7 rue Tolbiac : les failles généreuses d’un immeuble mixte d’Emerige

Emerige va livrer prochainement un ensemble mixte au 7 rue de Tolbiac, dans le 13e arrondissement de la Capitale. 80 logements et des commerces trouveront place derrière une façade tramée, en pin douglas. Outre le défi technique lié à la proximité du métro en sous-sol et à la déclivité de l’emprise, les encorbellements et les failles qui séparent les différents blocs dessinés par Vincent Parreira confèrent à l’ensemble une pulsation et une générosité singulières.

L’emprise sur laquelle s’élève le bâtiment du 7 rue de Tolbiac, dans le 13e arrondissement de Paris, se caractérise par la déclivité forte qui sépare la rue du Chevaleret et celle de Tolbiac, la première se situant entre cinq et six mètres sous la seconde. « Historiquement, les deux rues étaient de standing très différent, la rue du Chevaleret étant empruntée par les cheminots, la rue Tolbiac étant plus noble », rappelle Vincent Parreira (AAVP architecture).

L’architecte a imaginé une même façade en drapé de verre qui se plisse sur les deux niveaux donnant sur la rue du Chevaleret et sur le rez-de-chaussée de la rue de Tolbiac, unifiant l’ensemble. Ces trois niveaux seront dédiés aux commerces et à l’entrée de l’immeuble. Même homogénéité pour les halls d’entrée, aux volumes magistraux, qui ne diffèrent pas selon qu’ils donnent accès aux logements intermédiaires ou en accession.

Le 7 rue de Tolbiac, Paris 13e. © Jgp

Vincent Parreira (AAVP) et Laure Pothier (Emerige résidentiel). © Jgp

L’architecte a imaginé une même façade en drapé de verre qui se plisse sur les deux niveaux donnant sur la rue du Chevaleret et sur le rez-de-chaussée de la rue de Tolbiac, unifiant l’ensemble. © Jgp

Mais le principal attrait de cet ensemble à l’architecture sensible, généreuse, réside dans les failles dessinées entre les trois principaux blocs qui le composent et permettent une circulation aérée à travers les coursives (l’ensemble compte plus de 1 000 m de linéaires d’espaces extérieurs). A chaque étage, les paliers ouverts offrent des vues traversantes sur Paris. Une série d’espaces partagés sous la forme de « nids » en bois relient également les trois bâtiments du programme, entourés de garde-corps en ferronnerie aux courbes accentuées, qui serviront de tuteurs à la végétation mise en place dans de larges jardinières.

15 m2 d’espace extérieur par appartement

« Parmi les nombreuses singularités de ce programme, nous avons souhaité apporter un soin tout particulier à la conception des logements que nous voulions différenciant : usage(s), volume(s), hauteur sous plafond (de 2,50 m à 3,50 m), luminosité, etc., indique Laure Pothier. Cette ambition a été naturellement portée par l’audace de Vincent Parreira et de ses équipes qui ont conçu des appartements tournés vers l’extérieur. Ils disposent en moyenne de 15 m² d’espace extérieur et d’une dualité équilibrée entre la noblesse du bois et du verre en façade et les prestations qualitatives et esthétiques en intérieur, précise la directrice opérationnelle d’Emerige résidentiel.

Demain, les habitants du “7 rue Tolbiac” rejoindront une maison de ville indépendante, un appartement conçu autour d’un patio intérieur à ciel ouvert ou bien de plain-pied avec une terrasse à 180 degrés sur le sud parisien et profiteront tous d’une terrasse partagée pour échanger, bricoler lire, poursuit Laure Pothier. Aujourd’hui, plus que jamais, l’exigence d’Emerige d’innover dans la conception et la qualité de nos réalisations rejoint notre ambition de créer des lieux propices aux moments de partage et au mieux vivre ensemble ».

Une architecture « presque baroque »

« Nous avons souhaité offrir aux futurs habitants ces espaces où ils pourront se croiser, se retrouver, boire un verre », souligne Vincent Parreira. Les encorbellements, avec des poteaux légèrement décalés à chaque étage, contribuent également à donner à l’ensemble une pulsation singulière. « Ils permettent d’offrir des balcons (chaque appartement possède un espace extérieur) et des terrasses larges et donnent au piéton qui longe l’immeuble l’impression que ce dernier se penche pour le saluer », souligne Vincent Parreira.

Ainsi, les balcons des premiers niveaux sont-ils les moins décalés, pour respecter les règles du plan local d’urbanisme, puis les espaces extérieurs voient leur surface croitre avec les étages, les façades offrant l’apparence d’un bâtiment tramé, « presque baroque », indique l’architecte.

Chaque appartement dispose d’un large balcon ou d’une terrasse. © Jgp

« Nous avons sélectionné du bois issu des forêts françaises qui représentent 635 m3 de matériaux biosourcés », indique l’architecte. © Jgp

© Jgp

Le bâtiment a largement recours au bois, seuls les dalles, les poteaux et les voiles de refend (murs porteurs intérieurs) sont en béton. L’enveloppe extérieure est constituée de murs à ossature bois dotés de revêtement bois en bardage, les balcons étant soutenus par un exosquelette en bois massif constitué de pin douglas autoclave. « Nous avons sélectionné du bois issu des forêts françaises qui représentent 635 m3 de matériaux biosourcés », indique l’architecte.

Plusieurs jardins partagés, dessinés par le paysagiste David Besson-Girard, dont un en terrasse, au sommet de l’ensemble, contribueront à l’agrément des lieux. A noter également les escaliers dessinés par Vincent Parreira pour les duplexes, comme des volutes. Commercialisé en moyenne à 12 000 euros du m² en novembre 2017, l’ensemble des appartements a rapidement trouvé preneur.

Fiche technique :

  • 80 logements (58 en accession, 22 logements intermédiaires)
  • Habitation : 5 352 m2
  • Commerces : 3 152 m2
  • Surfaces de balcon et terrasses : 1 262 m2
  • Surface végétalisée : 433 m2
  • Terrassement : 16 200 m3 (660 m2 de paroi parisienne)
  • Acier : 425 tonnes
  • Béton : 5 761 tonnes
  • Bois : 635 m3
  • 120 m3 de mur à ossature bois
  • 145 m2 de bardage bois essence Mélèze
  • 170 m3 de bois massif essence douglas
  • 200 m3 de CLT en épicea
  • Traitement par autoclave classe 4 pré-grisé sur toutes les faces exposées aux intempéries + application d’un saturateur sur les toutes faces en retraits et protégés
  • Heures : 28 263 h
  • Délais : 32,5 mois
  • Montant des travaux : 19,77 millions d’euros, dont 2,7 millions cotraités.

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