Predec : La Région réagit face à l’annonce d’un recours du Préfet

Les élus du groupe socialiste viennent d’écrire à Manuel Valls et Ségolène Royal pour leur faire part de leur étonnement face à l’annonce d’un recours préfectoral contre le Plan de prévention et de gestion des déchets issus des chantiers du BTP (Predec). Chantal Jouanno, vice-présidente de la Région en charge de l’environnement est sur la même longueur d’onde.

« Nous ne comprenons pas pourquoi le Préfet annonce aujourd’hui qu’il attaque le Predec devant la justice administrative alors que le plan, prévu par la loi et fruit d’une longue concertation, a été validé en juin 2015 », faisait-on valoir vendredi 12 février 2016 dans l’entourage de Chantal Jouanno, vice-présidente du conseil régional en charge de l’Environnement et du Développement durable.

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« La Région ne saurait poser ce type d’interdiction », estime Jean-François Carenco à propos du Predec. © Jgp

« J’ai déféré ce plan au tribunal pour le faire annuler dans les délais. La Région ne saurait poser ce type d’interdiction. C’est l’affaire de la loi. Et ce plan ne règle rien de nouveau en matière de déchets », estimait en effet quelques jours plus tôt Jean-François Carenco dans les colonnes du journal Les Echos.

Dans un courrier en date du 12 février, adressé au Premier ministre ainsi qu’à la ministre de l’environnement, de l’énergie, de la mer et des relations internationales sur le climat Ségolène Royal, les élus régionaux du groupe socialiste expriment également « leur surprise d’apprendre par voie de presse » cette demande d’annulation « d’un plan ambitieux, adopté en juin 2015 sous l’impulsion de la précédente majorité ».

Economie circulaire

« Ce plan est en effet indispensable à notre région puisqu’il permet d’anticiper les 43 millions de tonnes de déchets qui seront générées par les travaux du Grand Paris jusqu’en 2026 », estiment les élus socialistes et républicains sous la plume de leur président Carlos Da Silva. « Il favorise l’émergence de filière et d’une économie circulaire locale et contribue à développer le recyclage des matériaux, conformément au vote de la loi de transition énergétique, poursuivent les élus. Il prévoit en outre un moratoire sur le stockage de déchets de chantier en Seine-et-Marne afin d’assurer un plus juste équilibre de la répartition des déchets avec les autres départements franciliens », rappellent également les élus PS.

Pour beaucoup, c’est assurément ce moratoire seine-et-marnais, qui proscrit pendant plusieurs années toute création ou extension de décharges de déchets de chantier dans le 77, que le Préfet veut voir annuler. En conclusion, et après avoir rappelé que ce plan avait fait l’objet d’une large concertation, les élus socialistes demandent au gouvernement « de bien vouloir leur faire part de ses intentions sur ce dossier, en espérant pouvoir aboutir, le plus rapidement possible, au retrait de ce recours ».

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