Numa cherche des fonds pour conquérir le monde

L’association se transforme en entreprise pour se développer à l’international et investir dans les start-up accompagnées. Objectif : 700 start-up accélérées dans 15 pays en 2019.

Silicon Sentier a bien grandi depuis son lancement en 2000. L’association d’entrepreneurs du web, devenue Numa en 2013, a présenté le 22 avril 2015 les prochaines étapes de son développement. Après La Cantine (coworking) en 2008, Le Camping (accélération) en 2011 et un programme d’open innovation l’an passé, la nouvelle société avait, plutôt discrètement, ouvert une branche à Moscou début 2015.

La première destination d’une stratégie qui doit permettre de développer la marque dans 13 nouveaux écosystèmes (voir carte ci-dessous), principalement situés en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie du Sud à l’horizon 2019. Deux nouveaux sites sont en négociations avancées et devraient être annoncés en 2015, puis le rythme serait d’environ quatre ouvertures par an. « Pourquoi ne pas emmener Numa ailleurs plutôt que de laisser d’autres acteurs s’implanter sur ces territoires ? » considère Marie-Vorgan Le Barzic, déléguée générale devenue présidente, qui dévoile « l’ambition de bâtir un écosystème mondial de l’innovation » en exportant son savoir-faire.

Carte des 15 pays visés par Numa pour 2019

Il n’est toutefois pas question de bâtir de nouveaux Numa, mais de s’associer avec des structures existantes pour partager l’expérience et faire bénéficier de la marque, tout en s’adaptant aux spécificités propres à chaque pays. « Nous faisons le choix de rencontrer des gens qui partagent nos valeurs, de travailler avec des partenaires locaux », relève la dirigeante. Une méthode éprouvée avec La Cantine qui a essaimé une quinzaine de lieux équivalents par le soutien à des acteurs locaux.

Marie-Vorgan Le Barzic

Marie-Vorgan Le Barzic. © GB

La relation avec les start-up va évoluer en parallèle, avec la généralisation des prises de participation à hauteur de 3 à 6 % (entre 5 000 et 30 000 euros). La société vise l’accélération de 700 start-up d’ici à 2019 et 250 grandes entreprises accompagnées dans leur transformation digitale, autre activité de l’association qui a rencontré le succès. De 2,65 millions d’euros en 2014, le chiffre d’affaires pourrait alors atteindre 13 millions, dont 70 % en France.

Crowdfunding puis investisseurs

Pour financer ce développement, une stratégie de levée de fonds en plusieurs étapes a été mise en place. La première est la création de Numa People, entreprise au capital de 2 000 euros dont les actionnaires sont, à des niveaux différents, les 23 salariés. Le capital pourra évoluer à l’avenir pour faire entrer les futures recrues. Numa people est le premier actionnaire de Numa SAS qui détient les actifs cédés par l’association.

Une 2e holding, Numa Crowd, va être financée par une campagne de crowdfunding – baptisée Yes we crowd – qui vient d’être lancée avec la plateforme Smart angels, start-up française créée en 2012. 12,5 % du capital de Numa SAS va être libéré pour lever de 100 000 à un million d’euros par ce biais, avec des tickets allant de 500 à 500 000 euros.

Une levée de fonds auprès d’investisseurs « représentatifs de l’écosystème » est également menée et devrait aboutir avant l’été pour abonder Numa finance, 3e actionnaire de Numa SAS. Marie-Vorgan Le Barzic estime que « moins de dix millions d’euros » pourraient être obtenus par ce biais. Il n’est a priori pas prévu que Numa People perde la majorité dans Numa SAS après ces différentes opérations financières. Une très sérieuse évolution qui pourrait faire craindre à certaines que l’esprit de ce lieu se soit déjà dissipé. La nouvelle présidente les rassure : « Nous sommes totalement fou, mais c’est formidable d’être fou. Et c’est très cohérent. »

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