Triangle de Gonesse : le commissaire enquêteur favorable au projet

A la suite de l’enquête publique qui s’est déroulée en janvier et février derniers, le commissaire enquêteur a remis son rapport sur le projet d’aménagement du Triangle de Gonesse le 19 juillet 2018 au préfet du Val d’Oise.

Portée par Grand Paris aménagement, la ZAC du Triangle de Gonesse s’étend sur un périmètre de 299 ha et prévoit un parc d’activité visant à accueillir différents types d’entreprises, le parc de loisirs EuropaCity et une lisière agricole faisant office de transition avec le Carré agricole de Gonesse de près de 400 ha. S’il y a un an la procédure menée sur le seul EuropaCity avait reçu un avis négatif – qui avait entraîné une profonde révision  du projet -, le commissaire enquêteur Bruno Ferry-Wilczek émet, pour sa part, un avis favorable sur l’utilité publique de l’ensemble.

« A partir du moment où le secteur a été juridiquement ouvert à l’urbanisation et que sa localisation exclut quasiment la présence d’habitation, le dossier présenté correspond à un projet urbain permettant de satisfaire les différents objectifs visés », est-il indiqué dans le rapport qui relève également que les avantages de ce projet « sont nettement plus importants pour la collectivité et les populations que les inconvénients qui en résultent ».

Maintien de la ligne 17

Ces inconvénients concernent notamment les effets sur l’environnement « qui dépendent plus de la croissance économique générale que de la localisation précise d’un projet, et qui seront ici minimisés par les importantes mesures prises dans le cadre du projet » ; sur les centres commerciaux alentours, « qui semblent avoir quelques difficultés dès actuellement » ; ou sur les propriétaires fonciers et les exploitants agricoles, « dont le souci concerne plutôt les procédures de cession des terres et d’indemnisation ».

EuropaCity

Vue du parc central d’EuropaCity. © EuropaCity

Le commissaire enquêteur assortit toutefois son avis de plusieurs conditions :

  • la pérennité des règles d’ouverture de ce secteur à l’urbanisation,
  • le maintien de la mise en service de la ligne 17 du Grand Paris express, qui doit relier le site à la station Saint-Denis Pleyel
  • la planification et le financement par les pouvoirs publics de l’échangeur A1/A3/RD 370 « dans un délai qui soit raisonnable et compatible avec la réalisation des objectifs annoncés au schéma directeur d’Ile-de-France ».

Processus de valorisation des terres

Différentes réserves sont également émises, visant par exemple à la définition « d’emprises foncières sanctuarisées » pour réaliser les futures coutures urbaines avec Paris Nord 2, la zone d’activités de la Grande-couture et l’ancien site PSA d’Aulnay. Le rapport demande également des engagements sur la suppression à terme du caractère autoroutier de la partie incluse dans le périmètre de la ZAC de l’échangeur entre la RD 317 et le boulevard intercommunal du Parisis qui sera transformé en boulevard urbain.

La définition de règles concernant les toitures végétales et la création d’un processus de délimitation des aires de chantier et de valorisation des terres sont également réclamées. L’objectif du second point étant que les zones non touchées soient « délimitées, plantées ou exploitées par des agriculteurs et, de manière générale, dédiés à des usages temporaires réversibles qui préservent les qualités du sol ».

Réalisation du barreau de Gonesse

Enfin, le commissaire enquêteur apporte quelques recommandations notamment concernant les transports, afin qu’une solution « efficace » – métro ou tramway – soit mise en place si le « barreau de Gonesse » (liaison ferrée entre le RER B et D) n’était pas réalisé. Des solutions temporaires de mobilité sont également suggérées si des parties d’EuropaCity devaient ouvrir avant la mise en service de la ligne 17 du Grand Paris express.

Grand Paris aménagement doit maintenant préciser les engagements qu’il prend pour lever les réserves, à la suite de quoi le préfet du Val d’Oise pourra se prononcer sur l’utilité publique du projet. La suite de l’opération est toutefois suspendue à l’appel de l’Etat de la décision du juge administratif d’annuler la création de la ZAC.

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