Le deuxième trimestre 2023 voit le volume des ventes immobilières chuter de 25 % en un an dans la région francilienne tandis que les baisses annuelles des prix concernent à présent tous les segments de marché. Si elle résistait jusqu’à présent, la pierre parisienne est rattrapée par la crise.
Le printemps n’a pas eu lieu sur un marché immobilier francilien dont les chiffres demeurent en berne. Avec un resserrement monétaire qui se prolonge, un accès toujours très difficile au financement et des taux de crédit à l’habitat au plus haut depuis 10 ans, le marché reste privé de son principal moteur. Ainsi, les volumes de ventes de logements anciens ont reculé d’un quart en Ile-de-France lorsque l’on compare le 2e trimestre 2023 à celui de 2022, ce dernier étant par ailleurs le meilleur de ces 30 dernières années, comme le soulignaient les notaires du Grand Paris jeudi 7 septembre lors d’un point conjoncturel.
Mais surtout, ces volumes de transactions sont inférieurs de 9 % au 2e trimestre moyen de ces 10 dernières années, signalant un changement profond de tendance. « La grande spécificité de ces derniers mois est malheureusement une homogénéité : tous les secteurs et segments de marché sont touchés », indique Elodie Fremont, présidente de la commission statistiques immobilières des notaires du Grand Paris.

Les notaires du Grand Paris ont fait le point sur le conjoncture immobilière en Ile-de-France au 2e trimestre 2023. © DR
Les maisons accusent le coup
Le marché de la maison ancienne a subi le choc le plus sévère, avec une baisse de l’activité de 27 % par rapport à la même période l’an passé (- 33 % en petite couronne et – 25 % en grande couronne). Plus marquant encore, le volume des ventes de maisons s’inscrit désormais 18 % en dessous de la moyenne de ces 10 dernières années témoignant des difficultés de ce marché, après un très fort dynamisme lié à la crise sanitaire. En cause notamment, selon les notaires : les prix et l’augmentation des coûts de l’énergie. Les appartements sont aussi à la peine, avec un recul de 25 % des ventes en un an (- 23 % dans Paris, – 26 % en petite couronne et – 24 % en grande couronne). « Dans nos cabinets, les ventes réalisées correspondent souvent à des transactions contraintes : divorce, succession, changement professionnel ou familial…, indique Elodie Fremont. D’une manière générale, en Ile-de-France, nous n’avons pas vu l’activité aussi basse depuis 2015. Les négociations sont de plus en plus longues. »

Les arrondissements populaires de Paris restent les plus abordables. © Jgp
La baisse des prix se généralise
Côté prix, après un pic généralement atteint au 3e trimestre 2022 sur les différents marchés franciliens à l’exception de Paris, les quatre trimestres consécutifs de réduction de l’activité ont eu raison de la résistance des prix. L’ensemble des marchés affichent désormais des baisses annuelles. Ainsi, au 2e trimestre 2023, les appartements reculent de 4,4 % en un an dans Paris, où la chute s’est généralisée (de – 1,2 % dans le 8e à – 7,8 % dans le 14e arrondissement). Les appartements affichent également – 3,8 % en petite couronne et – 1,7 % en grande couronne. Quant aux maisons, les prix diminuent de 1,9 % en Ile-de-France (- 2,2 % en petite couronne et – 1,7 % en grande couronne).
Pour acheter à moindre coût dans la Capitale, les 13e, 19e et 20e arrondissements sont à privilégier : il s’agit des seuls où le mètre carré n’excède pas 9 000 euros. Le quartier de La Villette (19e) apparaît le plus abordable avec 7 850 euros, tandis qu’il faudra débourser 17 070 euros par m2 pour acheter dans le quartier des Invalides (7e).
Le recul de l’activité s’étant prolongé durant l’été, les indicateurs avancés des notaires laissent penser que la baisse des prix en un an atteindrait 5,3 % dans Paris en octobre. Pour l’heure, les indices dévoilés par Meilleurs agents indiquent un mètre carré se négociant à 9 944 euros. La barre symbolique des 10 000 euros atteinte, reste à voir si la baisse suffira à relancer la machine.