La REF : le moral des patrons franciliens « étonnamment bon », malgré des difficultés de recrutement inédites

Daniel Weizmann, président du Medef Ile-de-France, et Charles Znaty, son homologue du Medef Paris, soulignaient, mardi 30 août, lors de l’édition 2022 de la Rencontre des entrepreneurs de France, le bon moral des chefs d’entreprise. Les difficultés de recrutement inédites constituent néanmoins leur premier motif d’inquiétude, devant la hausse du prix de l’énergie.

Si la crise de l’énergie était présente dans tous les discours de la Rencontre des entrepreneurs de France (La REF), les 29 et 30 août 2022 à l’hippodrome de Longchamp, les dirigeants des Medef francilien et parisien soulignaient que le moral des chefs d’entreprise demeure très bon. « Le traditionnel sondage que nous réalisons chaque année en France au mois d’août révèle que 80 % des chefs d’entreprise sont confiants dans l’avenir de leur entreprise, bien que 50 % d’entre eux se déclarent inquiets pour l’évolution à court terme de l’économie française », souligne le président du Medef Ile-de-France Daniel Weizmann. « Le moral des chefs d’entreprise est étonnamment bon », confirme Charles Znaty, président du Medef Paris. Ce dernier évoque le retour des touristes cet été dans la Capitale parmi les motifs de satisfaction de ses adhérents.

Un « total déséquilibre » entre l’offre et la demande

Les dirigeants d’entreprise ne sont pas, pour autant, d’un optimisme béat. L’inflation, en particulier du prix de l’énergie, les préoccupe en cette rentrée sous haute tension. Mais pour Daniel Weizmann, les difficultés de recrutement inédites auxquelles ils sont confrontés constituent leur principal motif d’inquiétude. « Des hôtels ferment des étages entiers faute de personnel, des restaurants réduisent le nombre de leurs couverts », illustre-t-il. Le président du Medef Ile-de-France a rencontré en marge de l’édition 2022 de la REF les dirigeants franciliens de Pôle emploi pour évoquer notamment le recrutement des 25 000 personnes nécessaires pour assurer la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Daniel Weizmann et Charles Znaty, respectivement présidents du Medef Ile-de-France et du Medef Paris. © Jgp

Daniel Weizmann constate que certains n’hésitent plus, aujourd’hui, à quitter leur poste avant même la conclusion des procédures administratives, sûrs qu’ils sont de trouver un emploi ailleurs. Un « total déséquilibre » entre l’offre et la demande est avancé pour expliquer ces difficultés. Le président du Medef francilien cite le BTP, qui recherche 80 000 employés sur le plan national, ou les transports, frappés par une pénurie de chauffeurs de bus. Le refus de travailler dans des conditions ou avec des horaires difficiles est également avancé, de même qu’une inadéquation entre l’offre et la demande de compétences. « On forme 100 ascensoristes par an en Ile-de-France, alors que 2 500 seraient nécessaires », indique-t-il, précisant qu’en l’occurrence le salaire n’est pas en cause, atteignant 3 500 euros par mois en milieu de carrière.

Une orientation trop tardive

A ce sujet, Daniel Weizmann, qui considère qu’en France l’orientation s’effectue trop tardivement, se félicite de la mobilisation actuelle de l’Éducation nationale, désormais plus encline, selon lui, à entendre les demandes des milieux économiques d’une sensibilisation plus précoce des élèves aux réalités du monde du travail. Une présentation des métiers qui permettrait, estime le président du Medef francilien, de créer des vocations dès le collège. « Pôle emploi, la Région, les différentes structures de formation, tout le monde s’est rapproché des positions du patronat sur ces questions et l’Éducation nationale les rejoint à présent », se félicite-t-il. Des conventions ont été récemment signées à ce sujet entre le mouvement patronal et le rectorat d’Ile-de-France. Daniel Weizman cite le succès du Village de la chimie, organisé chaque année au Parc floral, qui permet à 10 000 collégiens de découvrir la réalité des métiers de ce secteur, souvent insoupçonnée.

« Ces difficultés sont accrues à Paris, compte tenu du prix du logement, ajoute Charles Znaty, qui estime qu’aujourd’hui, aucun chef d’entreprise n’est opposé à l’idée de construire des logements sociaux dans la Capitale ». « Hélas, les maires bâtisseurs continuent de se faire mal voir, ajoute-t-il, même si cela est peut-être en train de changer ». Le président du Medef Paris souligne que la réduction de la durée des trajets domicile-travail constitue en outre un facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

PGE : pas d’excès d’inquiétude

Les dirigeants franciliens du mouvement patronal n’expriment pas d’excès d’inquiétude quant à la capacité des entreprises à rembourser les prêts garantis par l’Etat (PGE) mis en place durant la crise pandémique. « La plupart ont commencé à les rembourser indique Charles Znaty. Une minorité négocie un étalement avec leur banque, qui font en l’occurrence un travail d’une très grande qualité », estime-t-il.

« Une entreprise ayant sollicité un prêt garanti par l’Etat sur deux ne l’a pas utilisé », indique Daniel Weizmann, qui estime entre 10 et 15 % la part de ceux qui rencontrent aujourd’hui des difficultés à le rembourser. « Les défaillances d’entreprise, qui s’élevaient en moyenne à 60 000 par an, sont descendues à 15 000 par an durant la pandémie », observe le chef d’entreprise. L’assistance de l’Etat aura, autrement dit, permis à certaines entreprises, non viables, de survivre un ou deux ans de plus. Pour les autres, le Medef apporte à leurs adhérents une assistance, qui peut passer par la sollicitation d’un médiateur.

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