Emmanuel Grégoire présente son plan d’action pour la voirie et les espaces publics

Entouré de sa première adjointe Lamia El Aaraje et d’une brochette d’adjoints concernés, le maire de Paris a présenté lundi 11 mai le plan d’action pour une ville plus propre, plus sûre, et plus agréable à vivre. En filigrane, un changement de méthode, mélange de concertation et de répression accrues.

En présentant ses grandes orientations en matière d’amélioration de l’espace public parisien, Emmanuel Grégoire a rappelé que le sujet avait été au centre de la récente campagne en vue des municipales. Le nouveau maire de Paris, qui entend inscrire son mandat dans « l’hyper-proximité », compte bien prendre à bras-le-corps ce sujet polymorphe. « Nous voulons une ville mieux tenue, plus propre, plus sûre et plus agréable à vivre. C’est pour nous une priorité », a-t-il souligné, accompagné d’une brochette d’adjoints.

Les personnes en situation de handicap, les femmes et les enfants constituent les cibles prioritaires des multiples actions décrites ce lundi 11 mai. Tout cela à budget constant : « la période invite à la sobriété », a déclaré l’élu, concédant toutefois que sur un budget annuel d’achats de biens et de services d’1,7 milliard d’euros, « la Ville pourrait trouver quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires, s’il le fallait ».

Emmanuel Grégoire, maire de Paris, le 11 mai 2026. © Jgp

Emmanuel Grégoire a annoncé son intention de rendre Paris plus propre, citant à la fois les trottoirs parfois jonchés d’encombrants, les chantiers au calendrier élastique, menés par des concessionnaires s’autorisant des libertés avec les dates prévues, des terrasses de café outrepassant leurs autorisations. Se basant sur une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), la Capitale compte traiter en urgence 1 000 points noirs identifiés, dans le cadre d’une coopération renforcée avec les maires d’arrondissement (voir ci-dessous).

Répression accrue

S’agissant des concessionnaires, le maire de Paris a indiqué que la réflexion en vue du retour en régie de la maîtrise d’ouvrage de leurs travaux, qui leur a été déléguée il y a une dizaine d’années, se poursuit.

La municipalité annonce une répression accrue des incivilités qui entachent la Capitale. Le règlement de voirie régissant les étalages et les terrasses sera révisé, et une déléguée générale au design et à l’esthétique recrutée. Cette dernière aura notamment pour mission d’actualiser le référentiel sur l’esthétique de Paris élaboré il y a quelques années.

Le maire de Paris était accompagné de plusieurs de ses adjointes et adjoints, de g. à dr. Pierre Lombard (propreté), Dan Lert (transports), Thomas Chevandier (espace public), François Vauglin (urbanisme et architecture), Lamia El Aaraje (1er adjointe), Antoine Guillou (espaces verts) et Barbara Gomes (égalité femmes / hommes) © Jgp

La sécurité des cyclistes et des piétons figure également au centre des préoccupations de la nouvelle municipalité. Emmanuel Grégoire se fixe un objectif de zéro mort, zéro blessé, et entend lutter activement contre les comportements dangereux. Une brigade spécialisée de la police municipale va voir le jour à cette fin. Les pistes cyclables vont disparaître des trottoirs, et les pistes défaillantes, celle du boulevard Sébastopol « insuffisante », ou celle du boulevard Magenta « inadaptée », vont être améliorées.

Les cars touristiques ont eux du souci à se faire, le maire de Paris souhaitant à terme les voir purement et simplement disparaître de la ville, grâce à un remisage extra-muros.

Soigner l’exécution

Paris va poursuivre par ailleurs sa transition écologique, grâce à la création de 80 cœurs piétons, 25 km de promenade piétonne ininterrompue sur les voies sur berges, et 10 km de petite ceinture ouverte au public supplémentaires. La transformation des grandes places et des portes de Paris va être accélérée, de même que le projet de transformation du périphérique, avec un premier tronçon au niveau de Gentilly (Val-de-Marne), où la voie rapide sera transformée en boulevard urbain végétalisé et un franchissement piéton mis en place.

La Ville souhaite pacifier l’espace public. © Jgp

La marquage au sol sera parfois repensé, par exemple place de la Bastille, où il est difficile de savoir quelle voie emprunter. © Jgp

« Nous ne sommes pas contre la voiture », a également indiqué Emmanuel Grégoire, avant de réaffirmer sa volonté de faire en sorte d’en réduire le nombre, et d’agir pour qu’un quart des places de stationnement soit spécialisées, à destination des personnes à mobilité réduite et des professionnels notamment.

Le tout avec un soin porté à l’exécution des travaux, à leurs finitions, « à l’aune desquelles on juge la complétude d’un projet », ainsi qu’à la concertation avec les différentes parties prenantes, au premier rang desquelles figurent les habitants d’une part et les milieux économiques d’autre part.

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