Le Randopolitain, labellisé « Olympiade culturelle », se propose d’offrir aux habitants la possibilité d’effectuer des randonnées d’exploration de leur propre territoire. Explications croisées de Richard Curnier, directeur Ile-de-France de la Banque des territoires, qui soutient l’initiative, et de Vianney Delourme, co-fondateur d’Enlarge your Paris.
Pourquoi la Banque des territoires a-t-elle souhaité s’associer au Randopolitain ?
Richard Curnier : La Banque des territoires a été très impliquée dans la création d’infrastructures olympiques, notamment du Village des athlètes. Il est donc apparu naturel qu’elle soit partenaire d’une politique qui inscrit son action dans le cadre de l’Olympiade culturelle et qui donne aussi l’occasion d’apporter un nouveau regard sur les territoires franciliens. L’objectif était de regarder au-delà du périphérique afin de découvrir des lieux soutenus par la Banque des territoires qui contribuent à la transition environnementale du territoire et qui permettent de mieux se projeter dans la phase « héritage » des JOP.
Vianney Delourme : Notre ambition est de montrer que la marche, que ce soit en milieu urbain ou périurbain, est une bonne manière de redécouvrir un territoire. Ce partenariat avec la Banque des territoires a forgé une grande équipe qui a permis la réalisation de ce projet au long cours. L’idée est de montrer que le paysage francilien est un territoire sportif et qu’il suffit d’un pass Navigo, d’une paire de baskets et d’une bouteille d’eau pour le découvrir grâce aux 390 gares desservies par Transilien SNCF Voyageurs et aux centaines de kilomètres de sentiers de randonnée balisés dans la région. Il offre une diversité de balades différentes (architecturales, sportives, patrimoniales…) qui s’ancrent dans l’intérêt de la Banque des territoires pour le sujet du paysage. C’est donc une démarche de mécénat que nous avons mise en œuvre avec Richard Curnier et la Caisse des dépôts et qui montre que, oui, nous sommes un territoire olympique mais qui aspire à laisser un héritage à ses habitants des infrastructures et des paysages qui ont fait parler le monde entier.
Est-ce aussi une façon pour la Banque des territoires d’apporter son soutien au développement des mobilités douces ?
Richard Curnier : Oui, la mobilité est un des enjeux clés de la transformation écologique, qui avec la cohésion sociale et territoriale sont les deux axes d’intervention principaux de la Banque des territoires. Nous nous sommes donnés comme mission d’accélérer le basculement vers une mobilité décarbonée qui inclut évidemment la mobilité douce. C’est une des solutions de déplacement les moins émissives, les moins polluantes et les plus inclusives. Cela coïncide parfaitement bien avec l’objectif du Randopolitain.
Vianney Delourme : L’Office national des forêts et Ile-de-France nature nous ont beaucoup soutenus dans notre démarche. La région Ile-de-France est composée à 25 % de forêts domaniales ou publiques. Il est donc nécessaire de sortir de la logique du déplacement en voiture dans les espaces périurbains. Cela permet d’arrêter d’encombrer les espaces naturels avec des voitures et de limiter les dégâts infligés à ces espaces et ce, notamment, grâce au pass Navigo et à un large maillage de transports partagés et décarbonés. C’est un sujet d’attractivité du territoire, de qualité de vie et de santé publique.
De quelle manière une initiative comme le Randopolitain s’inscrit-elle dans des enjeux de santé publique ?
Vianney Delourme : On en a eu un bel exemple lors de la période du confinement quand les gens étaient enfermés chez eux : beaucoup témoignent s’être mis à la randonnée après des moments d’angoisse intense liés à un sentiment d’enfermement. Le lien avec la santé mentale et physique est très clair : être privé de la fréquentation d’espaces naturels provoque des dépressions et une dégradation de la santé publique. Chez les plus jeunes, on assiste également à des problèmes de santé publique causés par une hyper sédentarité. C’est le fait de vivre constamment avec son téléphone portable ou de se promener en trottinette électrique. Ainsi, le nombre de kilomètres réalisés chaque année par les jeunes s’effondre. Aujourd’hui, il s’agit de faire de la marche un sport pour tous.
Nous aimerions beaucoup développer, pourquoi pas en partenariat avec la Banque des territoires, l’idée d’ordonnance de fréquentation de nature et de marche. Cette prescription sociale, qui serait validée par les institutions, inciterait les gens à prendre soin de leur santé, par anticipation.
Richard Curnier : La Banque des territoires a inscrit la santé au cœur de ses engagements et de ses priorités stratégiques pour lutter contre les déserts médicaux au service de la cohésion sociale et territoriale. L’objectif est de développer l’accès aux soins qui permet de renforcer l’attractivité de certains territoires. On a donc un rôle d’accompagnement et d’appui des politiques publiques sur le sujet de la santé, ce qui paraissait aussi entrer en résonance avec les valeurs du Randopolitain.
Comment et grâce à qui est né le Randopolitain ? Quelles sont ses perspectives futures ?
Vianney Delourme : Les trois organismes qui ont conçu le Randopolitain sont Enlarge your Paris, Transilien SNCF Voyageurs,et la Fédération de randonnée au niveau national, régional et départemental. Paris 2024 et la ville de Paris et la région Ile-de France ont contribué à notre visibilité en nous labellisant « Olympiade culturelle » pour trois ans. Nous saluons aussi le soutien de l’Institut Paris Region qui a réalisé la cartographie des parcours et naturellement, la Banque des territoires qui participe grandement au projet avec également le soutien d’EDF Ile-de-France.
Pour cette édition nous avons fait intervenir des musiciens, chanteurs, jardiniers, poètes, philosophes, paysagistes, écologues forestiers… Ils étaient envoyés par les différents partenaires afin de témoigner aux participants de la richesse de notre patrimoine. Cette année, on fait le tour des terminus de SNCF Transilien avec le GR1. On traversera bientôt la forêt de Rambouillet avec un parcours de 60 kilomètres pour les sportifs aguerris. Ensuite, on rentrera dans Paris en traversant la vallée de Chevreuse et les forêts des Hauts-de-Seine. Cela promet d’être un très beau voyage.
EYP vient de publier un carnet des 10 coups de coeur du Randpolitain pour marquer la fin du cycle, un carnet qui sera diffusé électroniquement par SNCF Transilien à ses usagers et qui est téléchargeable sur enlarge your paris.https://www.enlargeyourparis.


