Historique ! Les VIP du Grand Paris express, passés et présents, de Christian Blanc à Karim Bouamrane en passant par Christian Favier ou Etienne Guyot, étaient tous présents samedi matin pour l’inauguration de la station Villejuif-Gustave Roussy. Dernière gare de la ligne 14 prolongée à être ouverte, elle est également la première de la ligne 15 sud du Grand Paris express, qui doit être mise en service à l’été 2026.
Outre celle du ministre délégué aux Transports Philippe Tabarot, la présence des personnalités emblématiques du Grand Paris express, de sa genèse en particulier, suffisait à l’indiquer : l’inauguration de la station Villejuif Gustave Roussy, samedi 18 janvier, revêtait une symbolique extrêmement forte.
Aux cotés des élus locaux du territoire, ainsi que des dirigeants de l’ensemble des instances et structures concernées (voir ci-dessous), Christian Blanc, secrétaire d’Etat au développement de la région Capitale de 2008 à 2010, ou Etienne Guyot président du directoire de la Société du Grand Paris (devenue Société des grands projets) de 2011 à 2014, avaient fait le déplacement. Comme plusieurs intervenants l’ont souligné, cette cathédrale inversée, d’une profondeur de 50 m, dessinée par Dominique Perrault, est non seulement la 21e et dernière station de la ligne 14 prolongée, mais aussi la première gare de la ligne 15 sud du Grand Paris express, qui doit être mise en service en juillet 2026. Si de nouveaux retards n’éloignent pas cette date. Deux lignes opérées par la RATP, puisque la régie a remporté le concours ouvert pour attribuer la 15 sud.
« Ma pensée dans l’immédiat va aux habitants de tout ce territoire et aux quelque 4 000 salariés de l’Institut Gustave Roussy, a déclaré Jean Castex, président de la RATP. Pour eux, on est vraiment dans la vie quotidienne, dans le concret. L’ouverture, dans quelques minutes, de la station, va changer leur vie très concrètement ».
21e et ultime station de la ligne 14
Le prolongement de la ligne 14, de Saint-Ouen à Saint-Denis Pleyel au nord, et d’Olympiades à Orly au sud, avait été mis en service le 24 juin dernier, soit à temps pour les JOP. Située entre les stations Hôpital Bicêtre et L’Haÿ-les-Roses dans le Val-de-Marne, la station Villejuif – Gustave Roussy permet aux habitants de Villejuif de rejoindre désormais le centre de Paris en moins de 20 minutes et l’aéroport Paris-Orly en 10 minutes. Elle permet également d’accéder facilement à l’Institut Gustave Roussy.
« Cet institut, fleuron de l’excellence française, premier centre de cancérologie en Europe, est un motif de fierté pour notre pays, tant par l’exceptionnel niveau de la recherche qui s’y déploie que par le dévouement des milliers de soignants qui y travaillent », a rappelé Jean-François Monteils, président du directoire de la Société des grands projets.

L’émergence de la gare, conçue par Dominique Perrault sous maîtrise d’ouvrage de la Société des grands projets. © Jgp

Valérie Pécresse, présidente de l’Ile-de-France, et Karim Bouamrane, président du conseil de surveillance de la Société des grands projets. © Jgp
Conçue par Dominique Perrault, sous maîtrise d’ouvrage de la Société des grands projets, cette station a nécessité huit ans de travaux. L’équipement est exploité par le groupement ORA, composé de RATP Dev, Alstom et ComfortDelGro. La ligne 14, opérée par la RATP pour le compte d’Ile-de-France mobilités, accueille actuellement une fréquentation quotidienne de 800 000 voyageurs.
La mise en service de son prolongement s’est accompagnée d’une modernisation de la ligne, avec notamment le renouvellement du système de pilotage automatique des trains sans interruption du service, une première mondiale. La ligne 14 sert également de trait d’union entre le réseau historique et les futures lignes 15, 16, 17, et 18 du métro francilien, avec lesquelles elle sera en correspondance. Les quais de la ligne 15 accueilleront une œuvre d’ Iván Navarro, intitulée Cadrans solaires.
