Jacques Baudrier alerte sur la « situation catastrophique » du logement

L’adjoint d’Anne Hidalgo, en charge du Logement et de la transition écologique du bâti, pousse un « cri d’alarme » au sujet des résidences secondaires, de plus en plus nombreuses, et des habitations classées G, interdites à la location. Si on ne fait rien, dit-il, l’Ile-de-France risque de se retrouver avec 100 000 personnes sans domicile en 2025. « Du jamais vu… sauf pendant les guerres ! » Il doit rencontrer la ministre la semaine prochaine.

« La situation est catastrophique ! » Jacques Baudrier (PCF), l’adjoint à la maire de Paris en charge du logement et de la transition écologique du bâti, pousse un « cri d’alarme ». A grand renfort de chiffres, de tableaux et de graphiques, il espère convaincre Valérie Létard (UDI), la ministre chargée du Logement, qu’il doit rencontrer la semaine prochaine. Il a déjà déroulé sa plaidoirie il y a quelques jours devant le cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Eric Lombard, qui s’est montré « à l’écoute », dit-il.

Son combat ? Le croisement de deux courbes : celle de la demande de logements, qui monte en flèche, et celle de l’offre, qui s’effondre. « Ce décrochage violent va engendrer, en 2025, une terrible aggravation de la crise du logement, en particulier à Paris et en Ile-de-France, explique-t-il. Si on ne fait rien, on risque de perdre plus de 50 000 résidences principales dans la région cette année, et se retrouver avec autant de ménages sans domicile, soit environ 100 000 personnes par an. Du jamais vu… sauf pendant les guerres ! »

Jacques Baudrier dans son bureau à l’Hôtel de ville. ©Jgp

Les deux raisons – liées – de ce scénario sont connues : d’un côté, le nombre de logements inhabités, souvent enregistrés en résidences secondaires, explose ; de l’autre, les passoires thermiques classées F ou G – les deux pires étiquettes du DPE, le Diagnostic de performance énergétique – sont interdites à la location depuis le 1er janvier 2025 ou le seront en 2028. « La rénovation d’un logement E, généralement construit après 1945 et habité par un propriétaire occupant, coûte environ 40 000 euros, indique Jacques Baudrier. Les travaux pour un G, dans des immeubles qui datent souvent d’avant 1939, voir avant 1914, s’élèvent à 80 000 euros. »

Or, un grand nombre de logements F et G sont des résidences secondaires. « Les propriétaires, s’ils n’habitent pas l’immeuble, ne sont pas très motivés pour démarrer les chantiers. D’autant que les aides publiques ne sont pas bien ciblées. Résultat : on rénove peu les F et très peu les G, qui restent inoccupés », observe l’adjoint d’Anne Hidalgo. « En ce moment, beaucoup d’Américains achètent des appartements dans les 6e et 8e arrondissements de Paris », ajoute-t-il

« Taxer les logements vacants » et « augmenter les aides à la rénovation »

Pour remédier à cette situation, Jacques Baudrier réclame deux « mesures d’urgence » : « Taxer drastiquement les logements vacants, pour faire sauter les freins ; et augmenter massivement les aides publiques à la rénovation des habitations F et G. » Il suggère des « recettes fiscales dédiées », fléchées vers l’Anah, l’Agence nationale de l’habitat, comme une augmentation les DMTO (Droit de mutation à titre onéreux) sur les résidences secondaires ; « ce qui pourrait rapporter 2 ou 3 milliards d’euros par an. » Ainsi qu’un « abondement très important des crédits de l’Etat consacrés aux rénovations thermiques ».

L’adjoint n’ignore pas cependant que le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé le 15 avril qu’il souhaite réaliser 40 milliards d’euros d’économie sur le budget de la France en 2026. Et que le dispositif MaPrimeRénov’ pourrait en faire les frais. Face au dérèglement climatique et à la crise de l’immobilier, Jacques Baudrier espère que le gouvernement ne fera pas « les mauvais choix ».

Il a réuni récemment son Observatoire de l’immobilier locatif privé, regroupant des acteurs du secteur, comme Se Loger, Particulier à Particulier (PAP) ou la FNAIM. Tous convergent vers le même constat. « Les annonces de mise en location ont diminué de 25 % en 5 ans, résume-t-il. La légère hausse de 2024, les effets de la baisse des taux et des prix sont déjà effacés. » Et de marteler : « Avec cette histoire de résidences secondaires et de logements classés F et G, le rythme du nombre d’appartements qui disparaissent du marché locatif privé risque de doubler en Ile-de-France en 2025. Alors que, dans le même temps, la population va augmenter. L’heure est grave. »

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