Réinventer Paris – Sous-station Voltaire, le remake

Le projet lauréat de Réinventer Paris conduit par Etoile Cinémas, Olivier Palatre architectes et Demathieu Bard conserve une grande partie du bâtiment existant pour mieux le transformer en l’ouvrant sur le quartier.

L’architecture de la Sous-station Voltaire située le long de l’avenue Parmentier dans le 11e arrondissement de Paris, reprendra une large partie de la structure existante, faisant passer l’ensemble « d’un bâtiment patrimonial fournisseur d’énergie électrique à un bâtiment culturel à énergie sociale », selon la formule d’Olivier Palatre, architecte du projet lauréat de Réinventer Paris.

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L’architecture de la sous-station Voltaire située le long de l’avenue Parmentier dans le 11° arrondissement de Paris, reprendra une large partie de sa structure. © Olivier Palatre

Ce « Cinéma dans les étoiles » se distingue également par sa réversibilité. Il pourra ainsi changer de destination et retrouver sa forme actuelle, le cas échéant, au terme des 40 ans de bail emphytéotique que s’apprêtent à signer les lauréats (Etoile Cinémas, Olivier Palatre architectes, Demathieu Bard construction) avec la ville de Paris.

Cuisine mode d’emploi(s)

L’association « La Générale », qui occupe encore les lieux, et y organise des spectacles, devra le quitter. Mais l’ouverture au quartier et à ses habitants constitue une des caractéristiques majeures du projet selon ses porteurs. La Bellevilloise se verra ainsi attribuer l’animation du hall de la sous-station, y programmant divers événements culturels, à l’image de son lieu de la rue Sorbier, sur les hauteurs de Belleville.

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L’ouverture au quartier et à ses habitants constitue une des caractéristiques majeures du projet selon ses porteurs. © Olivier Palatre

Une école de cuisine, pilotée par Thierry Marx, en partenariat avec Cuisine Mode d’emploi(s), école d’insertion professionnelle, permettra de s’y restaurer à bas prix. L’ensemble de la sous-station, hormis l’accès aux cinq salles de projection, mais jusqu’au toit-terrasse, sera accessible sans barrière ni ticket, « comme un prolongement de la rue », souligne Julien Barathon, Directeur commercial de Demathieu Bard construction, entreprise générale du projet, qui lui apporte son expérience, sa robustesse et son goût de l’innovation et des défis techniques.

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L’ensemble de la sous-station, hormis l’accès aux cinq salles de projection, mais jusqu’au toit-terrasse, sera accessible sans barrière ni ticket, « comme un prolongement de la rue », souligne Julien Barathon, Directeur commercial de Demathieu Bard construction. ©Jgp

« François Vauglin, le maire du 11°, a insisté pour que nous créions un cinéma pour tous », poursuit Julien Barathon. « Le grand portail d’entrée toujours ouvert sera une invitation permanente à pénétrer le lieu sans même nécessairement venir assister à une séance », soulignent ses concepteurs.

Lieu festif

« Il s’agit de penser et de construire un lieu adapté au quartier, à la fois populaire, exigeant, à vocation citoyenne, éducative et d’insertion. Un lieu festif, libre d’accès, qui vit à tous les étages, toutes les heures et ouvert à tous les publics », font également valoir les porteurs du projet.

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Le toit terrasse, jardin suspendu. © Olivier Palatre

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Une des cinq salles du complexe. © Olivier Palatre

La Société des réalisateurs de films (SRF), qui réunit quelques 300 réalisateurs, y installera son siège, lui conférant une identité forte au sein de la communauté du cinéma. « Cela garantit également la qualité des projections, Cédric Klapisch a notamment insisté sur l’importance de l’acoustique », poursuit Julien Barathon.

L’innovation du projet réside, par ailleurs, dans la composition du groupement qui  le porte, et qui a décidé de se passer de promoteur. « L’économie d’un cinéma est tendue et ne supporte pas l’addition des marges », fait valoir David Henochsberg, d’Etoile Cinémas, qui conduit le groupement, composé également de l’atelier d’ingénierie T/E/S/S et du bureau d’études Franck Boutté, spécialiste de la conception et de l’ingénierie environnementale, qui figure dans 3 des 22 groupements lauréats de Réinventer Paris.

Transversalité

« La transversalité du projet en constitue la véritable innovation », résume David Henochsberg, qui évoque également à ce titre l’association avec la Bellevilloise, Thierry Marx et la Société des réalisateurs de films.

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« L’économie d’un cinéma est tendue et ne supporte pas l’addition des marges », fait valoir David Henochsberg, d’Etoile Cinémas. ©Jgp

« La récupération des matériaux, par le recours à la plateforme d’échanges de matériaux de la mairie de Paris ancre ce projet dans l’économie circulaire », ajoute Olivier Palatre, qui souligne l’importance de la conservation de la qualité architecturale du bâtiment existant, son projet valorisant la structure, ne touchant pas aux plafonds, et mettant en valeur les nefs et les tourelles en place, ces dernières étant intégrées à la ventilation naturelle des lieux conçue par Franck Boutté. L’architecte met également en avant l’innovation spatiale, notamment par la création de  terrasses/jardins suspendus en toiture. Ce toit terrasse, surélevé, accueillera un rocher, bloc de matériau minéral, en cours d’étude au sein du département R&D de Demathieu Bard construction.

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© Olivier Palatre

Ecrin végétal

La surélévation du bâtiment constitue une autre des innovations, « perçue le jour comme un rocher blanc et minéral dans un écrin végétal, évoquant un paysage de montagne ou un nuage dans le ciel. Un paysage que l’on arpente, que l’on s’approprie, une manière que l’on expérimente. En soirée, le rocher opalescent se colore d’une lumière diffuse, reflétant l’activité du lieu », indique encore l’architecte.

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L’architecture de la sous-station Voltaire reprendra une large partie de sa structure, faisant passer l’ensemble « d’un bâtiment patrimonial fournisseur d’énergie électrique à un bâtiment culturel à énergie sociale », selon la formule d’Olivier Palatre. ©Jgp

« L’aménagement permettra de vivre et arpenter le bâtiment autrement, ajoute-t-il, de se réapproprier ses espaces tout en mettant en valeur ses atouts : la structure, la façade, les lanterneaux de toiture, poursuit l’architecte. Il s’agit de s’appuyer sur ce qui existe pour porter des innovations techniques et d’usage. »

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