Pierre Mansat : « Il faut sortir des concertations alibis »

Pierre Mansat, président de l’Atelier International du Grand Paris, est co-auteur du Manifeste du Grand Paris qui sera dévoilé le 12 octobre au centre dramatique d’Aubervilliers. Il revient sur la démarche qui a prévalu à l’écriture de ce texte.

Quelles sont les origines du Manifeste du Grand Paris? 

Pierre Mansat, président de l'Atelier international du Grand Paris ©GB

Pierre Mansat, président de l’Atelier international du Grand Paris ©GB

On était plusieurs personnes de milieux très divers comme des sociologues, des gens de théâtre mais aussi des élus et de simples citoyens à se dire qu’il manquait un certain nombre de choses au Grand Paris. Il lui manque d’abord une identité forte. Ensuite une âme car il apparaît comme un projet désincarné. Par ailleurs, la place du citoyen n’est pas du tout valorisée dans cette construction. On a donc organisé des débats ainsi que des ateliers pour aboutir à la création de ce texte qu’est le manifeste.

Quels sont les objectifs poursuivis par ce texte?

Comme tout manifeste, il est assez offensif. Le but est d’interpeller tous ceux qui sont concernés par le Grand Paris, élus comme citoyens. Il invite à la réflexion, au débat et surtout à multiplier les initiatives. Il y a énormément de choses qui se passent mais il faut les connecter entre elles. Pour beaucoup, le Grand Paris ne renvoie qu’au Grand Paris express. C’est un projet formidable et nécessaire, mais la métropole ne peut se résumer à ça. 

Le manifeste offre-t-il des pistes de réflexion?

Oui. D’une part, il s’agit de montrer l’évolution préoccupante des grandes métropoles mondiales, synonymes de toujours plus d’exclusion et d’inégalités. Au contraire, il faut que cette métropole mette la vie des gens au coeur de son action. Pour autant, il faut qu’elle assume sa stature de métropole mondiale, qu’elle accueille les talents les plus divers, des étudiants aux acteurs économiques. 

D’un point de vue institutionnel, les choses semblent se préciser, est-il encore temps pour influer sur les choix qui sont faits ?

Tout à fait. Même si l’on est encore loin du compte, beaucoup d’élus partagent notre constat. Les citoyens ont une certaine méfiance à l’égard du politique et se sentent dépossédés de ce genre de projet. C’est pourquoi la métropole doit vraiment se poser la question de la démocratie citoyenne, on a les outils pour rendre cela possible. Les décisions concernent sept millions de personnes, mais il est possible de les consulter. L’idée d’Anne Hidalgo avec les budgets participatifs est un bon exemple à suivre, mais il faut sortir des concertations alibis portant sur les petites choses.

Manif

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