Hidalgo/JO : Jean-Christophe Fromantin dénonce « des méthodes nuisibles et stériles »

Après qu’Europe 1 a révélé vendredi 17 juin 2016 une lettre d’Anne Hidalgo qui demanderait à François Hollande de renoncer à la candidature de la France à l’organisation de l’Exposition universelle de 2025, Jean-Christophe Fromantin réagit, redoutant que les deux candidatures soient pénalisées in fine.

Depuis quelques semaines, il se disait que Manuel Valls s’était personnellement adressé à Jean-Christophe Fromantin pour attirer son attention sur le fait que la candidature de la France à l’Exposition universelle 2025 handicaperait celle du pays pour les JO de 2024. Certains commentateurs indiquaient que, contrairement à l’Expo U, dont la candidature est financée jusqu’à présent par des fonds privés, l’investissement des pouvoirs publics dans la candidature pour les JO se chiffre en millions d’euros que l’Etat entend bien rentabiliser… La perspective de l’adoption d’une loi olympique, facteur d’accélération des projets d’aménagement liés à l’événement, contribuerait également à aviver la flamme des promoteurs des JO. On savait également que la faible localisation de l’Expo U à Paris agaçait la mairie.

En toutes hypothèses, le président d’ExpoFrance 2025, dont nous publions la réaction, ne croit pas que l’exécutif ait tranché en faveur des Jeux olympiques « alors que le 25 mai dernier, à l’occasion d’un rendez-vous à l’Elysée avec Jean-Pierre Jouyet, et le 8 juin, lors d’un rendez-vous avec Manuel Valls à Matignon, l’un et l’autre ont confirmé l’intention de notifier, dans les semaines à venir la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025 ».

Fromantin©Jgp

Jean-Christophe Fromantin, le 3 mai dernier dans les salons de l’hôtel de Lassay. © Jgp

« Cette hypothèse me surprend d’autant plus que la candidature a fait l’objet d’un rapport d’information de l’Assemblée nationale voté à l’unanimité en novembre 2014, que le président de la République a confirmé la candidature française dès le 6 novembre 2014, qu’une très forte mobilisation se construit jour après jour autour de ce projet et que depuis plus d’un an une Délégation interministérielle est en charge de la coordination de l’action publique », affirme le maire de Neuilly-sur-Seine.

Des dizaines de partenariats

« Je m’étonne qu’une candidature qui a été mise au point par près de 1 000 jeunes Français issus de 12 grandes écoles et universités, qui fédère 27 grandes entreprises françaises, de nombreuses start-up et des centaines de PME, qui réunit des élus de gauche comme de droite, qui rassemble dans son comité de soutien près de 110 000 membres issus de tous les territoires, qui mobilise des dizaines de partenariats avec des organismes professionnels, qui est suivi par 16 métropoles régionales et qui n’engage pas un seul euro d’argent public, puisse être remise en cause à la seule demande de la ville de Paris pour laisser plus de place aux JO. »

« Je m’étonne qu’une candidature, dont le président de la République a appelé lui-même à ce qu’elle soit celle de « toute la France, de toutes les villes de France » et que le Premier ministre a souhaité être celle du Grand Paris, puisse être à ce point être menacée par les oukases du maire de Paris […] D’autant qu’au cours de la mission parlementaire la ville de Paris déclarait à propos de la localisation de l’Exposition universelle que « le développement de Paris intra-muros est aujourd’hui parvenu à maturité […] et que nous militons pour que l’Exposition universelle accompagne la dimension du Grand Paris et mette en valeur sa dimension polycentrique » […] Je m’interroge sur cet égocentrisme car la ville de Paris n’est pas seule à représenter ni la France ni le Grand Paris. »

« Sur le fond, les propos qui sont tenus sont faux : La candidature, construite autour du Village global et des Forums thématiques est conforme aux règles du BIE ; elle respecte l’unité de lieu pour tous les pays. Elle fait l’objet d’un travail très méthodique depuis trois ans sur la base:

  • des travaux des grandes écoles et universités,
  • de plusieurs rencontres avec le BIE,
  • des 120 auditions de la mission parlementaire,
  • des travaux d’approfondissement menés avec les entreprises et les experts du cabinet Deloitte, avec les architectes Jacques Ferrier, Pauline Marchetti et leurs équipes – en charge du Pavillon Français à Shanghaï – et, plus récemment avec les équipes du cabinet McKinsey. »

« Enfin, je m’étonne de telles méthodes stériles et nuisibles. Souvenons-nous que la candidature de Paris à l’Exposition universelle de 1989 avait échoué à cause d’un conflit entre le président de la République et le maire de Paris. Ne prenons pas le même risque […] Je regrette cette idée que torpiller l’Exposition universelle valorisera la candidature pour les JO… Je crois malheureusement que ce comportement aura l’effet inverse. »

Des projets « ni concurrents ni opposés » pour la Région

Du côté de la Région, on continue de penser que l’Expo U « permettrait de contribuer à l’attractivité et au rayonnement international de notre pays et aurait des retombées importantes en termes économiques et d’emplois pour le territoire, notamment avec l’implantation en Ile-de-France du Village global. Les deux projets que sont la candidature Paris 2024 pour les Jeux olympiques et paralympiques et la candidature pour l’Exposition universelle 2025 ne sont ni concurrents ni opposés, font valoir Valérie Pécresse et Laurent Lafon, mais sont bien au contraire complémentaires.

L’investissement le plus important, celui dans les nouvelles infrastructures de transport intéresse les deux projets. Si la France accueille ces deux événements d’envergure mondiale, les préparatifs de l’Exposition universelle 2025, ne gêneront en rien le déroulement des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 qui se tiendront l’année précédente, estime l’exécutif régional, d’autant que Jean-Christophe Fromantin a pris l’engagement d’un financement très largement privé d’ExpoFrance 2025 ».

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