Paris : dessine-moi une rue végétalisée

Mardi 20 octobre 2020, la ville de Paris a lancé une concertation en ligne, baptisée « 10m2 en bas de chez vous », pour que les Parisiens expriment leur souhait quant à la forme que va prendre la végétalisation de la moitié des places de stationnement de surface.

Quand, en conférence de presse, une journaliste de Libération, se met, au nom de l’économie réelle, à défendre le stationnement des artisans et des plombiers, on mesure le défi qui attend la ville de Paris pour mettre en application une promesse de campagne des écologistes, reprise par Paris en commun : la transformation de la moitié des places de stationnement en surface pour « les rendre aux Parisiens », selon les mots de David Belliard.

David Belliard, le jour de l’élection d’Anne Hidalgo. © Jgp

L’adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie, qui fut tête de liste EELV lors des dernières municipales, a annoncé le lancement mardi 20 octobre 2020 d’une plate-forme électronique, baptisée « 10m2 en bas de chez vous », pour recueillir l’avis et les souhaits des habitants en la matière. Elle sera suivie d’une conférence citoyenne sur la question, du 27 novembre au 5 décembre, puis s’achèvera par une série d’ateliers thématiques avec les différentes parties prenantes concernées. Au premier rang desquels tous ceux pour qui l’usage de la voiture semble difficilement évitable, qu’il s’agisse des artisans, des acteurs de la logistique urbaine ou des services de sécurité et de secours.

« Les villes changent, évoluent avec leur temps », a souligné Christophe Najdovski. L’adjoint à la maire de Paris en charge de la végétalisation de l’espace public, des espaces verts, de la biodiversité et de la condition animale a rappelé que le 20e siècle, dans sa seconde moitié, avait été celui de l’adaptation de la ville à la voiture. L’élu a évoqué la réduction des surfaces arborées de 13 % entre 1900 et 1970 dans la capitale, comme l’a montré l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), qu’il préside. Le 21e siècle sera donc, à Paris, celui de l’adaptation des voitures à la ville.

Accessibilité préservée

Désamorçant une critique récurrente, Jacques Galvani, adjoint à la maire de Paris en charge de l’accessibilité universelle et des personnes en situation de handicap, a insisté sur le soin qu’apportera la municipalité à ce que cette transformation d’une ampleur inédite ne pénalise en rien l’accessibilité de la ville, mais au contraire la renforce, notamment en veillant à ce que toute place réservée aux personnes à mobilité réduite supprimée donne lieu à la création d’une place similaire à proximité.

David Belliard a étayé cette proposition, forcément clivante, de chiffres : « Nous voulons corriger une anomalie », a-t-il résumé, soulignant qu’aujourd’hui 50 % de l’espace public parisien était réservé à la circulation automobile, qui ne représente que 13 % des flux. Rendre 50 % des places de stationnement aux Parisiens, cela correspond à la libération de 742 kilomètres de voiries, soit 60 ha, l’équivalent de 2,7 fois le parc des Buttes-Chaumont.

50 % de l’espace public parisien est actuellement réservé à la circulation automobile, qui ne représente que 13 % des flux. © Jgp

Belliard a également fait valoir que le rapport entre les places de stationnement de surface et celles en sous-sols dans la capitale était de 1 à 5. Les professionnels du stationnement, peu concertés en amont sur la définition de la carte des coronapistes au printemps dernier, seront associés cette fois à l’opération, ont affirmé les élus.

Les trois adjoints d’Anne Hidalgo n’ont pas détaillé outrancièrement quels seront les critères qui présideront au choix des rues dans lesquelles les places de stationnement seront supprimées, ni sur la forme que prendra leur végétalisation. « Paris, dans 10 ans, ressemblera à ce que les Parisiens auront souhaité », a indiqué David Belliard.

Lien vers la consultation.

Sur le même sujet

Top