Jean-François Carenco célèbre une République « solidaire »

Devant le tout (grand) Paris institutionnel et les représentants des corps constitués, invités le 4 septembre dernier à l’hôtel de Noirmoutier, sa résidence, le préfet Carenco a célébré le 145° anniversaire de la proclamation de la République. L’occasion de se livrer à une courte leçon d’histoire.

« La République pour nous aujourd’hui c’est la France, et la France c’est la République. Notre histoire heurtée  et parfois dramatique a forgé notre pays de telle sorte que notre devise : «  Liberté, Egalité, Fraternité  » est, au-delà des mots, une expérience, une espérance et le lien absolu de notre communauté de destin que nous n’imaginons pas autrement que tolérante, créatrice, rayonnante et respectueuse de chacun », a déclaré Jean-François Carenco, entouré notamment de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement.

Jean-François Carenco célèbre le 145° anniversaire de la République, le 4 septembre dernier à l'hôtel de Noirmoutier, sa résidence.

Jean-François Carenco célèbre le 145° anniversaire de la République, le 4 septembre dernier à l’hôtel de Noirmoutier, sa résidence.

« Mais que cela est difficile !, a poursuivi le préfet de région, préfet de Paris. Notre rencontre ce soir est peut-être là pour nous signifier à nous-même que nous pouvons le faire, au-delà  de nos divergences politiques et sociales. Le contexte est aujourd’hui difficile comme il le fut hier. Rappelons-nous que la République s’est imposée douloureusement précisément parce que c’est une exigence absolue. Avant le 04 septembre 1870, la République avait déjà été proclamée à deux reprises avant de s’éteindre : la première fois, lors de la proclamation de l’abolition de la royauté par la convention nationale, le 21 septembre 1792 la deuxième par le gouvernement provisoire de 1848 », a-t-il poursuivi.

« Le 4 septembre 1870 est donc la troisième proclamation de la République. C’est cette date qui nous réunit aujourd’hui et que l’histoire a retenue, a également rappelé Jean-François Carenco. Ce 4 septembre à 1 heure du matin dans l’hémicycle, le député Jules  Faure affirme : « Louis Napoléon Bonaparte et sa dynastie sont déclarés déchus du pouvoir  ».

Exigence républicaine

« Cette déclaration se situe deux jours après la bataille de Sedan et la capitulation de Napoléon III qui y est fait prisonnier. Mais les députés ne se mettent pas d’accord alors même que la foule a envahi le palais et demande l’instauration de la République. Renonçant à faire voter leurs collègues, Jules Faure et Léon Gambetta concluent en demandant à tous de se rendre à l’hôtel de ville.

C’est au balcon de l’hôtel de ville, accompagnés d’autres députés, que Léon Gambetta proclame la République par ces mots :

« Français ! Le peuple a devancé la Chambre, qui hésitait. Pour sauver la Patrie en danger, il a demandé la République. Il a mis ses représentants non au pouvoir, mais au péril. La République a vaincu l’invasion en 1792, la République est proclamée. La Révolution est faite au nom du droit, du salut public. Citoyens, veillez sur la Cité qui vous est confiée ; demain vous serez, avec l’armée, les vengeurs de la Patrie ! »

Hôtel de ville de Paris, le 4 septembre 1870. Signé : Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux, Pierre-Frédéric Dorian, Jules Favre, Jules Ferry, Guyot-Monpayroux, Léon Gambetta, Louis Antoine Garnier-Pagès, Joseph-Pierre Magnin, Francisque Ordinaire, Pierre-Albert Tachard, Eugène Pellantan, Ernest Picard, Jules Simon.

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« L’histoire nous démontrera que ce ne fut pas un long fleuve tranquille : siège des prussiens, installation de la Commune, répression. Ce n’est que le 24 mai 1873 que Mac Mahon sera élu président de la République et en réalité, la IIIe République sera instaurée par les lois constitutionnelles des 24 et 25 Février et 16 juillet 1875 », a également fait valoir le préfet.

« Cette troisième République devra s’éteindre le 10 juillet 1940 pour laisser place à l’Etat Français. Mais ce n’était qu’une parenthèse et la République revient naturellement avec la victoire des forces alliées dès le mois d’août 44 et le Conseil National de la  Résistance en avait porté la flamme.

« Merci d’être là pour, de manière conviviale et quelque peu festive, réaffirmer notre attachement à cette belle exigence qu’est notre République. Je souhaite qu’une République bien vivante se rappelle à nous ce soir. Vous avez pu parcourir les travaux  réalisés par des jeunes accueillis cet été dans les centres de « ville vie vacances » qui ont bien voulu répondre à  la question « Et pour vous c’est quoi la République ?

« Ils ont eu raison d’insister sur la République solidaire et je veux rendre hommage aux femmes et aux hommes présents parmi nous qui l’incarnent au quotidien par leur audace, leur engagement de prévention, d’accompagnement social des plus fragiles, de soutien aux familles. Je remercie donc très chaleureusement les jeunes du service civique, les représentants des associations de la politique de la ville et les associations partenaires avec lesquelles nous avons l’habitude de travailler pour la mise à l’abri des personnes sans toit. Dans un monde qui se réinvente tous les jours et de plus en plus vite face aux mutations technologiques, climatiques, migratoires, scientifiques, c’est à une véritable renaissance que nous sommes appelés : je crois pour ma part que la République est la seule lanterne qui peut éclairer le chemin ».

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