Dominique Perrault : « Cette gare va transformer la carte mentale des habitants du Grand Paris »
« Cette gare va évidemment transformer la carte non seulement des transports, mais surtout la carte mentale de ceux qui habitent dans la Métropole, dans la région, dans ce Grand Paris qui se constitue petit à petit. Ici, il y a peu de matériaux, mais beaucoup de géométrie. La lumière naturelle descend jusqu’à 50 mètres de profondeur. Lorsque vous sortez du métro, vous voyez le ciel. Vous êtes dans un cylindre qui a sensiblement le même diamètre que le fût du Panthéon. Un cylindre ventilé naturellement, avec une température minimum d’une quinzaine de degrés en permanence en bas en hiver, sans appareil de chauffage. Nous avons également beaucoup travaillé sur la qualité acoustique. Cette station est dénuée de tunnel, il n’y a pas de galeries, pas de coin d’ombre, pas d’humidité. C’est une relation aux transports conçue comme le prolongement de l’espace public de la ville dans le sol, jusqu’aux portes du métro ».
« Je voudrais dire bravo à tous les maires du Val-de-Marne et les présidents successifs du Département. Parce qu’en fait, avant même que Christian Blanc invente le Grand Paris express, ils se battaient pour une ligne qui s’appelait Orbival et qui était censée être la première ligne qui ferait du banlieue-banlieue en Ile-de-France. Les maires du Val-de-Marne, c’est un peu une équipe de rugby. Ils sont toujours en pack. Ils s’unissent tout le temps. Et puis c’est le département d’abord. Alors cela dit, à leur décharge, le département a souvent été vu comme une banlieue de délestage de Paris. Avec 36 milliards d’euros, le Grand Paris express est le plus grand projet d’investissement du pays. Parfois, j’entends les provinciaux qui dénoncent le fait que l’Etat aurait en l’occurrence privilégié l’Ile-de-France. C’est totalement faux. L’infrastructure du Grand Paris express est financée exclusivement par les impôts des Franciliens, avec la taxe sur l’équipement des ménages, et par les entreprises franciliennes, avec la taxe sur les bureaux et la taxe sur les parkings ».
Un aréopage de VIP
Etaient notamment présents les préfets de Région Marc Guillaume et du Val-de-Marne Etienne Stoskopf, le président du Département Olivier Capitanio et son prédécesseur Christian Favier, le président de Grand Orly Seine Bièvre Michel Leprêtre, la députée écologiste de la 11e circonscription du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian, les maires Pierre Garzon (Villejuif), Hélène de Comarmond (Cachan) et son prédécesseur Jean-Yves Le Bouillonnec, Stéphanie Daumin (Chevilly-Larue), Jacques JP Martin (Nogent-sur-Marne), le président du conseil de développement du Val-de-Marne Dominique Giry, le professeur Fabrice Barlesi, directeur général de l’Institut Gustave Roussy, le directeur général d’Ile-de-France mobilités Laurent Probst ou le directeur de la mission Métropole de la ville de Paris Guillaume Cantillon.
* 300 millions d’euros de coûts des travaux
* 62 m de diamètre sur 51 m de profondeur
* 5 600 m3 de parois moulées de 64 cm d’épaisseur par panneaux successifs de 7 m de large
* 9 niveaux souterrains
* Ligne 14 au niveau -7 situé à 36,7 m de profondeur
* Ligne 15 sud au niveau -9 situé à 48,8 m de profondeur
* Plus de 15 600 m2 d’espaces à aménager dont 60 % de locaux techniques
* 32 escaliers mécaniques et 16 ascenseurs, dont 2 escaliers monumentaux de 40 m de longueur
* 300 000 m3 de terres excavées










