Bruno Beschizza réélu à la présidence de Paris Terres d’envol

Le président sortant de l’EPT Paris Terres d’envol, Bruno Beschizza (LR ; Aulnay-sous-Bois), a été réélu samedi 11 avril avec 67 voix face à Diven Lecuir (LFI ; Le Blanc-Mesnil), qui a recueilli 9 suffrages.

Le suspense était modéré samedi matin lors de l’installation de l’exécutif de Paris Terres d’envol (*). D’une part parce qu’avec 42 sièges contre 38 pour la gauche, la droite demeure majoritaire au sein de l’instance, malgré le basculement du Blanc-Mesnil et de Villepinte de droite à gauche. D’autre part parce que la grande majorité des maires du Territoire sont viscéralement attachés à la gouvernance partagée mise en œuvre depuis la création de l’EPT. À l’image de celle qui prévaut à la Métropole du Grand Paris, ce mode de gestion affirme la primauté des communes sur l’intercommunalité, vécue comme une coopérative de villes, un organe plus technique que politique, au service de ses communes membres mais ne devant en rien décider à leur place ou leur imposer des choix. Or Bruno Beschizza incarne ce modèle.

Installation de l’exécutif de Paris Terres d’envol, samedi 11 avril. © Jgp

Diven Lecuir (LFI ; Le Blanc-Mesnil). ©Jgp

François Asensi (DVG), doyen de la séance. © Jgp

Toutefois samedi matin, à l’espace Saint-Exupéry d’Aulnay-sous-Bois, Diven Lecuir, conseiller municipal (LFI) du Blanc-Mesnil, a contesté ce consensus. Il s’est porté candidat, dénonçant « l’opacité » et « les accords feutrés » de la gouvernance actuelle. L’élu a affirmé ses valeurs : « Je crois en la solidarité, en la justice sociale, au service public, à l’antiracisme, au féminisme, à la lutte contre les injustices climatiques, qui doivent être au cœur de nos enjeux », a-t-il énuméré.

Un positionnement que n’a pas suivi le tombeur de Thierry Meignen (LR) au Blanc-Mesnil, Demba Traoré, (SE) qui a, comme la totalité des autres maires du territoire, appelé à voter pour Bruno Beschizza. « Bruno a fait le job », a résumé François Asensi (DVG), doyen de la séance, acclamé par ailleurs par les élus présents, à la demande de Bruno Beschizza, à l’issue de ses 7 mandats à la mairie de Tremblay-en-France.

En marge de ce conseil, Franck Cannarozzo (LR), adjoint au maire d’Aulnay, théorisait cette volonté de ne pas faire de l’intercommunalité une instance politique : « Nous sommes des élus de nos villes. Nous n’avons aucune légitimité à intervenir sur les choix des maires des autres communes. Notre seule fonction est de les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets. » Des propos similaires à ceux tenus en séance par le maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde : « Que diriez-vous si Paris Terres d’envol décidait de mettre en œuvre la politique de Thierry Meignen qui vient d’être  battu au Blanc-Mesnil ? », a-t-il demandé en s’adressant au candidat malheureux à la présidence du Territoire. Un Thierry Meignen dont les oreilles ont sifflé à plusieurs reprises tout au long du conseil, pour son opposition permanente au Territoire, et pour sa volonté de gentrifier le Blanc-Mesnil, avec pour résultante un départ forcé des habitants les plus modestes mais aussi d’entreprises majeures pour le Territoire, à l’instar d’Air Liquide, comme la rappelé François Asensi.

Bruno Beschizza : « Paris Terres d’envol est une coopérative de villes, pas un exécutif au-dessus des communes »

Bruno Beschizza, président de Paris Terres d’envol. © Jgp

« Nous ne partons pas de rien. Nous partons d’un bilan collectif construit depuis 2016. Il faut se souvenir d’où nous venons : deux agglomérations qui fonctionnaient séparément, un territoire sans histoire commune, composé d’une manière un peu particulière. Et pourtant, nous avons réussi à faire territoire, voire même à créer de vraies relations humaines. Ce défi repose sur un choix clair que nous avons fait dès le départ : un modèle de gouvernance original, qui rassemble l’ensemble de l’arc républicain, qui refuse la politisation partisane. Un modèle fondé sur une idée simple : ici, tout part des villes. Le Conseil des maires en est la pierre angulaire. C’est là que s’exprime la seule légitimité, celle du suffrage universel. L’EPT n’est pas un exécutif. Comme le disait François Asensi, c’est une coopérative de villes. Il n’est pas au-dessus des communes, il est à leur service. Dans cette assemblée, on peut très bien ne pas s’apprécier compte tenu de nos convictions. Mais on doit se respecter. Mieux : on doit se juger sur ce que l’on fait pour nos villes, et non sur des préjugés. Construire l’ANRU de Drancy et de Sevran n’est ni de droite ni de gauche. Créer un réseau de chaleur au Bourget n’est ni de droite ni de gauche. Voter une subvention demandée par la ville de Sevran n’est ni de droite ni de gauche. Revoir complètement le PLUi de Villepinte n’est ni de droite ni de gauche. Défendre contre vents et marées le projet du Colisée que voulait depuis vingt ans la ville de Tremblay n’est ni de droite ni de gauche. Voilà ce qu’est ce territoire : un outil au service des maires et des habitants, tout simplement. »

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