Gilets jaunes : l’Amif se propose de « recréer le lien »

Dans une lettre aux maires d’Ile-de-France, Stéphane Beaudet (ex-LR), Sylvine Thomassin (PS) et Jacques JP Martin (LR) annoncent l’ouverture par l’Association des maires d’Ile-de-France (Amif) d’un cahier de doléances dans le cadre du mouvement dit des gilets jaunes.

« Si nous condamnons unanimement les exactions commises ce week-end à Paris comme dans d’autres villes du pays par des casseurs organisés, le mouvement des gilets jaunes, initiative citoyenne spontanée d’un genre nouveau, illustre une colère réelle, un malaise qui doit être entendu », font valoir Stéphane Beaudet (ex-LR), Sylvine Thomassin (PS) et Jacques JP Martin (LR) respectivement président, secrétaire générale et premier vice-président de l’Amif, dans une lettre aux maires d’Ile-de-France rendue publique le 3 décembre 2018.

Stéphane Beaudet, au Salon des maires d’Ile-de-France. © Jgp

« Ce mouvement est hétérogène tant du point de vue des catégories sociales représentées, des convictions politiques de chacune et chacun, que des territoires de mobilisation, faisant pour la première fois de très longue date la part belle à la ruralité. C’est bien en grande partie « la France Périphérique » qui manifeste aujourd’hui son mécontentement », font-ils valoir.

« Par nature donc, le mouvement des gilets jaunes n’est pas organisé et ne peut faire l’objet d’une concertation avec les corps intermédiaires. Les tentatives de médiations de la semaine passée avec le gouvernement ont ainsi été vouées à l’échec, poursuivent les trois édiles. L’originalité de cette mobilisation, et donc de facto son danger, réside dans son organisation d’initiative populaire, à travers les réseaux sociaux, revendiquant l’absence de représentants et le souhait de ne pas en avoir. Aussi, toute concertation de la société civile déjà organisée semble peu adaptée à la situation. »

Ancrage territorial

« Dans un tel contexte, et face à l’inévitable enlisement », l’Association des maires d’lle-de-France propose « de recréer le lien, de façon pacifiste, constructive, à l’appui de l’ancrage territorial fort de ses maires, par la mise en place, dans un maximum de communes, de cahiers de doléances ».

« Si l’on se réfère à l’Ancien Régime, où chaque municipalité rédigeait son cahier de souhaits et de demandes adressées directement au « roi », la méthode peut sembler désuète et anachronique, dans une démocratie comme la nôtre. Et loin de nous l’idée d’oser une comparaison entre notre constitution de la Ve République avec une quelconque monarchie de droit divin, poursuit l’Amif. Pour autant, face au mouvement des gilets jaunes, l’intérêt principal de cette méthode réside dans l’ancrage territorial et le rapport direct aux habitants, qui permet de mettre en exergue les particularités des revendications propres à chaque territoire. Ainsi, à l’échelle du territoire national, ce mouvement contestataire serait particulièrement fort dans la « diagonale du vide ». L’on pourrait espérer que l’initiative lancée par l’Amif en Ile-de-France se répercute ensuite sur l’ensemble du territoire national afin que la synthèse des revendications ait vraiment du sens. Et donc des réponses. »

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