase finale, certains projets, dont l’ampleur et la complexité le justifient dérogent à la règle selon laquelle trois dossiers par sites ont été retenus.

Skidmore, Owing & Merrill, Sou Fujimoto et les autres

« Inventons la Métropole du Grand Paris peut se targuer d’avoir réussi à attirer, aux côtés de jeunes agences françaises prometteuses, les grands noms de l’architecture internationale, qui, pour certains, ont peu construit en France, fait valoir la MGP.

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Dominique Perrault figure au nombre des signatures figurant parmi les finalistes d’Inventons la métropole, (Projet La Fabrique de la Culture Mandataire : Compagnie de Phalsbourg). © Jgp

De grandes signatures telles que Skidmore, Owing & Merrill (projet Charenton Parisdavenir,  mandataire : Bouygues Immobilier Direction Urbanera) ; Sou Fujimoto (projet La Fabrique , mandataire : REI Habitat) ; Rogers Stirk Habour & Partners (projet Green Lines, mandataire : Linkcity Ile-de-France) ; Dominique Perrault (projet La Fabrique de la Culture, mandataire : Compagnie de Phalsbourg) ; OMA (projet Made in Pleyel, mandataire : Foncière des Régions) ; Shigeru Ban (projet Pôle’n, mandataire : Cogedim Paris Métropole) ou MVRDV (projet La part belle au réemploi Emerige / Kaufman&Broad, mandataire : Emerige résidentiel) ont répondu à l’appel.

La présence de sites patrimoniaux tels que La Maison du Peuple à Clichy-la-Garenne ou de sites clefs comme le Franchissement Pleyel à St Denis promettent des réalisations architecturales remarquables, poursuivait-on dans l’entourage de Patrick Ollier. La qualité des sites fait la part belle aux agences de paysages, présentes dans la plupart des groupements. L’international y est aussi très représenté, puisque bon nombre des agences participantes viennent d’Europe du nord (Allemagne, Pays-Bas et Danemark en tête) ».

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Sogeprom à Issy-les Moulineaux « eternicity » : « crédits : mandataire : Sogeprom / architectes : AIA Architects – SANE »

Remerciements

Patrick Ollier a largement remercié les partenaires d’Inventons la métropole, en particulier les vice-présidents impliqués, nombreux à être présents lors de la présentation de la liste des finalistes. L’Atelier parisisien d’urbanisme (Apur), « qui a réalisé une étude de 800 pages pour documenter les sites du concours », les cabinets titulaires des marchés d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), Algoé et La Fabrique de la ville, les services de l’Etat, de la Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement DRIEA en particulier, ont ainsi été remerciés pour leur coopération. Tout comme l’ensemble des membres des 58 jurys qui se sont réunis entre le 7 et le 28 février dernier. Sans oublier Martin Guespereau, directeur du projet, dont le travail « remarquable, tout comme celui de l’ensemble des équipes de la MGP », a également été salué. La présence de nombreuses start-up et autres associations parmi les groupements (voir ci-dessous) a également été soulignée, tout comme l’importance accordée par les candidats à l’agriculture urbaine, présente dans plus d’un dossier sur deux.

Limiter l’étalement urbain

Philippe Yvin a salué à son tour un succès « très symbolique de la dynamique du Grand Paris qui s’est enclenchée ». Il s’est félicité de l’alliance nouée en l’occurrence entre la métropole et ses communes, l’Etat et les entreprises privées, alliance nécessaire pour réussir l’intensification de la ville, la limitation de l’étalement urbain dont le président du directoire de la Société du Grand Paris a réaffirmé la nécessité compte tenu des impératifs de la transition énergétique. Philippe Yvin a indiqué que les différents sites du concours, localisés pour l’essentiel entre le périphérique et l’A86, constituaient à la fois un vecteur d’attractivité pour les investissements internationaux en Ile-de-France mais aussi, potentiellement, la meilleure des vitrines pour exporter l’expertise des champions français de la mobilité et de la smart city.

