Pierre Garzon, maire de la commune val-de-marnaise, faisait, le 26 mars 2025, le point devant la presse sur ses projets, un an avant des élections municipales auxquelles il entend bien se représenter.
Tout un symbole. C’est dans les locaux flambant neufs de l’hôtel The Originals residence Paris sud Villejuif, dans la ZAC Campus Grand Parc et avec une vue plongeante sur la nouvelle gare Villejuif-Gustave Roussy, que Pierre Garzon, maire (PCF) de Villejuif, a organisé le 26 mars un point presse. Son objectif : présenter les multiples projets qui vont marquer sa dernière année de mandat municipal. « Le début de mandat a été la phase de réflexion, de dessin, d’organisation. En 2025, nous engageons la construction de 1 500 logements », a insisté l’élu, qui n’a pas caché son intention de briguer un second mandat.

Pierre Garzon, maire (PCF) de Villejuif. © Jgp
Reconnue par Gabriel Attal, alors Premier ministre, comme « un territoire engagé pour le logement », la ville est en plein chantier, et ce, dans plusieurs quartiers. Le plus visible et le plus médiatique est celui de la ZAC Campus Grand Parc, où se construisent tout à la fois un biocluster dédié aux sciences de la vie en étroite connexion avec l’Institut Gustave Roussy et un nouveau quartier de ville, avec, à terme, 3 000 logements. Dans la foulée de la réunion, l’élu inaugurait ainsi le nouveau foyer Adoma, situé à l’extrémité nord-ouest de la ZAC, qui remplace une construction très datée désormais détruite. Le 4 avril prochain sera inauguré le lot D1B de la ZAC : il recouvre The Originals residence, une crèche, le Lab 116 – des locaux techtiaires dont le maître d’ouvrage est Perelis et qui sont temporairement occupés par le Paris Saclay cancer campus (PSCC) –, et 187 logements, dont 110 gérés par le bailleur social Valdevy et 77 par le spécialiste du logement intermédiaire In’li. L’ensemble a, en réalité, été livré en octobre 2024 et est déjà opérationnel et occupé. Dans le même quartier sera posée, le 29 avril, la première pierre de l’ensemble construit par Cogedim et, en septembre, une centaine de logements construits par Spirit seront livrés.
« Une gentrification heureuse »
Ces réalisations facilitent certains des autres grands travaux de la ville. Ainsi, de futurs bâtiments de la ZAC vont accueillir une partie des habitants de la cité Alexandre Dumas, située de l’autre côté de la route départementale qui borde Campus Grand Parc. Cela a permis d’organiser un programme complet de réhabilitation de cette cité, incluant quelques démolitions. De la même façon, certains des logements gérés par Valdevy abritent déjà des résidents du quartier Lebon-Lamartine, situé au sud de la ville, et qui fait l’objet d’un vaste programme de déconstruction-réhabilitation mené avec l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). « Cela a accéléré la mise en œuvre du programme », assure Pierre Garzon.
Par ailleurs, ces opérations « en tiroir » participent à l’intégration de « l’ovni» – selon l’expression du maire – qu’est le nouveau quartier de Campus Grand Parc. En effet, a calculé la mairie, sur les 177 logements livrés en octobre dernier, environ 140 sont occupés par des Villejuifois. « Cela permet de ne pas créer de frontière dans la ville et de faire la démonstration que la construction de la nouvelle gare se fait au bénéfice des habitants. Certains avaient peur que l’arrivée du Grand Paris express ne les chasse de la petite couronne », a assuré l’élu. En outre, a-t-il souligné, concernant les logements en accession, leur prix (environ 5 200 euros/m2) a diminué d’environ 10 % depuis 2021, grâce aux chartes signées avec les promoteurs, alors qu’ils avaient progressé de 14 % sous le mandat du précédent maire. « La gentrification est donc maîtrisée et heureuse », assure Pierre Garzon.

Autour de la gare Villejuif-Gustave Roussy se construisent de nombreux bâtiments tertiaires et d’habitation. © Jgp
Enfin, des chantiers sont en cours dans un troisième pôle de la ville, celui situé aux alentours de la gare Villejuif-Louis Aragon, déjà desservie par la ligne 7 du métro et qui accueillera bientôt la ligne 15 sud du Grand Paris express. Alors que sera inaugurée mi-mai une résidence Kauffman & Broad et Valdevy, les financements concernant la refonte du pôle gare ont été récemment bouclés, a assuré l’édile. Ils permettront la déconstruction partielle d’un immense parking-relais et la transformation de l’ensemble en lieu mixte habitations/activités.
Des projets en suspens
Quelques projets restent, toutefois, en suspens : celui d’une pension de famille, demandée par l’Etat, près de la station de métro Villejuif-Louis Aragon. Les financements initialement escomptés de la Région et du Département ont en effet été retirés. Par ailleurs, les discussions sont toujours en cours avec la préfecture concernant l’avenir de la redoute des Hautes Bruyères, propriété de l’Etat située dans la ZAC Campus Grand Parc. Le maire, également président de l’aménageur Sadev 94, souhaiterait qu’elle accueille des bâtiments en lien avec l’orientation scientifique du biocluster. La faculté de médecine de Paris-Saclay, un temps intéressée, et qui a finalement construit un nouveau bâtiment – paraît-il déjà rempli – au Kremlin-Bicêtre, pourrait y établir un learning center. Le préfet, de son côté, avait indiqué souhaiter que soit étudiée la possibilité d’édifier quelques logements sociaux. Pierre Garzon et le préfet Etienne Stoskopf se sont rencontrés mardi 26 mars à ce sujet.

La redoute des Hautes Bruyères, derrière les bâtiments de travaux. © Jgp
Un gros industriel de la pharmacie, « pas encore présent en France », aurait étudié la possibilité d’installer une activité de production à Villejuif. « Nous n’avons pas la possibilité de l’accueillir, mais regardons des possibilités dans les villes voisines », a révélé Pierre Garzon.
L’association des Restos du cœur est en passe de déménager ses activités d’un pavillon villejuifois, intégré à la ZAC Campus Grand Parc et voué à la démolition, vers la ferme urbaine que compte aménager la ville. L’installation définitive sera effective en novembre 2025.