Des élus demandent la mise en place du plan grand froid en Ile-de-France

Alors que les températures sont descendues en dessous des normales de saison, plusieurs élus parisiens et franciliens de gauche interpellent l’État pour qu’il déclenche le plan grand froid dans la Capitale. Dans l’entourage de ministre du Logement Vincent Jeanbrun, nommément mis en cause, on rappelle que l’activation de ce plan dépend du préfet, ajoutant que des mesures d’urgence sont déjà mises en œuvre. En parallèle, la région Île-de-France a annoncé la reconduction et le renforcement de son dispositif hivernal, doté cette année de 1,25 million d’euros, un niveau présenté comme inédit.

La vague de froid qui s’installe en Île-de-France ravive les tensions autour de la prise en charge des personnes sans-abri à Paris. Depuis jeudi, plusieurs élus de gauche demandent à l’État d’activer le plan grand froid dans la capitale, alors que les températures oscillent entre –2 °C et 5 °C. Un dispositif qui, s’il est déclenché par les préfets, permet notamment l’ouverture temporaire de places d’hébergement supplémentaires, l’extension des horaires d’accueil de jour et le renforcement des maraudes.

Sur les réseaux sociaux, Emmanuel Grégoire, député socialiste et candidat aux municipales à Paris, évoque une situation d’urgence : « Des milliers de personnes dorment dehors. Des hommes, des femmes, des enfants. Qu’attend l’État pour déclencher le plan grand froid ? » Même tonalité du côté de Ian Brossat, sénateur de Paris et co-président du groupe communiste au Conseil de Paris, qui dénonce « des centaines de personnes sans solution d’hébergement » et accuse le gouvernement d’inaction.

Dans l’entourage du ministre du Logement Vincent Jeanbrun, nommément mis en cause par certains, on rappelle que l’activation du plan grand froid relève du préfet et non du gouvernement. On ajoute que l’activation de ce plan répond à des stricts critères météorologiques, soit trois jours consécutifs lors desquels la température est inférieure à 3° C. Et on ajoute qu’en attendant un probable déclenchement de ce plan, les préfets franciliens ont pris des mesures afin d’élargir les plages d’accueil d’urgence et renforcé les maraudes.

La vague de froid qui s’installe en Île-de-France ravive les tensions autour de la prise en charge des personnes sans-abri à Paris. © Jgp

Dans ce contexte, la région Île-de-France met en avant sa propre action. Elle a annoncé la reconduction de son plan Grand froid 2025-2026, doté cette année de 1,25 million d’euros, soit le niveau le plus élevé depuis la création du dispositif en 2017. En neuf ans, la collectivité indique avoir financé 133 projets pour un montant cumulé de 5,75 millions d’euros, afin de soutenir les associations intervenant auprès des publics sans domicile pendant l’hiver.

Pour l’hiver à venir, 18 projets doivent bénéficier de ce soutien régional. Les crédits permettront notamment de renforcer les maraudes sociales et alimentaires, de financer la distribution de repas chauds et d’équipements thermiques, ou encore de soutenir l’ouverture de lieux d’accueil de jour et de nuit. Parmi les projets soumis au vote de la commission permanente de janvier figurent 400 000 euros pour les Restos du Cœur de Paris, destinés à l’ouverture d’une cuisine à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), 200 000 euros pour la protection civile afin de développer de nouvelles maraudes, ou encore 65 000 euros pour les banques alimentaires, pour moderniser les chambres froides de l’entrepôt de Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

La Région souligne également la mise à disposition de bâtiments publics vacants, comme les lycées Valadon et Charles-de-Gaulle à Paris, fermés à la rentrée 2023 et reconvertis pour l’accueil d’urgence, ainsi que le soutien aux Maisons Région solidaire d’Asnières-sur-Seine, d’Issy-les-Moulineaux et de Paris. Autant de mesures que l’exécutif régional présente comme complémentaires de l’action de l’État, au moment où les appels à l’activation du plan grand froid se multiplient dans la Capitale.

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