Vincent Jeanbrun s’est rendu sur la plateforme du SIAO (Service intégré d’accueil et d’orientation) du Samusocial de Paris le jeudi 27 novembre dernier, dans le 13e arrondissement de Paris. L’occasion pour le ministre de s’acculturer au monde de l’hébergement d’urgence et de faire remonter les problèmes rencontrés par les agents sur le terrain.
Le ministre Vincent Jeanbrun a laissé de côté son habituel costume-cravate pour lui préférer un pull à col roulé et un jean pour une visite du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) du Samusocial de Paris, dans le 13e arrondissement de la Capitale, afin d’échanger avec les agents qui font vivre et animent ce service d’urgence sociale. « Notre mission est d’aller vers les personnes à la rue, de les soigner, de les accompagner vers une sortie de rue », a rappelé d’emblée le président du Samusocial de Paris, Alain Christnacht. « C’est un héritage de Xavier Emmanuelli que vous faites vivre, un défi de la République de ne laisser personne derrière. Votre présence sur le terrain est précieuse », a répondu Vincent Jeanbrun, quelques jours après le décès du président historique de la structure, disparu le 16 novembre dernier.

Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun dans les locaux du Samusocial de Paris, le 27 novembre 2025. © Arnaud Paillard pour Jgp

Alain Christnacht, président du Samusocial de Paris. © Arnaud Paillard pour Jgp
« Nous sommes sensibles à la volonté que vous avez manifestée de rencontrer les équipes », lui a assuré Alain Christnacht. Au centre d’écoute du SIAO, qui réceptionne les 1 500 appels quotidiens au 115, les coups de téléphone se suivent et se ressemblent : « 115 de Paris, bonjour Madame … Non désolé il n’y a plus de place ce soir. … Avez-vous une autre solution d’hébergement ? ». « Il est déjà tard et les places sont limitées. Le Samu Social n’a que 195 places pour les personnes isolées. À cette heure-ci, tout est déjà complet », confie Cécile Rabouin, responsable du pôle veille sociale au sein du Samusocial. Les familles sont, elles, hébergées dans des hôtels.

Le centre d’écoute du SIAO réceptionne les 1 500 appels quotidiens au 115. © Arnaud Paillard pour Jgp

Vincent Jeanbrun aux côtés d’une opératrice du Samusocial de Paris. © Arnaud Paillard pour Jgp
Au-delà de l’hébergement d’urgence, le Samusocial doit accompagner le public fragile vers une solution de logement pérenne. Le groupement d’intérêt public gère en propre une pension de famille de 28 logements à Paris, mais fédère bien au-delà en jouant un rôle de mise en réseau des acteurs publics et associatifs. « Nous attachons une attention particulière aux sorties. Nous avons énormément de personnes qui sont prêtes à sortir de nos structures à condition de disposer d’un logement social. 7 000 places pourraient potentiellement être disponibles si les ménages prêts à sortir de l’hébergement d’urgence trouvaient une solution », appuie Martin Choutet, co-responsable du pôle habitat du Samusocial. « On est un peu obnubilé par cette histoire de sorties pour fluidifier les parcours », poursuit-il.

Martin Choutet, co-responsable du pôle habitat du Samusocial. © Arnaud Paillard pour Jgp

© Arnaud Paillard pour Jgp

© Arnaud Paillard pour Jgp
« Les durées de séjour en hébergement d’urgence sont plus élevés en Île-de-France du fait d’un poids de l’hébergement en hôtels plus important qu’ailleurs. La durée moyenne en hébergement d’urgence dépasse les 30 mois », a précisé Jérôme d’Harcourt, délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, présent ce jeudi 27 novembre. Il est 21h, sur la plateforme d’écoute du 115, les sonneries de téléphone se poursuivent, au moins pour une partie de la nuit, alors que des équipes du Samusocial se préparent à partir en maraude jusqu’à 4h du matin.