LaVilleE+® : pour en finir avec l’urbanisme au doigt mouillé

Start-up née dans le cadre d’un programme d’intrapreneuriat, LavilleE+®, présentée jeudi 23 mai 2019 par la Société générale entend révolutionner la conception et la concertation préalable aux projets urbains. En réunissant notamment l’ensemble des parties prenantes d’un projet autour de serious games.

L’approche par l’impact, la concertation par le jeu et l’approche holistique constituent le trépied sur lequel se base « LaVilleE+® ». La start-up, présentée par Eric Groven, sponsor du Grand Paris pour la Société générale, et Christophe Dumas, son cofondateur, est née dans le cadre de l’« Internal start-up call » (ISC), programme intrapreneurial de la Société générale. Sa vocation est de fournir aux concepteurs de projets urbains un outil inédit d’aide à la décision.

Christophe Dumas et Eric Groven. © Jgp

Il s’agit tout d’abord de permettre de mieux mesurer l’impact de ses choix, notamment au regard des 17 principes onusiens de la ville durable. Le processus débute par une série d’entretiens avec les donneurs d’ordres, afin de recueillir leurs objectifs, leurs intentions, et de les confronter à la réalité du terrain et aux enjeux de territoire. Fort de cette première phase de diagnostic, rapprochant les intentions programmatiques et les données disponibles sur le territoire du projet, la start-up de la Société générale élabore un serious game, à base de briques Lego.

L’ensemble des parties-prenantes, jusqu’aux représentants des usagers le cas échéant, seront ainsi invités à relever des défis mettant à l’épreuve de la réalité les objectifs du programme, et permettant de constater, en les simulant grâce à une série d’algorithmes, l’effet des différentes options possibles. « Une heure de serious game peut remplacer six mois de réunions », résume Christophe Dumas.

Intelligence collective

Après cette phase de jeu, la start-up établit une série de recommandations, donnant aux porteurs de projets l’occasion d’arbitrer entre les différentes options possibles en toute connaissance de cause. « La concertation par le jeu mobilise l’intelligence collective des différents acteurs associée à des indicateurs digitaux de mesure et permet de trouver des solutions aux problématiques posées par le donneur d’ordre », indique Christophe Dumas.

« LaVilleE+® » vaut autant pour les enseignements qu’elle fournit sur l’impact de ses décisions, aboutissant à un paramétrage lucide des différentes variantes possibles, que pour son pouvoir de partage, de concertation et d’appropriation des programmes par ses différentes parties prenantes. « L’outil est particulièrement adapté aux appels à projets urbains innovants », fait valoir Eric Groven.

Objectifs quantifiés et indicateurs de mesure

« Cette initiative a pour but d’accompagner les grands donneurs d’ordre publics et privés dans la réalisation de quartiers et d’îlots urbains alignés sur les objectifs du développement durable, de l’économie circulaire et de la résilience, poursuit-il. LaVilleE+® s’inscrit pleinement dans l’ambition RSE de la Société générale d’anticiper et de construire à travers ses différents métiers et expertises (financement, promotion, distribution, etc.), et avec ses parties prenantes, des villes intelligentes, durables et inclusives », ajoute le banquier.

Les villes de 20 000 à 200 000 habitants constituent au départ le cœur de cible de la start-up, qui a d’ores et déjà en portefeuille des projets d’une taille comprise entre 10 000 à 300 000 m2 de surface de planchers. Villes, agglos, sociétés d’aménagement du territoire, foncières et opérateurs privés sont les clients visés par la jeune pousse, qui prendra son autonomie en tant que société commerciale au 1er janvier prochain, devenant alors une filiale de la Société générale.

« Plutôt qu’une conception par les solutions, cette nouvelle approche consiste à aider le donneur d’ordre à mettre au point un plan d’actions concrètes, avec définition d’objectifs tangibles et quantifiés, d’indicateurs de mesure associés et recherche de solutions techniques et servicielles », fait valoir Christophe Dumas.

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