S. de Faÿ : « La crise de l’immobilier est à la fois conjoncturelle et structurelle »  

Le directeur général de Grand Paris aménagement estime qu’il serait erroné de tenter de répondre à la crise immobilière en cours en tentant de sauver un modèle et une chaîne de valeur confrontés au besoin de connaître une profonde mutation.

Après avoir ouvert son propos devant le Club des entreprises du Grand Paris, dont il était l’invité mercredi 13 septembre 2023, en confiant sa modestie face à la crise profonde en cours, Stéphan de Faÿ a estimé qu’il faudrait, une fois passées ses causes conjoncturelles, liées largement à l’envolée des taux d’intérêt, s’atteler à soigner ses causes structurelles.

Concernant la conjoncture, après avoir rappelé l’exception française – si protectrice pour les citoyens – du crédit immobilier à taux fixe, le directeur général de Grand Paris aménagement a évoqué un consensus chez les analystes financiers, au moins à date, selon lequel la courbe des taux d’intérêt entamerait sa décrue dès la fin de l’année, esquissant une amélioration de la situation sur le front du crédit dès le printemps prochain.

Déjeuner du Club des entreprises du Grand Paris, au Sénat, mercredi 13 septembre. © Jgp

Stéphan de Faÿ. © Jgp

Jacques Godron et Stéphan de Faÿ, dans les salons du Sénat. © Jgp

Mais il a insisté sur la nécessité de réinventer en profondeur toute la chaîne de valeur de l’immobilier, caractérisée comme on le sait par une augmentation sur une longue période des coûts de production de l’immobilier et des prix de vente, à des rythmes très fortement supérieurs à celui de l’inflation.

Pendant des décennies, la diminution régulière des taux d’intérêt et l’allongement de la durée des prêts a permis aux acquéreurs d’absorber ces tendances, contre lesquelles « rien de profond n’a jamais été entrepris ».

L’aménageur a réaffirmé sa conviction qu’un nouveau dispositif de défiscalisation, demandé par certains promoteurs, n’aurait pour effet que de maintenir en soins palliatifs le système actuel, « retardant l’adaptation des acteurs à la nouvelle donne ». Les promoteurs en particulier seront amenés – et plusieurs le font déjà – à se réinventer en profondeur.

La pérennité des bureaux en question

L’abandon par Grand Paris aménagement de la mise aux enchères des emprises mises en vente a été évoquée parmi les facteurs de limitation de la hausse des prix. GPA vient, par ailleurs, de décider de limiter fortement la mise en vente des fonciers économiques dont il est propriétaire et crée actuellement une foncière avec la Banque des territoires pour les conserver en portefeuille et les développer en bail à construction.

Stéphan de Faÿ a évoqué également les interrogations de certains spécialistes sur la pérennité du bureau en 2050, classe d’actifs qui pourrait carrément disparaître selon eux. Il s’est étonné de la faible médiatisation des conséquences du décret tertiaire, potentiellement comparables à l’impact qu’aura l’entrée en vigueur progressive du retrait des passoires thermiques (étiquette E, F et G) du marché du logement locatif.

L’aménageur s’est enfin exprimé sur les enjeux de la fabrique de la ville qui doit nécessairement passer d’une économie de la construction neuve à une économie de la réhabilitation. Pour mener à bien l’ensemble de ces transformations, l’une des clés sera, selon lui, de redonner les manettes aux élus locaux.

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