Paris Ile-de-France 3e métropole pour l’investissement international

L’édition 2015 de l’étude Global cities investment monitor de Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE) et KPMG, dévoilée le 3 mars 2015, rapporte que le nombre d’investissements Greenfield (*) est passé de 119 à 170 en un an dans la région capitale.

Tandis que les investissements internationaux se stabilisent (+ 0,4 %) après des années de fortes baisses, l’Ile-de-France confirme en 2014 qu’elle attire de plus en plus, même si le niveau d’avant crise n’est pas encore retrouvé. A tout le moins, la baisse enregistrée de 2007 à 2012 est enrayée. Une embellie qui lui permet de passer du 7e au 3e rang parmi les métropoles mondiales, et ainsi de devancer Sao Paulo, Hongkong et New York. Londres et Shanghai restant loin devant. « Paris-Ile-de-France bénéficie de la fidélisation des investissements européens et du retour des Américains, qui est une très bonne nouvelle, remarque Chiara Corazza, directeur général de PCE. Mais nous sommes moins satisfaits des investissements asiatiques même si la Chine semble prendre la relève du Japon et de l’Inde. »

La région, qui capte 52 % des implantations françaises, voit en effet les projets venir tout d’abord d’Europe (51 %), devant l’Amérique du Nord (36 %, + 8 % sur un an), alors que l’Asie ne représente que 9 % (voir graphique ci-dessous). Un profil qui ressemble un peu à celui de Sao Paulo, traditionnellement très ciblée par les Européens (encore 44 % en 2014), mais qui voit l’Amérique du Nord s’y intéresser fortement (38 %, + 10 % sur un an). « Il y a une forme de spécialisation de certaines métropoles, remarque Nicolas Baudoin, directeur du développement middle market chez KPMG, avec des investissements qui proviennent d’Europe à 67 % à New York et d’Amérique du Nord à 51 % à Londres. »

Origine des investissements en Ile-de-France.

Origine des investissements en Ile-de-France.

Londres loin devant

La capitale anglaise est à la fois si proche géographiquement et si loin au classement avec 359 implantations en 2014 – plus qu’avant la crise –, contre 170 à Paris, son niveau de 2010. « Londres est une métropole depuis très longtemps, elle n’est pas vue comme une ville anglaise ou européenne, tout le monde peut s’y sentir chez soi », observe Chiara Corazza. La langue est un autre handicap pour Paris qui reste toutefois la porte d’entrée de l’Europe continentale avec les métropoles allemandes.

L’Ile-de-France peut aussi afficher sa satisfaction concernant les implantations de fonctions stratégiques, avec 107 projets en 2014 (60 en 2013) qui lui permettent là-aussi de figurer à la 3e place mondiale, loin du 8e rang de l’an passé. La région a notamment attiré 31 quartiers généraux contre 32 pour Londres et 5 centres de R&D, juste derrière Shanghai qui en a accueilli 7 et devant Londres (2). Selon Chiara Corazza, le crédit impôt recherche serait un des atouts français sur ce créneau. Paris figure aussi dans le top 3 pour les directions marketing et les centres de design, développement et formation.

« Les fonctions stratégiques est le créneau sur lequel nous nous battons le plus, affirme-t-elle, car ce sont des implantations à forte valeur ajoutée, et c’est donc là que la compétition est la plus rude. » Sur l’ensemble des fonctions stratégiques, Dublin a marqué une forte progression l’an passé (78 implantations, passe de la 10e à la 5e place), tandis que Hongkong (71, 6e à 8e) et surtout San Francisco (62, 5e à 10e) marquent un peu le pas.

L’atout du Grand Paris

Autre atout de Paris, la « diversité de son économie », note Pierre Simon, président de PCE. « Londres concentre surtout les investissements en matière de logiciels et de technologies de l’information [42 %] devant les services aux entreprises [15 %] et financiers [14 %], relève Nicolas Baudoin. Paris présente une moindre concentration même si le profil est un peu similaire. » Les logiciels et les TIC (26 %) sont en effet en tête devant les services aux entreprises (14 %), mais d’autres secteurs sont aussi bien représentés. Ainsi la communication (12 %), en forte progression, les services financiers (9 %) et le tourisme (4 %).

« Notre capacité d’attractivité vis-à-vis de l’Asie est encore insuffisante », considère Pierre Simon pour qui la plupart des métropoles « se battent sur le même terrain », il juge donc qu’il est important de savoir se différencier. Si l’Ile-de-France dispose de forts atout en matière de création ou d’innovation, le Grand Paris en est un autre qui commence à être connu au niveau international. « Le dynamisme lié au projet se diffuse à l’étranger », remarque notamment le président de PCE qui insiste sur le fait que le projet de Grand Paris express se fasse dans les délais. L’organisation des Jeux olympiques en 2024 et de l’Exposition universelle en 2025 pourraient également attirer les investissements comme ce fut le cas à Londres, Sao Paulo et Shangai. « La capitale brésilienne est entrée dans notre classement grâce à l’organisation de la Coupe du monde de football et les JO, rappelle Chiara Corazza, ce type d’événement booste les investissements. » D’où l’importance pour l’association que ces deux événements se tiennent.

Cette édition 2015 est également marquée par une chute des investissements en Europe de l’Est (- 28 %) et le passage de Moscou de la 8e à la 17e place des métropoles. L’Australie (+ 20 %), l’Asie (+ 15 %) ou l’Amérique du Nord (+ 15 %) affichent en revanche une belle progression entre 2013 et 2014, tout comme les Brics (+ 16 %). Les dynamiques sont donc très inégales selon les territoires. L’Asie a notamment pu bénéficier de la hausse des implantations sur son propre territoire (+ 7 %), après une « période de désengagement », indique Nicolas Baudoin. Les pays européens investissent, eux, principalement chez leurs voisins (55 % des investissements, en baisse de 7 %) et voient sinon venir les projets d’Amérique du Nord (28 %, + 3 %) et d’Asie (13 %, + 3 %). « L’Europe a un problème d’image, mais cela reste la première économie du monde », rappelle Pierre Simon.

 

* L’étude mesure le nombre d’investissements internationaux Greenfield, c’est-à-dire le nombre d’implantations nouvelles créatrices d’emplois, répertoriées dans la base du Financial Times, dans les 25 principales métropoles mondiales du 4e trimestre 2013 au 3e trimestre 2014.

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