L’association présidée par Dominique Boré, dont le but est d’assurer la médiation culturelle de l’architecture, autrement dit de favoriser la diffusion d’une culture architecturale et urbaine, organise 47 manifestations chaque année et orchestre une série de groupes de travail.
On ne chôme pas à la maison de l’Architecture d’Ile-de-France (*). La construction hors-site figure parmi les différents groupes de travail en cours portés par son comité de rayonnement et de prospective. « Ce type de construction, s’appuyant sur sa tradition remontant au XIXe siècle, s’est tournée vers l’innovation : utilisation des outils numériques, respect des démarches environnementales avec la réduction de l’empreinte carbone, des consommations d’eau et des déchets, recours aux matériaux biosourcés, aux ressources renouvelables et/ou recyclables, à la réduction des transports. Si elle représente 100 % de l’immobilier neuf à Singapour et 30 % à Londres, elle demeure confidentielle en France, indique Dominique Boré, présidente de l’association. Au-delà de l’hostilité de certains architectes, elle revêt un intérêt à la fois qualitatif et quantitatif que la Maison de l’architecture d’Ile-de-France a décidé de mettre en débat. I3F, Paris-Ile de France Capitale économique, Pascal Chazal, CEO de Campus Hors site animent ce groupe de travail piloté par l’architecte Joachim Bellemin ».
Autre groupe de travail en cours à la Maison de l’architecture, sise au couvent des Récollets, dans le 10e arrondissement de Paris, « Le printemps de l’hiver ». Ses membres (Epamarne et AG2R notamment, qui gère les caisses de retraite complémentaires des cadres Agirc et Arrco) réfléchissent, autour de l’architecte Guillaume Sicard (agence RAW playground), au logement des séniors qui souhaitent demeurer indépendants tout en bénéficiant de services et d’équipements ou d’espaces mutualisés. « L’Association des maires d’Ile-de-France s’intéresse à ces travaux, notamment en lien avec les questions liées à la solitude des personnes âgées, en milieu rural ou semi-urbain », indique Dominique Boré.
La ville productive, autour de l’architecte-urbaniste Djamel Klouche, constitue également un des groupes de travail en cours. Il porte sur le retour des activités industrielles en milieu urbain, « en privilégiant leur insertion urbaine et leur qualité architecturale durable », souligne Dominique Boré. L’espace public genré, initié par l’ancienne directrice de la communication de GPA Géraldine Ajax, désormais chez Quartus, et l’architecte enseignante Léa Mosconi, constitue également un groupe de travail de la Maison de l’architecture, baptisé « Genre et espace », afin « d’approfondir les pistes de réflexion méthodologiques et projectuelles pour proposer des dispositifs pour une production urbaine alternative ».
Les voix
L’association a lancé, par ailleurs, un cycle de webconférences qui recueille les paroles, les interrogations et les réflexions de ceux qui interviennent sur et pour les lieux de vie. Depuis le 11 mai 2020, ce cycle fait intervenir des experts : architectes, sociologues, anthropologues, photographes, chercheurs, philosophes, urbanistes, maîtres d’ouvrages, promoteurs, investisseurs, économistes… « A ce jour, Les Voix totalisent plus de 50 000 vues sur Facebook et Youtube », se félicite Dominique Boré.
La Maison de l’architecture continue également d’œuvrer sur « la ville rêvée des enfants » avec l’Académie de Paris. Une démarche pédagogique et poétique intégrée au temps scolaire, qui consiste à faire fabriquer par des élèves de diverses écoles de Paris (70 classes, 1 200 élèves), une maquette urbaine de 58 m2 à partir d’un seul et même matériau, le bois cette année.
« La Maison de l’architecture Ile-de-France consacre une grande partie de sa programmation de médiation culturelle aux actions pédagogiques en milieu scolaire – maternelle et primaire – et aux enfants pendant les mercredis et vacances scolaires. Cette médiation concerne 2 530 élèves et enfants par an », fait valoir son secrétaire et architecte Emmanuel Leroy.
Avec le soutien de la direction régionale des affaires culturelles (Drac), l’ambition de la Maison de l’architecture Ile-de-France est de construire des liens solides avec les écoles d’architecture. « Dans cette perspective, deux objectifs conduisent son action : être un lieu de diffusion de la culture architecturale pour les étudiants, un lieu où l’on apprend, échange et expérimente ; être un espace de valorisation du travail réalisé dans les écoles », indique Léa Mosconi, vice-présidente.
Ainsi, deux prix annuels récompensent le travail des étudiants des écoles franciliennes : le prix des diplômes et le prix des mémoires. Une exposition, une publication et une journée d’étude permettent de rendre visible cette production et d’engager des débats sur les questions qui animent les jeunes architectes de demain. Chaque année, un acteur du monde de l’architecture parraine le prix. En 2017, Gilles Delalex, cofondateur du studio Muoto (Equerre d’argent 2016) était parrain du prix, en 2018, Valentine Guichardaz-Versini, fondatrice de l’Atelier Rita (AJAP 2018) en était la marraine, tandis que Philippe Chiambaretta de l’agence PCA-Stream parrainait l’édition 2019. En 2020, Sophie Delhay de l’agence Sophie Delhay architecte était la marraine du prix.
* Les membres de l’association, créées en 2003 sont le Croaif, la ville de Paris, le conseil régional d’Ile-de-France, l’union régionale des conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), ainsi que des architectes, des urbanistes, des paysagistes, des promoteurs, bailleurs sociaux, etc.
