Le « Grand Paris » dope l’attractivité de la France

Les investissements étrangers en France ont bondi de 30 % en 2016, révèle le baromètre 2017 de l’attractivité d’EY. La région capitale accueille le tiers des nouveaux projets contre le quart en 2015. Si l’Hexagone bénéficie d’une meilleure reconnaissance des investisseurs et d’un potentiel « considérable », il lui reste encore à surmonter d’importants handicaps de compétitivité.

Cocorico ! La France a enregistré en 2016 la plus forte progression d’implantations et d’extensions portées par des investisseurs étrangers en Europe. En hausse de 30 % par rapport à 2015, ces 779 projets ont généré 16 980 créations d’emplois (+ 24 %), révèle l’édition 2017 du baromètre de l’attractivité en France réalisé par EY, cabinet d’audit, de conseil, de la fiscalité et du droit. Ils concernent en majorité des fonctions tertiaires et commerciales (367 projets) essentiellement concentrées sur l’Ile-de-France (56 %), mais aussi l’industrie (221), la logistique (80) et la R&D (51, soit 13 % de plus qu’en 2015).

Accueil de sièges sociaux : 5e rang européen

Pour la moitié des dirigeants interrogés par EY, l’innovation et la recherche sont « l’atout numéro 1 de la France pour renforcer son rôle dans l’économie mondiale ». Ils saluent également « l’efficacité » de la politique en faveur des start-up, ainsi que la démarche « La French Tech » qui diffuse une image « entrepreneuriale et digitale » de la France. Certes, tout en occupant le troisième rang européen, la France reste bien loin des deux leaders, la Grande-Bretagne (1 144 projets, + 7 %) et l’Allemagne (2e, 1 063 projets, + 12 %), et rétrograde au 5e rang tant en termes d’emplois créés par projet que d’accueil de sièges sociaux (16 en 2016, soit 7 fois moins que le Royaume-Uni).

Dans le contexte de Brexit, « la France fait partie, avec l’Allemagne, des deux pays qui suscitent le plus d’intérêt des investisseurs », poursuit EY. Cependant, si seulement 14 % des entreprises britanniques envisageraient un « transfert partiel ou total de leurs implantations », « la France devra composer avec son concurrent allemand et devra cibler l’industrie et la high tech, en plus de l’industrie financière », prévient Marc Lhermitte, associé EY, responsable du programme d’attractivité.

« Le Grand Paris est une chance pour la France »

Non seulement l’Ile-de-France profite de ce retour des investisseurs en Europe et en France, mais elle commence aussi à bénéficier de l’impact du Grand Paris, qui contribue à « régénérer l’attractivité de la France ». En effet, la région capitale « confirme son rôle moteur dans l’attractivité » en drainant plus d’un projet sur trois contre un sur quatre en 2015, soit environ la part de la région capitale dans le PIB national (31 %). « Dans une économie mondiale dominée par les grandes métropoles, le Grand Paris est une chance pour la France, convient EY. Les dirigeants le reconnaissent en situant la région capitale parmi les 15 grandes métropoles mondiales où pourraient naître le prochain Google. »

« Bilan en demi-teinte »

Rien n’est gagné pour autant. « Les signaux positifs ne doivent pas faire oublier que la concurrence reste forte au sein de l’Europe, prévient Jean-Pierre Letartre, président d’EY en France, pour transformer ce rebond de l’attractivité et le pérenniser, il faut plus que jamais transformer la France. » Jean-Pierre Lieb, avocat associé EY, préfère de son côté parler de « bilan en demi-teinte », notamment à cause du creusement de l’écart en matière d’impôt sur les sociétés avec les compétiteurs de la France, aux premiers rangs desquels la Grande-Bretagne et la Hongrie.

Mais si l’Hexagone présente toujours le plus fort taux d’imposition sur les sociétés d’Europe (38 %), la situation devrait évoluer puisque Emmanuel Macron compte le réduire de 10 points (28 %) au cours de son mandat. Un geste qui devrait porter ses fruits car, pour plus de la moitié des dirigeants (55 %) interrogés par EY, la fiscalité est le premier handicap de compétitivité de la France, devant la simplification (46 %), le droit (39 %) et le coût du travail (31 %). « Le défi du prochain quinquennat sera de renouer une relation de confiance avec les investisseurs internationaux, fait valoir Jean-Pierre Lieb, d’offrir une fiscalité attractive, crédible et prévisible sur le moyen et le long termes. »

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