Covid-19 : Robin Rivaton relativise l’impact de la crise sur l’immobilier

Invité du Grand Paris live (Club des entreprises du Grand Paris / IHEDM) de Jacques Godron, Robin Rivaton a décrit les raisons qui le poussent à prévoir un faible impact de la crise sanitaire sur le marché de l’immobilier ou sur les choix de localisation des habitants.

« Je ne crois pas tellement à l’hypothèse du monde d’après », a déclaré Robin Rivaton, le 7 mai 2020 lors de la 2° édition du Grand Paris live, conférence virtuelle produite par le Club des entreprises du Grand Paris. Pour le directeur d’investissement d’IDInvest, et auteur prolixe, plusieurs raisons expliquent pourquoi la crise sanitaire ne devrait modifier qu’à la marge les choix de localisation des ménages.

Robin Rivaton. © Jgp

L’ancien directeur général de Paris Region Entreprises (actuel Choose Paris Region) a rappelé que 55 % des emplois français sont « postés ». Et même pour les professions intellectuelles et créatives, les échanges réels, physiques, demeurent nécessaires. Le fondateur de Real estech a cité une étude montrant que le nombre de dépôts de brevets avait chuté de 15 % aux États-Unis lors de la prohibition. « Non pas parce que c’est plus sympa d’innover en buvant de la bière, mais à cause de l’appauvrissement des échanges provoqué par la fermeture des lieux de convivialité. »

« On a besoin, parfois, de sentir les gens, au sens propre comme au figuré », a-t-il ajouté. « Plus le numérique sera falsifiable, manipulable, plus on aura envie de voir les gens en vrai », estime-t-il également.

L’emploi ne constitue, par ailleurs, qu’un critère parmi d’autres dans le choix de localisation des ménages, a-t-il souligné : « l’éducation, où les inégalités territoriales se sont accrues au cours des dernières années, ou l’accès à la médecine constituent également des critères importants », a souligné l’économiste, également interviewé par Catherine Sabbah (Idheal) et François-Xavier Beuzon (Le journal des communes).

Robin Rivaton a également indiqué que les 6 000 à 8 000 « navetteurs », salariés qui prennent chaque jour ou plusieurs fois par semaine le TGV pour relier l’agglomération parisienne et leur lieu de résidence, ne représentent que 0,1 % de la population de l’aire urbaine de Paris.

Peu d’effets sur les prix

Dès lors, il n’anticipe pas de mouvements importants sur les prix. Selon lui, la légère contraction de la demande, probable notamment à cause de la dégradation de la situation des primo-accédants, réduisant leur accès au crédit, se verra contrebalancer par la contraction de l’offre de logement, déjà sensible dès fin 2019 en raison du cycle électoral, et accentuée par la crise sanitaire.

Robin Rivaton n’en estime pas moins, pour autant, que cet épisode renforce la crédibilité d’un monde de plus en plus virtuel. Exemples à l’appui. Ainsi, DingTalk, l’application de communication d’Alibaba, a fait l’objet de quelque 250 millions de téléchargements au cours des derniers mois, tandis que Stripe, le géant du paiement en ligne, vient de décider de créer un 5° hub entièrement dématérialisé, après San Francisco, Dublin, Dubaï et Singapour.

Jacques Godron. © Jgp

« Jack Dorsey, le CEO de Twitter, vient de décider de quitter son bureau de la Silicon Valley pour s’installer en Afrique pendant un an… », a également illustré Robin Rivaton, décrivant l’accélération très puissante en cours, du e-commerce, de la télémédecine ou de la télé-éducation. Une chose est sûre pour l’économiste : il faut réfléchir à la question de savoir « comment faire pour que les gens qui sont essentiels au fonctionnement de ces métropoles ne soient pas payés qu’en applaudissements ».

Sur le même sujet

Top