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Icade à Issy les Moulineaux « Om » : « crédits : mandataire : Icade promotion / architecte : Architecture studio »

Le nouveau préfet d’Ile-de-France s’est déclaré quant à lui « très heureux du fait que sa première sortie publique s’effectue à l’occasion d’un projet exemplaire de l’importance du fait métropolitain dans le développement des territoires ». Michel Delpuech a souligné le caractère exceptionnel à ses yeux du concours, « par son ampleur, son caractère innovant et également en termes de management des politiques publiques ». « C’est avec la métropole, l’Etat, la SGP, l’ensemble des collectivités locales et les opérateurs privés, dans le partenariat, que l’on pourra faire avancer les grands dossiers », a-t-il déclaré.

42 % des finalistes parmi les grands groupes français

« Par son ampleur et sa diversité de paysages, allant du site patrimonial à la friche urbaine en passant par les quartiers des nouvelles gares du Grand Paris express, la consultation a naturellement mobilisé les grands groupes français du BTP et de la promotion immobilière, qui représentent 42 % des mandataires, souligne la métropole. Au total, les exploitants indépendants sont au nombre de 326 dans les groupements finalistes. Les petits promoteurs et les cabinets d’architectes ne sont cependant pas en reste, puisqu’ils représentent 58 % des mandataires sur les 164 dossiers actuellement retenus ». Une mention spéciale pour le spécialiste de la ventilation naturelle l’AMO environnement Franck Boutté qui bat son précédent record de « Réinventer Paris » avec une présence dans 42 dossiers finalistes d’Inventons la métropole.

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Emerige à Bagneux : « crédits : mandataire : Emerige résidentiel / architectes : Laraqui Bringer architecture et urbanisme – MVRDV BV »

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« crédits : mandataire : Foncière des régions / architectes : OMA – Explorations architecture – Data architectes – Bruther »

« Des projets aspirant à l’excellence environnementale »

« Pour cette première phase, les candidats ont été nombreux à traiter la question climatique, d’abord par le biais de l’approche bioclimatique, souligne-t-on à la métropole. Dans l’approche bioclimatique, la végétation n’est pas seulement esthétique, elle est aussi utile ; elle se fait comestible, dépolluante, isolante des nuisances sonores, voire les trois à la fois comme c’est le cas pour les projets retenus sur la ZAC Paul Bourget, dans le 13ème arrondissement de Paris, ajoute-t-on. Ici, les projets se parent d’une double peau végétale qui isole le bâtiment des nuisances, filtre l’air par un procédé de bio-filtration, et permet une ventilation naturelle des lieux. Des serres cultivées et des potagers urbains, placés sur les toits, viennent compléter le tableau. L’approche biomimétique, qui consiste à observer et à s’inspirer de la nature pour produire des applications respectueuses de l’environnement est aussi très prisée, indique également le MGP. Certains candidats ont d’ailleurs fait le choix d’axer leur projet principalement sur le biomimétisme, avec pour ambition de construire un lieu qui rassemble des puits de carbone, de la dépollution par mycorémediation (recours à des champignons pour épurer l’eau, la terre et le sol d’un milieu), de la phytoremédiation des eaux usées (épuration des eaux usées par l’usage d’algues et de champignons), des écopâturages et un mix énergétique 100% renouvelable. Cette volonté de renforcer l’excellence l’environnement et le bien-être des usagers est portée par la présence de plusieurs labels nationaux et internationaux, tels que les labels BiodiverCity, HQE, E+C-, BREEAM, BBCA et Well, présents dans plus de la moitié des candidatures. Enfin, il est à noter que plusieurs candidats traitent les risques environnementaux (tels que les inondations, la fragilité des sous-sols ou la pollution des sols) de certains sites par l’innovation, comme c’est le cas sur les sites de Clichy-sous-Bois, de Montreuil et de Joinville-le-Pont ».

 

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