Opposé au scénario d’une région-métropole, Christian Blanc, ancien secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale et artisan du Grand Paris, pose comme postulat de la refonte de la métropole du Grand Paris l’intégration de Roissy-Charles de Gaulle et de Saclay, et une disparition des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.
Quel est, selon vous, le bon schéma institutionnel pour la métropole du Grand Paris (MGP) ?
Il faut dès maintenant se prononcer sur l’avenir des départements de petite couronne, puis sur l’intégration ou non de Roissy-Charles de Gaulle (CDG) et de Saclay dans la métropole. Les départements de petite couronne n’ont, à mon sens, plus leur place dans un tel ensemble et leur disparition me semble inévitable dans un souci de cohérence. Le reste se fera au fil du temps.
En revanche, je ne suis pas partisan d’une région-métropole. Cependant, on peut renforcer le rôle de la Région dans certains domaines tels que les transports et l’articulation avec des villes comme Rouen, Le Havre, Reims, pour qu’elle devienne un poumon de mobilité plus fort. Et pourquoi pas, également, redéfinir les compétences de la Région si besoin, car pour autant, à quoi servent les compétences économiques de la Région dès l’instant où il y a celles de la métropole ?
Dans ce contexte, des initiatives telles que celle de la conférence des projets de la Vallée scientifique de la Bièvre (VSB) ont-elles vocation à perdurer ?
Je comprends le regain d’intérêt pour l’idée de la VSB au moment où s’est créée cette définition territoriale du Grand Paris, amputée des deux principaux moteurs de développement économique actuels d’Ile-de-France, à savoir Roissy-Charles de Gaulle et Saclay, ce que je considère par ailleurs comme une aberration. Les fondateurs de la Vallée scientifique de la Bièvre ont eu un avantage historique en étant les premiers à s’organiser, non pas comme un cluster, mais sous la forme d’une conférence réunissant les universitaires et les chercheurs ayant des projets de développement, auxquels se sont associées quelques entreprises historiquement positionnées sur ce territoire. Je trouve très positif que les acteurs de cette démarche aient tenu le choc et voulu la relancer. Je crois que la VSB, qui a vocation à perdurer, sera une des composantes de Saclay.
Un territoire de projets sans périmètre institutionnel a-t-il un avenir ?
Ignorer les périmètres institutionnels ne facilite rien. Je regrette d’ailleurs que dans la délimitation des établissements publics territoriaux (EPT), l’identité de la VSB n’ait pas été prise en compte. Mais il y a de forte chance pour que ces périmètres soient amenés à évoluer dans les prochains mois. Si la démarche introduite se veut cohérente, des questions comme celles-ci seront nécessairement examinées. Il serait dommage de ne pas donner à cette identité historique un socle de rattachement. Une chose est sûre, l’articulation santé-biotech entre Villejuif et Saclay s’est faite et le Grand Paris express va contribuer à rapprocher l’ensemble.
Propos recueillis par Fabienne Proux et Jacques Paquier
