Qualité de l’air : Paris toujours en-dehors des clous

Entre 2000 et 2017, les émissions de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote ont diminué en France sous l’effet des mesures mises en œuvre. Si le nombre d’agglomérations en dépassement tend à se réduire, Paris ne respecte pas les normes en matière de dioxyde d’azote (trafic routier) ni de particules fines.

Globalement on respire mieux en France ! C’est le résultat encourageant du dernier bilan de la qualité de l’air extérieur en 2017 que vient de diffuser le Commissariat général au développement durable (CGDD). « Les concentrations moyennes annuelles de polluants diminuent et les dépassements des normes réglementaires de qualité de l’air pour la protection de la santé affectent moins de zones », assure les auteurs. Les agglomérations touchées par des dépassements se situent en Ile-de-France, Normandie, Hauts-de-France et dans le Sud-Est.

L’autre bonne nouvelle de l’édition 2018 de ce bilan est que les mesures prises en faveur de la protection de l’environnement sont efficaces. Ainsi, entre 2000 et 2017, les émissions de dioxyde de soufre produites par l’industrie ont été réduites de trois quarts (77 %) du fait du développement des énergies renouvelables, des actions d’économie d’énergie, de l’utilisation de combustibles moins soufrés ou encore de la mise en conformité des installations.

Nombre d’années de dépassement des normes réglementaires de qualité de l’air pour la protection de la santé par agglomération pour les particules fines. A Paris, Lyon et Sallanches, il faut ajouter Fort de France. (Source : Géod’Air, juillet 2018 – traitement : SDES 2018)

Les oxydes d’azote (processus de combustion des moteurs) ont, de leur côté, diminué de 49 % grâce aux progrès réalisés dans le secteur du transport routier (renouvellement du parc de véhicules, équipement en pot catalytique…). « Ils ont permis de compenser l’intensification du trafic et l’accroissement du parc », prévient le CGDD qui rappelle qu’en 2016, « les véhicules diesel sont responsables de 96 % des émissions du transport routier pour le dioxyde et représentent 77 % du parc roulant ».

« Disparités géographiques »

De quoi donner des arguments à Anne Hidalgo en guerre contre les véhicules diesel. Un combat d’autant plus justifié que la Capitale française figure parmi les mauvais élèves en matière de respect des normes réglementaires de qualité de l’air. Au niveau européen, elles concernent principalement trois polluants : le dioxyde d’azote (NO2), les particules fines (notamment les PM10 d’un diamètre inférieur à 10 micromètres) et l’O3 (ozone – polluant secondaire qui se forme sous l’effet du rayonnement solaire et de réactions chimiques entre différents polluants). Les grandes agglomérations (plus de 250 000 habitants) sont les plus concernées.

Paris skyline at sunrise©zodebala

Si le CGDD constate une « baisse globale du nombre d’agglomérations en dépassement pour le NO2, les PM10 et l’O3 », cette amélioration « masque néanmoins des disparités géographiques » et 28 n’ont toujours pas respecté les normes en 2017. Plus précisément, cinq agglomérations enregistrent chaque année des dépassements de normes pour les NO2, à savoir Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Montpellier et Strasbourg.

En revanche, Paris est la seule à présenter chaque année des dépassements en matière de particules fines. Trois autres agglomérations sont concernées, Sallanches (Haute-Savoie), Lyon et Fort-de-France mais avec une, deux, voire trois années de respect des normes. « Si la France émet toujours moins de polluants dans l’air ambiant, les niveaux de pollution de l’air mesurés par le dispositif national de surveillance demeurent une menace pour la santé et l’écosystème », tient à rappeler le CGDD.

Sur le même sujet

Top